ACTE I. 2i
l'amiral.
J'ai à te parler.
URSULE, à l'amiral.
Que me voulez-vous ?
L AMIRAL, allant s'asseoir à gauche avec Ursule.
Deux mots très-importants. De tes trois ou quatre prétendants, il y en a un, je t'en préviens, auquel il ne faut plus songer.
URSULE
Lequel?
l'amiral.
Le fabricant belge. Je viens de causer avec un banquier, un ami à moi, qui connaît parfaitement ses affaires : elles sont dans un état déplorable.
URSULE
Ce n'est pas possible !
l'amiral.
Il nous en donnera les preuves. Le voici. Tais-toi.
URSULE
Je n'ai plus rien à lui dire. CM. Van Xieuven, venant du salon de droite, s'avance en ce moment, s'incline et invite Ursule à danser.) URSULE, d'un ton sec
Je ne danserai plus de la matinée, Monsieur, (van xieuven
sort.)
L'AMIRAL, à part.
Encore Une déception ! (Entrent dans ce moment le marquis donnant le bras à M. de Lamorinière.)
LE MARQUIS
Oui, mon cher, c'est un ange; et, quant à moi, je ne saurais trop le redire.
l'amiral.
De qui donc parlez- vous ainsi, monsieur le marquis?
LE MARQUIS
De votre fille.
De moi !
LE MARQUIS
Ma protectrice, mon bon ange ! Je suis de l'avis de ceux qui m'accordent peu d'esprit : je n'en ai pas du tout. J'avais cette réputation près des dames, et, par un motif que je ne puis m1 expliquer, si ce n'est par la difficulté même de la cause,
vous avez entrepris de défendre la mienne devant Hortense de J Saint Prix, ma cousine, que j'adorais.
URSULE, avec dépit.
Ah!
LE MARQUIS
Et qui jamais n'avait jeté un regard sur moi, tant elle m'en croyait peu digne. Mais, persuadée par vous et par votre éloquent plaidoyer que je suis un des hommes les plus spirituels de France, et que ma timidité seule m'empêche de le prouver... elle vient de m'avouer à l'instant qu'elle m'épousait sur parole... c'est-à-dire sur la vôtre... Voilà ce que je vous dois.