‹ La Fille de l'officier de Marine [microforme]Chapitre 81 sur 84 · LXX]I · texte numérisé non relu

LXX]I

Amélie ajouta, en posant familière.

ment son bras sur celui de Daniel Sa.

vanne :

—Voules-vous que nous allions au ps Nous causerons en nous promenant

—Chère madame Vernière,..…... ré

pondit le magistrat... la chose dont J'ai à vous entretenir est très délicate et je craindrais que dans ces allées rem. pies de promeneurs quelques-unes de mes paroles ne s’égarassent en des oreilles indiscrètes,

La femme de Robert regarda M. Sa.

vanne avec inquiétude,

—C’est donc bien grave ! murmura.

t-elle, prise d'un petit tremblement.

—Je n’ai pas encore la certitude ab.

solue mais j'en ai grand peur,

L'accent de Daniel augmenta l’inquié.

tude d’Amelie,

—Vous m’épouvantes, dit-elle,

—Ne vous troubles pas et conduises.

moi queique part où nous soyons sûrs de ne puuvoir être entendus.

— Venez dans le cabinet de mon mari il offre, plus que toute autre pièce de la villa, iss conditions que vous réclames.

—Je vous suis,

Tous deux gravirent les marches du grand escalier et franchirent le seuil du cabinet qu'éclairait une lampe placée sur le bureau,

—Asseyez.vous, fit alors Mme Ver.

nière, et parlez. Qu'aves.vous à m'ADe prendre,

—J’ai, d'abord, à vous adresser quel.

ques questions,

—J'y répondrai de mon mieux,

—Votre premier mari s'appelait bien le ne Henriot de N ayle, n’est.ce pas

—Oui..... dit Amélie mordue au cœur par l'angoisse et que le pressenti.

ment d’un malheur envahit soudain.

Daniel poursuivit :

—Le cachet dont ilse servait habi.

tuellement pour cacheter sa correspondance portait deux initiales,

—1l me semb'e que oui,

— Vous n'en êtes pas sûre ?

—Non..ma mémoire veut être inf.

dèle,

—Rappelez vos souvenirs... M, de Nayle avait.il un cachet portant les ini.

vi de son nom et de son prénom : H,

ins de Mme Vernière augmen.

it,

—Je ne me souviens pas,

—M, Savanne, tirant de la poche d son gilet la copie de la breloque que nous connaissons, la plaça brasquement sous les yeux d'Amélie, et dit :

—Vous devez reconnaître ce bijou qui lui appartenait ?

En eftet, du premier regard, la mère de Philippe avait reconnu l’objet que le jage d'instruction lui présentait.

En même temps, et en un instan elle comprenait que le danger pressenti par elle un instant auparavant, grandis. sait.

Ne sachant que répondre, la sueur au front, le cœur serré, elle regarda Daniel avec eftarement,

ll reprit :

—Car ce bijou lui appartenait, Vous ne pouves l'avoir oubiié.

—Je ne sais, balbutia-t.elle, ‘

—Exramines-le de plus près...….(ot il le lai mettait dans les mains)... Voyez ces initiales... Cet objet d'art, très beau

d’un merveilleux travail, n’a pu passer Da soc + de vous,

Amélie tenait le joyau d’une main tremblante et le regardait avec des Yeux qui ne voyaient pas.

Evitant de répondre à la question du magistrat, elle dit :

—Les initiales gravées là commencent des milliers de noms...Qui vous

t supposer que ce joyau ait été la propriété de mon premier mari ?

—Ce n’est point une supposition, c’est une certitude,

—Une certitude !—répéta Mme Ver.

nière,

Oui.

—Sur quoi se base-t.elle ?

—Sur une note du régistre du mar.

chand qui l'a vendu.—Le 23 janvier

1849, ce joyau a été livré à M, le comte .

Henriot do Nayle à l'hôtel de France et d'Angleterre, rue de Richelieu à Pa.

ris

Amélie se sentait affolée par l’épouvante,

—Mais quelle raison avies-vous donc —balbutia-t-eile—pour vous inquiéter ainsi de l’origine de ce bijou ? pour cher.

cher avec tant de persévérance le nom de celui à qui il pouvait appartenir ?

—La raison, c'est qu'il m'a été remis par Véroniaue Sollier,...…..

—Par Véronique Sollier, ....….

—Qui, dans sa lutte avec l'assassin de Richard Vernière, le soir du ler janvier

dernier, l'avait arraché de ia chaine de

montre qu’il portait...

Amélie venait de comprendre,

La lumière effroyable, la lumière a.

veuglante, avait soudainement remplac6 les ténèbres,

Ce bijou, elle l’avait donné à Robert,

Ses premiers soupçons se trouvaient donc justifiés,

L'homme dont elle portait le noïn maintenant était l'assassin de son frère.

Allait-elle le perdre ?

Allait-elle essayer de le sauver ?

C'était le juge d'instruction qui l'in.

eait.

Si elle avouait connaître ce bijou, l’échafaud se dressait pour son mari, et la honte du crime monstrueux rejaillissait sur son fils et sur elle,

A tout prix il fallait éviter cela | tenue par l’amour waternel, Amé.

lie dompta sa terreur, — Elle se com.

manda d’être forte, Avec un calme reconquis sondain,

mariage, mais, ou bien il s’en est défait,

- ou bien on le lui a volé...—Je ne con.

nais point ce cachet, et, si je l'avais vu jadis je le reconnaîtrais certainement...

Et elle ajonta en rendant la breloque

—Donc, cher monsieur Savanne il vous faut chercher une autre Ïete..

—Je m'adresserai à celui qui me l'a

Amélie frissonns de nouveau,

—Volé ?—répéta.t.elle,

—Oui, volé l'original de ce bijou, car celui.ci n’est qu'une copie...—Elle m'é.

tait nécessaire..—J'avais placé l'origi.

nal dans un des tiroirs du bureau de mon cabinet, au Parc-Saint.Maur, On l'y a pris.

—Et vous soupçonnez quelqu’un de ce vol ?—Vous accusesz quelqu’un ?

—J'accuse celui que la logique accu.

s6.—répliqua Daniel en se levant. — Mais il me faut des À A bo et je les

Yous en prie chère madame d’avoir causé le trouble dans lequel je vous vois en ce moment...

, Amélie, elle aussi, avait quitté son siège,

.— Vous êtes tout pardonné,— dit elle en faisant un nouvel et héroïque effort Pour se dominer et pour se contraindre à sourire. - Quant à mon trouble, jt n'existe pas... Je suis étonné, c'est.

vrai, mais non troublée. . é.

—Me permettez.vous de vous rame.

ner au salon ?

—Non.— J'ai des ordres à donner...

—Je descendrai dans quelques instants

Daniel se retira en disant :

—ËÆlle a menti...

Restée seule Mme Vernière, n'ayant plus besoin de se contraindre, se laissa, retomber sur son sià » en proie à un désordre d'esprit gai, s’il s'était Proion

er cela | aterne]l, Amé.

ïlle se com.

uis rondain,

ce bijou au ecscsoses Sang avant notre on est défait, Je ne con.

je l'avais vu tainement..… ; la breloque

bijou, car —Ælle m'élacé l'origi.

bureau de Maur.On

elqu’un de qu’un ?

ique accu.

| levant, — et je les z-MOi, je e, d’avoir 6 vous vois

quitté son

— dit elle que effort ontraindre rouble, jf iné, c'est.

us rame.

Die à un.

t proion

RÉ nantes mm nt

g longtemps aurait pu la conduire à la lie.

Ce fut court.

Elle reprit son sabg-froid, se dressa « les yeux étincelants de colère, appuya sur le bouton d’une’sonnerie électrique,

Le valet de chambre de Robert. arri.

va presque aussitôt, ;

—M. Vernière est dans le jardin, sous la tente ou dans les salons lui dit-elle ; cherchez-le, trouves-le et di.

tes-lui que je le prie de venir me re.

joindre à l'instant dans son cabinet.— Ajoutez qu'il s’agit de: quelque chose

e très urgent et d’excessivement pres- BÉvovoo— Allez 1— Allez vite !

Le domestique sortit en toute hâte et se mit à la recherche de son maître,

Amélie, attendit debout, immobile blanche comme un marbre, pareille à une statue de la terreur,

Claude Grivot se promenait dans le jardin avec le vieux Simon. 5

Tous deux causaient des ateliers, des travaux en Cours, vantaient les mérites du patron et célébraient la

rospérité croissante de l'usine de LA 4,

En causant ils étaient arrivés près de la grille, en face du pavillon du jardinier concierge.

Claude leva les yeux d’une façon toute machinale sur la porte vitrée et éclai.

rée de ce pavillon et il s'arrêta brusque.

ment, comme sises pieds venaient de se river au 801 de l’allée,

À travers le vitrage, il venait d'apercevoir la figure de Berthaut, Pinspecteur de la sûreté. :

Il éprouve une impression de surprie se et EPA crainte tout à la fois,

& Que faisait là ce policier ? : ke Pourquoi se trouvait.il à cette heure à la villa de Neuilly ? oe Il se posa ces deux questions sans pouvoir y répondre, ?

—Je parie qu’il y a du danger ce soir ici...—murmura-t.il asgailli par un soupe on ou plutôt par un pressentiment, Rebroussant chemin, il quitta le vieux Simon et se dirigea vers le vestiaire pour y prendre s0n pardessus et s’éloi.

gner le plus vite possible,

” Robert, toujours entouré d’un groupe |

d'invités n’avait pas quitté la tente ou nous l'avons laissé pérorant.

Philippe et Henri conservaient leurs postes d'observation.

L'un ct l’autre attendaient que le moment fût arrivé d'arracher le masque du.

misérable qui s’endormait dans une jo.

Yeuse confiance.

Le valet de chambre envoyé à £a re.

cherche par Amélie apparut dans un entre-bâillement des rideaux.

Il vit son maître et fit quelques pas de son côté,

— Est-ce moi que vous cherchez 7—lui demanda Robert,

— Oui "monsieur,

— Que me voulez-vous ?

— Madame prie monsieur de vouloir bien aller la retrouver sans le moindre retard pour une affaire de la plus hau.

te importance.

—0ù madame m'attend.elle ?

—Dans le cabinet de monsieur,

—Cest bien. j'y vais...

Philippe et Henri avaient iressailli,

— Dans sou cabinet—sétait dit Phi.

lippe—voici le moment. . on

En même temps Henri pensait :

—Dans son cabinet. .— C'est là que l’épreuve décisive aura lieu,

obert se leva,

—Excusez-moi, messieurs—fit.il en s'adressant à ses auditeurs—je vais re- VeNiPessss

Et il sortit de la tente.

Philippe le suivit à distance,

Henri se dirigea vers cette partie sombre du jardin où se trouvait la por.

te bâtarde donnant sur le chemin de halage.

Le fils 4’Amélie, quine le perdait pas de vue tout en suivant son beau-frère, l’arrêta au passage,

—Mon cher Henri, — lui dit.il d’une voix fiévreuse nous marchons tous les deux ce soir vers le raême but.— J’ate tends, comme vous l’attendez vous, même, le moment où nous pourrons démasquer l'assassin de Richard Verniè.

1e...— Etes-vous prêt ?

En entendant les dernières paroles

de Philippe, le fils de Gabriel Savanne éprouva une véritable stupeur, mélée d'épouvante.

—Mais...—balbutia-t-il,

—Je sais tout | — reprit Philippe.— L'épreuve décisive, nous la ferons ensemble, dans le cabinet de mon beau.

père, et je vous apprendrai bien des Choses... —

Alles retrouver Aline et Mathilde et venes me rejoindre sans bruit dans la petite pièce communiquant avec le ca.

binet de M. Vernière,—Je vais, moi, à la recherche de M. Sayvanne. .... .

—Je vous dis que je sais tout |—r6pè.

ta Philippe.—J'en sais même plus que vous ! —Faites donc ce que Je vous dis de faire....—Préparez votre épreuve à

votre guise.........Je vais préparer la

mienne,

Et le jeune homme se dirigea rapide.

ment vers la ville!

Avant d'y arriver il rencontra le juge d'instruction, ,

—Je vous cherchais, cher monsieur Savanne, .fit.il en le prenant par le bras —Venes......Je vais vous donner la lettre que vous m'avez prié de déchif.

T'ocosoco

Et il l’entraîna,

Au bruit léger que produisit en s’oue vrant la porte du cabinet de son mari Amélie se leva du fauteuil sur lequel elle s’étai, écroulée, et avèc un calme de commande elle attendit l'entrée de Robert,

Celui-ci vint à elle, souriant.

—Vous m'avez fait appeler pour une Communication urgente, ma chère amie — dit-il du ton le plus dégagé — il faut que cela soit bien urgent, en eftet, pour m'obliger à quitter ainsi brusquement nos invités...

Amélie avait rassemblé tout ce qu'il y avait dans son âme de Courage et de sang-froid.

—Soyes tranquille, —répliqua.t-elle, je ne vous retiendrai pas Lg nt —Je n’ai q’une question à vous adresser : — Qu'est devenue la preloque for.

mant cachet, accompagnant la montre et la chaîne dont je vous ai fait cadeau un peu après notre mariage ?

aigré son prodigieux apiomb, Ko-

bert plia sous ce choc auquel il était si loin de s'attendre.

Il se sentit glacé jusqu'aux moëlles,

Que signiliait cela ?

À quel propos cette épée de Damoclès apparaissant soudain sur sa tête jaste à l'heure où il se croyait libéré d vement de toute crainte ?

D'où partait ce dernier coup |

Mais son effroi, si profond qu'il fat, ne l’empêcha pas de payer d’audace,

—Pourquoi me: 4emandez.vous cela, chère amie ?fitil d’une voix qui ne tremblait point.

Mr vous le demande dans ÿotre in.

—Je ne comprends pas,

—Vous ne la portes plus, cette bre.

logque.

—Non, ..., L’anneau qui la retenait à la chaîne étant complètement usé, j'ai dû la mettre de côté Pour ne pas risquer de la perdre, ce qui m'aurait peiné vive.

ment, parce qu’elle venait de vous . Il me semble que c’est la chose du monde la plus naturelle... Mais encore une fois, pourquoi m'adresser cette question en un moment si opportun ?

—Je vous répète qne c’est dans votre intérêt.

—Et je vous répète, moi, que je ne comprends pas ! Cette breloque ne peut 7 en quoi que ce soit à mes inté-

ts,

—En êtes-vous sûr ?

—Pardieu !

—Pas même si elle a 6t4 trouvée, le soir du ler janvier, dans les mains de Véronique Sollier ?

Robert devint livide,}

—Dans lés mains de Paveugle, mor.

te aujourd’hui ! s’écria.t.il en haussant ” épaules: Quel est ce conte à dormir

evout.

—Malheureusement ce n’est pas un conte, Il eët trop vrai que Véronique, en luttant contre l’assassin de votre frère, lui à arraché ce bijou. Et SAVes.vous ce qu’on pourrait conclure ?

—Non,

—Que vous êtes l’assassin qu'on cher.

che depuis six mois 1... Comprenes.vous enfin? .

—Je comprends que c'est de la folie

éfiniti. -

l'était ai

moëlles,

Jamoclès e, juste

définiti. -

d'il fut, idace.

us cela, qui ne

tre in-

te bre.

‘etenait 86, j'ai risquer 16 vive.

Page 1