‹ La fille du capitaineChapitre 23 sur 25 · I. Nom général des établissements métallurgiques de T Oural · texte numérisé non relu

I. Nom général des établissements métallurgiques de T Oural

puis la marche audacieuse de Tusurpaleur sur Moscou. Zourine reçut Tordre de passer le Volga.

Je ne m'arrêterai pas au récit des événements de la guerre. Seulement je dirai que les calamités lu* rent portées au comble. Les gentilshommes se cachaient dans les bois; l'autorité n'avait phis de force nulle part ; les cheis des détachements isolés punissaient ou faisaient grâce sans rendre compte de leur conduite. Tout ce vaste et beau pays était mis à feu et à sang. Que Dieu ne nous fusse plus voir une révolte aussi insensée et aussi impitoyable !

Ëntin Pougatcheff fut battu par Micbelson et contraint à fuir de nouveau. Zourine reçut bientôt après la nouvelle de la prise du bandit et Tordre de s'arrêter. La guerre était finie. 11 m'était donc enfin i)Ossible de retourne* chez mes parents. L'idée de les embrasser et de revoir Marie» dont je n'avais aucune nouvelle, me remplissait de joie. Je sautais comme un enfant. Zourine riait et me disait en haussant les épaules: » Attends, attends que tu sois marié; tu verras que tout ira au diable. »

El cependant» je dois en convenir, un sentiment étrange empoisonnait nia joie. Le souvenir de cet homme couvert du sang de tant de victimes innocentes et Tidée du supplice qui rattendaii ne me laissaient pas de repos. « léméla \ léméla,

t. Diminutif de léméliane.

me disais-je avec dépit, pourr[uoi ne t*es-Ui ]yas jeté sur les baïonnettes ou offert aux coups de la mitraille? C'est ce que tu avais de mieux à fàtre*. »

Cependant Zourine me donna un congé. Quelques jours plus tard, j'allais nie trouver au milieu de ma famille, lorsqu'un coup de tonnerre imprévu vint me frapper.

Le jour de mon dépari , au moment où j'allais me mettre en route , Zourine entra dans ma chambre, tenant un papier à la main et d'un air soucieux. Je sentis une piqûre au cœur; j'eus peur sans savoir de quoi. Le major lit sortir mon domestique et m'annonça qu'il avait à me parler.

« Qu'y a-t-il? demandai -je avec inquiétude. —

Un petit désagrément, répondit-il en me tendant son papier. Lis ce que je viens de recevoir. »

C'était un ordre secret , adressé à tous les cliels de détachements , d'avoir à m'arréter partout où je me trouverais, et de m'envoyer sous bonne garde à Khasan devant la commission d'enquête créée pour instruire contre Pougatcheft et ses complices.

1. Après s'être avancé jusqu'aux portes de Moscou, qu'il aurait peut-être enlevé si son audace n'eût &ibli au dernier moment, Pougatcheff, battu, avait été livré par ses compagnons pour cent mille roubles. Enfermé dans une cage de fer, et conduit à Moscou, il Alt exécuté en 1776.

. Le papier manqua de me tomber des nmins.

« Allons, ditZourine, mou devoir est d'exécuter Tordre. Probablement que le bruit de tes voyages faits dans Tintimité de Pougatcbeff est parveaiu jusqu'à Taulorité. J'espère Lieu que l'aftaire n'aura pas de mauvaises snites , et que ta te justifieras devant la commission. Ne te laisse point aiiattre et pars à l'instant. »

Ma conscience était tranquille; mais l'idée que^ notre réunion était reculée pour quelques mots encore me setrait le cœur. Après aydr reçu les adieux affectueux de Zourine , je montai dans ma téléga\ deux hussards s'assirent à mes côtés, le sabre nu, et nous prîmes la route de Khaaan.

Le jugeomt.

Je ne doutais pas que la cause de mon arresta-

tk)n ne fût mon éloig^ement sans permission d*0* renbourg. Je pouvais donc aisément me disculper, car, non-«eulement on ne nous avait pas défendu de faire d^ sorties couUe l'ennemi, mais on nous y encourageait* Cependant mes relations amicales

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