‹ La fille de SionChapitre 3 sur 43 · VUL · texte numérisé non relu

VUL

La sentence de mort ayant été prononcée dans le Conseil des Juifs , une délégation nombreuse se rendit auprès du Gouverneur romain pour en demander l'exécution. Présentant le condamné, la délégation motiva ainsi sa démarche :

1 "1133 btf, IX, S. Môme désignation qu'au chapitre X, 21, où il est dit: « Le reste se convertira, le reste de Jacob, au Dieu fort et puissant. »

2 Matth., XXIII, 37. Luc, XIII, 34; XIX, 41-45.

« Nous avons trouvé cet homme qui démoralisait la nation et s'opposait à ce qu'elle payât le tribut à César, se disant être Roi-Messie. » Luc, XXIII, i-3.

C'était un mensonge insigne. Jésus s'était soustrait à l'empressement de ceux qui, en Galilée, avaient voulu le proclamer roi l, et, loin de pousser le peuple à la révolte et de l'inciter à refuser le tribut à l'empereur, invité à s'expliquer à cet égard, il avait très-positivement recommandé de s'acquitter de ce qu'on devait à César, tout en accomplissant ses devoirs envers Dieu 2.

Il parait que Pilate n'avait reçu jusqu'alors aucune information fâcheuse concernant Jésus. Ce grand zèle des principaux pour les intérêts de Rome lui parut suspect, et il eut bientôt démêlé le motif qui les faisait agir3. Ayant interrogé Jésus pour la forme, il s'y prit de toutes les manières pour le tirer de leurs mains. Rien ne réussit. La populace , ameutée par les prêtres et les chefs de la nation, redoubla ses cris de mort. On alla jusqu'à faire entendre que le gouverneur trahissait les intérêts de César. Pilate céda ; mais non sans avoir hautement protesté qu'il était innocent du sang de ce juste, et s'en être à la lettre lavé les mains 4.

Peut-on croire que les ennemis de Jésus aient été aveuglés par la passion au point de se figurer qu'ils frappaient un coup d'Etat et coupaient court à un dangereux soulèvement?

1 Jean, VI, 15. — 2 Matth., XXII, 15-23. Luc, XX, 49-27, 3 Matth., XXVII, 18. Marc, XV, 10. — 4 Matth., XXVII, 24,

Jésus ayant rappelé à la vie Lazare couché déjà depuis quatre jours dans le tombeau, il n'était bruit à Jérusalem que de ce miracle, et ses habitants se portaient en foule à Béthanie pour y voir Jésus et Lazare qu'il avait ressuscité '. L'éclat fut tel que les chefs des prêtres et les pharisiens prirent l'alarme, et ayant assemblé le Sanhédrin :

a Avisons, qu'attendons-nous ? Des miracles et encore des miracles. Vous verrez que si nous laissons faire cet homme, tout le monde croira en lui, un mouvement populaire aura lieu ; la conséquence en sera que les Romains arriveront avec leurs armées, et, non contents de nous enlever l'ombre de liberté qui nous reste, ils détruiront Jérusalem et son temple, et nous rayeront du nombre des nations". »

Cependant il y avait à examiner la question de savoir si l'accusé était coupable ou non aux termes de la loi. Le débat s'engageait, quand tout-à-coup Caïphe, à la tête du sacerdoce cette année-là, interrompant :

«Vous n'y entendez rien, s'écria-t-il , et vous ne considérez pas qu'il nous convient qu'un seul homme périsse, plutôt que de compromettre l'existence de toute une nation. » Jean, XI, 49, s.

Souverain pontife, vous jugez convenable que cet homme périsse ; le salut de la nation tout entière , dites-vous, y est intéresssé. Gela peut être, mais la

1 Jean, XII, 9. — 5 M., XI, 45, s.

question n'est pas de savoir ce qui peut vous convenir à vous et aux vôtres, ni même à la nation tout entière : il s'agit de constater si les griefs à la charge de Jésus sont fondés ou non. Il vous plait de trancher la question et de passer par-dessus toutes les formes, mais Rome dont vous faites un épouvantait ne vous saura aucun gré de ce grand empressement. Rome, dans le cas particulier, ne réclame rien de vous.

Examinez toutes choses à tête reposée, il en vaut la peine. Vous êtes sacrificateur en Israël : le vrai sacrificateur n'est pas celui qui abandonne le misérable aux mains de ceux qui l'oppriment, mais celui qui sacrifie honneurs, biens et vie, s'il est nécessaire, pour le tirer de leurs mains. Le bon berger n'est pas celui qui jette sa brebis au loup, afin de se soustraire lui-même au danger, mais plutôt celui qui expose sa vie pour l'arracher à la gueule du ravisseur.

Heureux le gouvernement qui a assez de confiance en Dieu et dans le courage de ses citoyens, pour suivre toujours la voie droite et ne jamais faire de concessions indignes de lui !

Dans quelle perplexité le gouvernement de Louis- Philippe n'a-t-il pas jeté la Suisse en i838, lorsqu'il exigea des autorités fédérales l'éloignement du prince Louis-ISapoléon, aujourd'hui empereur des Français ! Déjà une armée se formait dans le Jura pour appuyer cette demande. La Suisse refusa de renvoyer de son territoire celui qu'elle avait admis au nombre de ses citoyens,

et le pays se levait en armes pour repousser l'agression, lorsque le prince, ne voulant pas être une cause de rupture entre deux nations jusque-là amies, quitta la Suisse pour se retirer en Angleterre.

Louis-Napoléon, pendant son séjour sur le territoire helvétique, avait publié divers ouvrages relatifs à l'art de la guerre : des Considérations politiques et militaires sur la Suisse et un Manuel d artillerie estimé.

Les Suisses n'ont pas eu lieu de regretter la courageuse attitude qu'ils ont gardée en i838 ; mais si jamais il leur prenait fantaisie d'établir, entre la conduite du Sanhédrin livrant un citoyen inoffensif aux Romains qui ne demandaient rien et celle des autorités fédérales refusant d'obtempérer à ce qu'exigeait d'elles un puissant État voisin , un parallèle peu favorable à leurs frères de la maison d'Israël, nous les inviterions à se placer par la pensée dans des circonstances analogues à celles où se rencontraient les Juifs, l'an 34 de notre ère. Puis nous leur dirions :

« La Suisse, repoussant la demande que lui faisait la France d'éloigner le prince Louis-Napoléon de son territoire, a considéré ce qu'exigeaient l'indépendance et la dignité de la Confédération, elle était en position de se prononcer ainsi; mais lorsque les principaux d'entre les Juifs sacrifièrent le Christ à ce qu'ils croyaient nécessaire à leur conservation, la Judée avait perdu son indépendance. Quoi qu'il en soit, supposez qu'au lieu de se livrer chez vous à une étude et à des exercices

militaires, le prince eût publié des considérations sur l'état religieux de la Suisse, ou encore un manuel sur les exercices de la vie spirituelle ; qu'au lieu d'une tentative qui a failli attirer chez nous les horreurs de la guerre, il eût fait une sortie vigoureuse contre les vices et l'incrédulité levant de plus en plus la tête dans vos cantons ; qu'il eût tonné contre l'avarice et la cupidité des uns, l'ambition ouverte ou déguisée des autres; qu'il eût lancé des anathèmes contre toute une classe de gens en crédit, contre les maximes outrées ou relâchées de certains personnages haut placés ; qu'il eût reproché aux autorités civiles et ecclésiastiques de tel canton directeur d'avoir renié la foi des pères, préféré aux enseignements les plus clairs et les pins positifs de la sainte Écriture les hypothèses hasardées, les négations audacieuses d'une critique incrédule. Figurons-nous, enfin, qu'au lieu de protester contre les actes d'un congrès qui imposait à la France une forme de gouvernement inférieure à la majesté impériale, l'auguste personnage dont nous parlons se fût prononcé avec la même vigueur contre l'atteinte portée à la saine doctrine dans une autre métropole de la Réforme du 'seizième siècle, par une théologie qui fait du Fils adoré avec le Père dans une même unité divine une créature, la plus excellente de toutes , mais pourtant créature ; penset-on que cette Suisse, si jalouse de son honneur national à l'endroit du citoyen thurgovien et de l'officier fédéral , se fût levée comme un seul homme, pour

protéger le théologien et l'homme de Dieu contre les adversaires qu'un zèle dévorant pour son Sauveur n'eût pas manqué de lui attirer? Est-il certain qu'insistant sur un complet renouvellement de la doctrine et des mœurs, le prince, oublieux des gloires et des grandeurs de ce monde, n'eût point été assailli de pierres et d'autres projectiles, dans son château d'Arenenberg, et qu'au lieu des enquêtes à dresser contre les vrais coupables et les vrais perturbateurs de l'ordre public, les autorités civiles et ecclésiastiques ne se fussent pas entendues pour prier le bouillant et incorruptible prédicateur de la justice de modérer son zèle, ou d'aller porter ailleurs ses plans de réforme et ses remontrances apostoliques? On sait ce qui est arrivé à Calvin lui-même à Genève, et à d'autres hommes de Dieu de tous les temps et de tous les pays. Non, pas plus que le peuple d'Israël, le peuple suisse ne saurait se glorifier d'avoir toujours et en toute circonstance, « rendant à César ce qui était à César, rendu à Dieu ce qui est à Dieu. »

La vraie destination de l'homme est d'être ce qu'a été le Messie, le temple du Saint des saints1. La loi divine commande à l'homme « d'aimer son semblable comme lui-même. » Une autre voix mieux écoutée lui

Jean, II, 19-22. I Cor., III, 16-18; VI, 19.

crie : « N'en crois rien, il est tout naturel au contraire que tu t'aimes, toi, autrement et mieux que tu n'aimes les autres hommes et que tu mettes ton intérêt au-dessus du leur. » Mais ce naturel de l'égoïsme et de l'orgueil ne saurait se soutenir devant la justice divine, il doit faire place au surnaturel d'un parfait désintéressement et d'une sincère humilité. Hors de là, point de paix de l'âme solide et durable, point de félicité réelle.

Mais le moyen? Le More changera sa peau, le léopard ses taches, avant qu'une nature foncièrement égoïste et orgueilleuse se change en une nature humble et désintéressée. Toutefois « ce qui est impossible à l'homme est possible à Dieu. » Ceux qui rejettent tout ce qui est miracle et surnaturel ne savent pas à quel glorieux avenir ils renoncent.

Pour que les hommes soient saints, comme Dieu luimême est saint, il faut nécessairement que le principe d'absolue et parfaite sainteté qui est en Dieu, s'implante et vive en eux. Jésus a été homme semblable à nous en toutes choses excepté en cela précisément qu'il n'a jamais failli1. Nier ou amoindrir la divinité du Messie, c'est repousser le seul et unique principe de la sainteté ; c'est nier pour soi-même la possibilité du salut.

Est-il possible qu'Israël monte au rang qui lui est assigné à la tète des nations, et qu'il s'attire leur respect et leur admiration au point de les forcer de s'écrier :

1 Hébr., IV, 15.

« Il n'y a de peuple sage et intelligent que cette grande nation-là1 ! »

Impossible, aussi longtemps qu'il désavouera ce qui fait la gloire et la force des nations converties à l'Évangile, savoir, la foi au sacrifice de l'amour et de la sainteté infinie pour le salut d'un monde impie et rebelle. Car, de même qu'entre tous les hommes, celui qui s'est livré lui-même comme victime volontaire pour le péché de tous a été reconnu par toute la gentil ité évangélisée comme son roi, celui à l'exemple et à la volonté duquel tous doivent se conformer; de même, celui-là sera le premier entre tous les peuples qui, à l'exemple et dans l'esprit du Rédempteur du genre humain, s'offrira volontairement pour le salut et la paix de tous les autres peuples.

« Hé quoi! s'écrieront ici les Israélites, n'est-ce pas là ce que nous avons fait? Ne sommes-nous pas, nous, cette victime propitiatoire décrite par le prophète Ésaïe 2 ? N'avons-nous pas assez été les souffre-douleur de toutes les nations barbares et civilisées, constamment victimes de leurs préjugés et de leurs injustices ? Nos pères se sont fait égorger pendant des siècles, et, encore aujourd'hui, nous ne reculerions pas devant les mêmes sacrifices pour maintenir qu'il n'y a qu'un Dieu, qu'un seul Seigneur 3, celui-là seul qui a créé l'univers et qui nous a donné sa loi. »

1 Deut., IV, 6. — 2 LUI. — 8 Deut., VI, 4. Eph., IV, 5, 6.

Il vous a donné sa loi ! C'est-à-dire qu'il a promulgué, au milieu des foudres de Sinaï, ce que vous devez faire et ce dont vous devez vous abstenir. Mais ce n'est pas la loi promulguée qui justifie , c'est la loi accomplie. L'est-elle pour vous ?

Non certes, aussi longtemps que vous rejetez celui qui, seul entre les enfants des hommes, a satisfait à toutes les exigences de la loi par le sacrifice complet de soi-même au principe éternel de l'ordre moral, qui est le souverain bien de tous. Pourquoi donc Israël rejettet-il le Messie? Est-ce dans la. crainte de lui trop ressembler, de se dévouer d'une manière trop généreuse et trop désintéressée au salut des autres peuples? Mais qui ressemble au Messie ressemble à Dieu lui-même, qui n'a point épargné son propre Fils 4, mais qui l'a abandonné à la mort sur la croix, afin de briser le cœur des plus rebelles et de les amener à la sagesse des justes 2.

A la base de l'ancienne comme à celle de la nouvelle Alliance, nous trouvons un sacrifice 3. Même principe et même caractère dans tous les deux : renoncement à tout ce qui est le plus cher, acquiescement à tout ce qu'il y a de plus pénible et de plus douloureux, en perspective du triomphe définitif de l'ordre moral et divin.

Dieu était à Morija comme il était en Golgotha, et en Golgotha comme à Morija. Mais, à Morija, c'était l'homme

Rom., VIII, 34. Jean, III, 16.— 2 Luc, 1, 17. Gen., XXII. Jean, III, 16. Rom., III, 2o.

qui, obéissant à la voix divine, se disposait à sacrifier ce qu'il avait de plus cher. En Golgotha, c'est Dieu luimême qui, pour faire éclater sa miséricorde en même temps que sa justice, livre à toute la fureur des méchants le saint et le juste, celui qui n'a jamais fait que la volonté de son Père céleste, son unique. Dieu veut le salut des pécheurs. Plutôt qu'ils ne périssent, son Fils, venu en son nom pour les sauver, pâtira de la façon la plus douloureuse de l'iniquité qui règne dans le monde.

« Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait une vie éternelle. » Jean, III, 16".

« Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, ayant été fait malédiction pour nous. » Gai., III, i3.

Dieu s'est contenté d'éprouver la foi d'Abraham, il a retenu la main de son serviteur prêt à frapper, le sacrifice n'a p asété consommé. Mais au Dieu de sainteté lui seul, au Père des esprits, il appartenait d'accomplir ce qu'il y a de plus grand et de plus élevé dans l'ordre moral. Celui de qui procède toute sagesse et toute vertu serait-il inférieur à l'homme mortel en puissance de sacrifice et en magnanimité ?

« Celui qui a planté l'oreille n'entendrait-il pas? Celui qui a formé l'œil ne verrait-il pas ' ? »

Dans le double sacrifice de Morija et de Golgotha,

1 Ps.,XCIV, 9.

l'on peut dire que la divinité et l'humanité se sont rencontrées, qu'elles se sont embrassées dans un même esprit de sainteté et d'amour1.

Voilà ce qu'Israël aurait dû comprendre et proclamer à tout l'univers, mais le coup de force de la sagesse et de la bonté divine est en scandale à Israël2. La doctrine de la rémission des péchés au prix de la mort volontaire du seul Juste est encore aujourd'hui cette pierre dédaignée des architectes, mais placée à l'angle de l'édifice par l'Éternel lui-même, à sa louange et à sa gloire 3.

Qu'Israël revienne au principe de sa création , au sacrifice volontaire, joyeux, É de tout son être à ce que Dieu veut, alors ses yeux s'ouvriront; il reconnaîtra dans ce Fils de Dieu, ce roi des Juifs rejeté de sa nation, mais inébranlable au poste de l'honneur et de la vertu, l'Israélite véritable et par excellence, l'homme tel qu'il doit être, dont tout homme, et spécialement tout ce qui se dit israélite, est tenu de reproduire en soi l'image tout à la fois humaine et divine, s'il veut être reconnu citoyen de la nouvelle Jérusalem, membre du royaume des cieux.

Ps., LXXXV, H. — a Es., VIII, 14. I Cor., II, 23. Ps., CXVIII, 22-24.

Quand une fois les Juifs seront convaincus que leur vocation, comme peuple de Dieu, était bien celle du Juste martyr1, ils seront admis à contempler leur Messie tel qu'il est maintenant dans sa gloire, assis sur le trône de la toute-puissance, et, ravis d'une dispensation aussi merveilleuse, ils s'écrieront avec le saint homme Job, en présence de tout l'univers :

« Je sais que tu peux tout, et que rien ne peut s'op- « poser à l'accomplissement de tes desseins. Qui suis-je « pour obscurcir ton conseil où je n'entends rien, pour « vouloir expliquer des merveilles bien au-delà de ma « portée? .... Ce que je savais de toi n'était que par «ouï-dire, mais maintenant mon œil t'a vu, je me « rétracte et me reperis sur la poudre et sur la cendre 2. »

Quel ébranlement des nations à ces paroles ! quelles confessions réciproques! quelle manifestation des pensées cachées au fond des cœurs ! quel retour au vrai Dieu ! quels regrets du passé ! que de saintes résolutions pour l'avenir ! quelle résurrection 3 !

L'Éternel rendra toute sa faveur à son ancien peuple et bénira son dernier état plus que le premier 4. Il le rétablira dans le pays de ses pères pour y être en exemple à tout l'univers par sa piété , par sa charité , par sa sainteté. C'est alors que :

« La montagne de la Maison de l'Éternel sera affermie

Jésus-Christ, le fidèle martyr. Apoc, I, 5.

Job, XLII, 2-7. — 3 Rom., XI, 15. — * Job, XLII, 12.

au sommet des montagnes et qu'elle sera élevée pardessus les coteaux. Alors toutes les nations afflueront, et des peuples nombreux s'achemineront et diront : Venez et montons à la montagne de l'Éternel , à la Maison du Dieu de Jacob ; il nous. instruira de ses voies et nous marcherons dans ses sentiers. Car la loi sortira de Sion , et la parole de l'Éternel de Jérusalem. Il sera juge entre les nations, arbitre entre les peuples nombreux, et de leurs épées ils forgeront des hoyaux et de leurs hallebardes des serpes. Une nation ne lèvera plus l'épée contre l'autre et l'on n'apprendra plus la guerre. Venez, o maison de Jacob! et marchons à la lumière de l'Éternel 4. »

Qui n'a pas saisi le caractère distinctif du Dieu d'Israël ' ne saurait comprendre les destinées d'Israël. L'Éternel est saint , séparé de tout ce qui est mal , de tout péché, de toute injustice; aussi veut-il que son peuple soit saint, se sépare de tout ce qui est mal et a quelque apparence de mal 2, de tout péché, de toute injustice. Dans la sainteté est une force irrésistible, maîtresse de toutes les autres forces. Sa fin ne peut être que l'accomplissement et la glorification du souverain bien.

Il y a pour- Israël une vocation autre que celle de présider à nos finances, des croix et des étoiles d'honneur autres que celles qu'on remporte sur des champs

1 Es., II, 2-6. — 2 1 Thess., V, 22,

de bataille, des harmonies autres que celles de nos bals et de nos concerts d'opéra.

« Sourds , entendez ! et vous , aveugles , regardez et voyez. Qui est aveugle plus que mon serviteur, sourd plus que mon messager que j'ai envoyé; plus aveugle que l'ami, plus sourd que le serviteur de l'Éternel? » Es., XLII, 19, s.

Ce qui confondra l'Israël des derniers jours et le guérira pour jamais de son incrédulité , sera de voir comment le Tout-Puissant a tiré le salut de son ancien peuple et celui de la famille humaine tout entière de ce qui semblait être le triomphe de la folie et de la malice humaines; comment le meurtre du Messie, commentée qui mettait le comble à toutes les désobéissances, à toutes les révoltes du cœur humain, consommait cette obéissance parfaite et sans tache sur laquelle, comme sur un roc inébranlable, Dieu a fondé l'édifice de notre salut.

HYMNE AU PEUPLE D'ISRAËL

Israélites !

Au moment où je viens à votre rencontre avec mon offrande , sur laquelle j'implore la clémence du Dieu d'Israël, je sens le besoin de trouver grâce devant vous , car « votre face a été pour moi comme la face de Dieu, » Gen. xxxn, 10. Un jour viendra où vous glorifierez à un haut degré la sainteté, du Père. ... — Un abîme semble nous séparer dans notre foi respective; mais croyons à cette parole du prophète : « Il réconciliera les pères avec leurs enfants et les enfants avec leurs pères. . . . avant que la journée de l'Eternel arrive, grande et terrible. . .» Malach. ni, i[\.

Israélites! vous êtes nos pères et nous sommes vos enfants.

Neuchâtel en Suisse, 22 juin 1840.

Abram-François Petavel,

Docteur en philosophie et professeur de belles-lettres.

a Je me souviendrai en leur faveur de la première alliance par laquelle je les ai fait sortir du pays d'Egypte, aux yeux des nations, pour être leur Dieu. Je suis l'Éternel. » Lévit., XXVI, 45.

«c J'attendrai l'Éternel qui cache sa face de la maison de Jacob, et j'espérerai en lui. » Es., VIII, 17.

«Pour l'amour de Sionje ne me tairai point, et pour l'amour de Jérusalem je n'aurai point de repos, jusqu'à ce que sa justice sorte comme une splendeur et que sa délivrance soit allumée comme une lampe. Jérusalem, j'ai posé des gardes sur tes murailles ; ils ne se tairont ni le jour, ni la nuit. Vous qui faites mention de l'Éternel, ne vous donnez point de repos et ne lui donnez point de repos, jusqu'à ce qu'il ait relevé Jérusalem et rétabli sa louange sur la terre. » Es., LXII, 1, 6, s.

« Combien sont beaux, sur les montagnes, les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles, qui publie la paix, qui annonce le bonheur, qui prêche le salut, qui dit à Sion : Ton Dieu règne ! Cri de tes sentinelles ! Elles ont élevé leur voix toutes ensemble, elles ont poussé des cris de joie ; car elles verront de leurs yeux, et de l'une à l'autre, comment l'Éternel ramènera Sion. » Es., LU, 7, s.

« Voici, les jours viennent, dit l'Éternel, où je susciterai à David un rejeton plein de justice ; roi, il régnera avec sagesse, il exercera la justice et l'équité sur la terre. En ces jours, Juda sera délivré et Israël habitera en assurance, et c'est ici le nom dont on l'appellera : L'ÉTERNEL NOTRE JUSTICE. C'est pourquoi les jours viennent, dit l'Éternel, qu'on ne dira plus l'Éternel : est vivant qui a tiré les enfants d'Israël du pays, d'Egypte mais l'Éternel est vivant qui a tiré et amené la postérité de la maison d'Israël du pays du septentrion et de tous les pays où je les avais chassés, et ils habiteront leur propre pays. >- Jér., XXIII, 5-9.

« Je vous déclare que veus ne me verrez plus désormais, jusqu'à ce que vous disiez : Déni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » Matth., XXI11, 39 ; Psaume CXVIII, 26.

L'Église chrétienne redevable de son salut au peuple d'Israël, victime lui-même de son opiniâtre attachement aux traditions de ses pères. — Cruautés exercées contre les Juifs par les nations chrétiennes , châtiment réservé à celles-ci. — Peu de zèle de la part des chrétiens pour le salut d'Israël. — Les chrétiens ont mal répondu à leur céleste vocation ; ils n'ont pas glorifié, comme ils auraient dû, le Dieu des miséricordes manifesté dans la nature humaine. — Preuves de la divinité du christianisme : son universalité et sa propagation toujours croissante dans toutes les contrées de la terre, l'accomplissement des prophéties, la dispersion des Juifs. — Les Juifs, peuple indocile et récalcitrant à l'égard de la vérité divine, se sont fermé par deux fois cà eux-mêmes la porte du salut : 1° dans le temps où l'Éternel voulait être reconnu par eux comme le seul vrai Dieu, TriN mn'j ils s'obstinèrent à servir plusieurs dieux ; 2° quand le vrai Dieu, dans l'ordre des révélations , se faisait connaître à eux comme PÈRE , FILS et SAINT- ESPRIT, ils refusèrent de se soumettre à sa parole sous prétexte qu'ils seraient en contradiction avec le dogme de l'unité de Dieu. — Mystère du nom de JÉHOVAH, m."1'; sa triple acception mise en pleine évidence cà la venue du Fils de Dieu. — Trinité dans la nature humaine. — Trinité dans la nature des esprits" eux-mêmes. — Notion du temps, notion triple, comme celle de l'espace. — Caractères spéciaux du Père , du Fils et du Saint-Esprit dans l'unité de Dieu. — L'univers miroir et symbole des attributs divins. — L'existence de Dieu connue par ses effets, comme celle du soleil de la nature, dont nous voyons la lumière et sentons la chaleur, sans pénétrer le fond de sa substance. — Trois choses à considérer dans l'existence des êtres : 1° le fond de l'être, inaccessible aux sens ; 2° sa forme, ses caractères apparents, sa modalité, qui le rendent perceptible à des natures telles que la nôtre ; 3° la liaison essentielle qui existe entre le fond et la forme et qui complète l'unité de l'être. — Le FILS, dans sa #iture éternelle et divine, est l'expression de Dieu complète et adéquate, sa parole, son Verbe. — Le Fils, qui est venu rétablir dans l'homme l'image de Dieu, a commandé que ceux qui croiraient fussent baptisés au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ; c'était en quelque sorte caractériser l'essence de cette image émanée de Dieu. — mn' personnellement manifesté à Abraham dans trois hommes qui viennent annoncer à ce patriarche la naissance d'Isaac, fils de la promesse. Voir le texte sacré. — Triple invocation du nom de Dieu sur l'assemblée des enfants d'Israël, chacune de ces trois invocations renfermant un sens spécial

et distinct, qui répond aux trois personnes de la très-sainte Trinité. — Trois sortes de sacrifices exigés du Nazaréen sous l'ancienne loi, et qui répondent également aux opérations spéciales des trois personnes de la très-sainte Trinité. — Les cendres de la vache rousse mêlées à l'eau d'aspersion nécessaire pour effacer la souillure des morts, symbole des effets de la mort expiatoire du Christ, appliqués à l'âme et à l'homme tout entier par la vertu de l'Esprit de Dieu. — Trois tribus rangées parallèlement à chacun des côtés du tabernacle quadrilatère. La treizième tribu, celle de Lévi, divisée en quatre corps et gardant les quatre côtés du tabernacle central. L'enceinte sacrée formant un tout composé de trois corps distincts, dont le premier était renfermé dans le second et le second dans le troisième. — Dieu, les Lévites, le peuple. Les Lévites, intermédiaires entre Dieu et le peuple, transmettent cà ce dernier les oracles émanés du premier. — Culte typique de l'ancienne loi. — Les trois offices du Messie : il est à la fois roi, sacrificateur et prophète. — La tribu de Juda fournissait les rois, celle de Lévi les prêtres. Les prophètes, plus spécialement les hommes du Saint-Esprit, tirés indistinctement de toutes les tribus. — Mystère des œuvres de Dieu , leur développement successif. Les six jours de la création. Mille ans pour Dieu ne sont qu'un jour. L'œuvre de la rédemption ayant commencé dès l'instant de la chute, la conversion des Juifs qui doit clore cette grande période n'aura-t-elle lieu, comme la création de l'homme, que vers la fin d'un sixième millénaire? — L'arche sainte fait sept fois le tour des murailles de Jéricho avant qu'elles s'écroulent. — Aaron et ses fils consacrés pendant sept jours à l'entrée du tabernacle. — Sept aspersions du sang de la victime devant l'arche, au grand jour des expiations. Le sanctuaire ouvert ce jour-là seulement au souverain sacrificateur, — Les Israélites, effrayés de la majesté divine lors de la publication de la loi sur le mont Sinaï, demandent que Dieu leur parle par un intermédiaire humain. Promesse d'un prophète Israélite pareil à Moïse et organe tout particulier des volontés de Dieu à l'égard de son peuple. — Parole faite chair. Douceur divine de l'enseignement de Jésus-Christ. L'humanité du Fils de Dieu, loin de gagner les cœurs des Juifs et de les soumettre entièrement aux enseignements de cette parole à laquelle ils se sont de tout temps montrés rebelles, ne fait qu'irriter l'orgueil des principaux et manifester, de la façon la plus formelle et la plus atroce, leur manque d'amour pour Dieu et l'esprit de révolte qui est dans leur cœur. — Vision d'Ézéchiel, prophétie de la restauration d'Israël. — L'esprit de Dieu commence à souffler sur les ossements desséchés de ce peuple.

LA

AU PEUPLE D'ISRAËL

O Toi qui nous rendis la vie et l'espérance , Quand un voile de mort enveloppait nos yeux ' . Et qui, revendiquant la loi de tes aïeux2, Des peuples et des rois lassas l'intolérance, Israël, c'est assez! ... le cri de ta souffrance Est monté jusqu'aux cieux.

Grand Dieu ! nous avons pu , maudissant notre frère Contre lui, sans frémir, aiguiser nos poignards, De ses persécuteurs suivre les étendards Et , frappant d'interdit son existence entière , De pays en pays outrager la misère De ses membres épars 3 !

Les chrétiens répondront des peines si cruelles Qu'ils t'ont fait essuyer, ô peuple du Dieu fort4! Et quand Dieu les invite à réparer leur tort, A te prêter l'appui de leurs mains fraternelles, Ils aiment mieux entre eux fomenter des querelles Que d'adoucir ton sort 5.

Ingrats! ignorent-ils la vengeance terrible Que Dieu dans tous les temps tira des oppresseurs, Odieux instruments de ses justes fureurs ; Qui, pouvant faire grâce au peuple de la Bible, Par l'animosité d'une haine inflexible, Ont doublé ses douleurs6?

Oui, nous avons péché, Frères israélites ; Comme vos ennemis, vous devez les haïr Ces chrétiens que l'on voit ardents à convertir, De la terre et des mers franchissant les limites , Chez le Cafre et l'Indou chercher des prosélytes

Et vous laisser

pern

De quel front viendrons-nous vous prêcher l'Évangile, Vous vanter ses bienfaits, vous parler sans détour Du Dieu qui parmi nous vint fixer son séjour Et rendit par sa mort la vertu plus facile, Si, par tant de rigueurs, nous rendons inutile Ce miracle d'amour 8 ?

AU PEUPLE D'ISRAËL. 40

Si Dieu prit notre chair, c'était à nous de prendre Sa bonté, sa douceur et son humilité, Sa clémence surtout, avec sa sainteté.

A la vertu divine il eût fallu prétendre , Et montrer, par nos mœurs, qu'un Dieu daigna descendre Dans notre humanité 9.

Ecoutez cependant et recevez pour signe Sa parole en tous lieux prèchée aux nations 10, Et l'accomplissement de ses prédictions H , Le courroux prolongé du Maître de la vigne Qui de son bon terrain l'avait jugée indigne ,2 , Vos deux dispersions 13.

Toujours contredisant la Majesté suprême, Deux fois à son salut vous fermâtes vos cœurs : Il était un seul Dieu, vous en serviez plusieurs; Une seconde fois, quand son Esprit lui-même Vous montre au sein de Dieu le Fils que le Père aime, Tous les trois sont menteurs l4.

Hébreux! nous confessons l'insondable mystère Du Nom que vous n'osez encore articuler '\ Mais si Dieu, par son Fils, a daigné révéler De son nom trois fois saint le triple caractère , C'est à vous de savoir vous soumettre et vous taire. Adorer et trembler.

De l'homme, dieu mortel, interrogez l'essence : En ses trois éléments vous la décomposez ; Pour vous, à concevoir sont-ils bien plus aisés? Je vois, d'un être unique ayant la conscience16, Le corps , l'âme , l'esprit, dans leur triple puissance , Unis et divisés.

Il pense, veut, agit, cet esprit raisonnable Qui, par l'âme écouté, la range sous sa loi : Un reflet du Très-Haut est au-dedans de moi ; J'aperçois des esprits la règle invariable 17. Ma raison niera-t-elle en l:Etre véritable 18 Ce qu'elle trouve en soi ?

11 est, il fut, sera : dans ce chiffre suprême, S'enlacent les trois noms de la Divinité ; C'est la somme du temps et de l'éternité, Trinôme du possible, énonçant Dieu lui-même 19. Qu'est-ce donc qui t'offense, ô Juif ! dans le système De notre Trinité?

Du Temps au triple front la fuite continue Imprime en nos destins ses trois signes constants -°. Telle, dans l'unité cachant ses bras puissants , Sur trois dimensions règne au loin l'Etendue : Longue, large, profonde21, elle échappe à la vue, Infinie en tous sens.

AU PEUPLE D'ISRAËL

Tout procède du Père , au Fils est la parole , À l'Esprit l'action dans le sens absolu 22; Ce que l'un commanda, tous les trois l'ont voulu, Des attributs divins ce monde est un symbole , Sa forme passera , mais Dieu , dans cette école , Instruit son peuple élu.

De l'astre éblouissant qui roule dans l'espace, Je contemple la gloire et je sens la chaleur , La loi de la distance atteste sa grandeur, Et j'admets l'inconnu caché sous la surface 23. Puis-je mieux définir le soleil de la grâce Qui reluit dans mon cœur?

Sous la forme toujours apparaît la matière 24, Et l'essence est liée à son expression 25; Une force inconnue est dans leur union 26. Sous l'infini du mode est la substance entière 2: : C'est ainsi qu'en son Verbe est tout entier le Père 28 Ignoré dans Sion 29.

Le Fils, qui du péché vint effacer l'outrage 30 Et d'un nouvel éclat, par sa grâce, embellir Cette œuvre que Satan s'efforça d'avilir, Du Nom triple, au baptême, a consacré l'usage, Comme pour définir la glorieuse image Qu'il venait rétablir.

Trois hommes ont d'Isaac annoncé la naissance. L'un parle au nom des trois, son nom est l' ETERNEL 3I Abraham a vu Dieu sous les traits d'un mortel 32, Du fils de la promesse il saisit l'espérance 33. Trois témoins sur la terre ont béni sa semence, Trois témoins dans le ciel.

Les noms d'Adonaï 34, dans leur forme voilée, Disaient l'un, sa puissance et sa protection; Le second, sa lumière et sa compassion ; Le troisième, la paix de Sion consolée35. Le grand-prêtre, trois fois, la main sur l'assemblée, Invoquait ce saint nom.

Tel encor du Nazir le triple sacrifice 36 : Son holocauste exalte un seul Dieu créateur, L'offrande expiatoire indiquait un Sauveur, L'eucharistique, un Dieu redevenu propice. Homme innocent, pécheur, puis couvert de justice. Donne gloire au Seigneur 3T!

Quel mortel peut changer sa rebelle nature 3S ? L'Esprit saint consolant nos esprits abattus, De la mort du Sauveur nous transmet les vertus. Ainsi, mêlant sa cendre aux flots d'une onde pure. Une hostie, en réserve, effaçait la souillure 39, En attendant Jésus.

AU PEUPLE D'ISRAËL

Sur le carré de l'arche appuyant leur tactique , Le Maître des tribus les consacrait par trois 40. Les Lévites, à part, interprètes des lois, Gardaient le triple accès du temple concentrique 41 Ame de ce grand corps, de l'Esprit prophétique Ils entendaient la voix 42.

Leur culte désignait Celui qui devait être A la fois roi, prophète et sacrificateur43. Les prophètes, poussés par l'Esprit du Seigneur,* Dans toutes les tribus avaient droit de paraître ; Juda donnait les rois, et Lévi, le grand-prêtre, Trois types du Sauveur.

De ton œuvre, 6 mon Dieu ! qui dira le mystère? Tu mis six jours à part pour la création, Fallait-il six mille ans pour la rédemption 44? Mille ans ne sont qu'un jour au poids du sanctuaire. Verrons-nous sur le soir du dernier millénaire Le retour de Sion 45 ?

Les murs de Jéricho tombent par un miracle ; Mais, sept fois, l'Arche sainte en dut faire le tour46. Qui forcera Satan dans sa dernière tour47? Durant sept jours, Aaron s'enferme au tabernacle48. Que veut ce sang versé sept fois, devant l'Oracle 49 Accessible un seul jour50?

Hf) CHANT I.

Sur le mont Sinaï tout près de se dissoudre , Quand Dieu même enseignait vos pères éperdus, Ils dirent : « C'est assez, que Dieu ne parle plus; « Cette voix qui nous vient du milieu de la foudre , « Parle trop fortement aux enfants de la poudre bl, » Et Dieu promit Jésus b2.

Jésus vint, votre Dieu vous parla par sa bouche S3 : Vous demandiez un homme, un homme est avec vous54 Dieu ne parla jamais un langage plus doux 5b, Et maintenant, d'où vient qu'avec un ton farouche, Vous. dites au Seigneur, quand votre main le touche : Retire-toi de nous 56 ?

Ecoutez, écoutez la voix qui prophétise Et qui dit à l'Esprit : « Souffle des quatre vents, De ce corps desséché rejoins les ossements 87 ; Les temps sont accomplis, ma colère s'épuise58 Et Sion trop longtemps dans la poudre est assise s% Rassemble ses enfants60! »

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