D^ARENBERG
Et la cause C'est que nous avons dit cent fois la même chose; C'est que nous avons fait le serment solennel D'aimer d'un amour pur, d'un amour éternel ; Eternité qui dure une courte journée, Parfois une semaine, et jamais une année; Amour qui dans le cœur brûle, et reste fixé Autant qu'un autre amour ne l'a pas remplacé.
LENEP.
Ah I vous comprenez mal mon âme.
d'essen.
La constance A pour lot de tenir le bonheur à distance ; On n'est jamais heureux quand on est trop aimant ; Moi, je fais de mon cœur un vaste appartement Quej'ouvreàchaquefemmeetqu'onvoit,sansmystère, Au moins vingt fois par an changer de locataire.
LENEP.
Ne raHlez pas ainsi le sentiment divin Qui n'est pas dans vos cœurs; oui, j'aime...
d'arenberg.
El c'est en vain Que vous verriez s'ouvrir les lèvres d'une femme Qui voudrait un baiser.
d'essen.
Je le crois, sur mon âme !
d'arenberg.
Mais serait-ce indiscret de demander le nom De celte femme aimée avec tant d'amour ?
d'essen.
Non; Elle se nomme Hélène.
d'arenberg, àLenep.
Ah I je crois la connaître ; Souvent je vous ai vu regarder la fenêtre D'une maison...
LENEP.
Silence I
DAREI9BERG.
Hélène, nom charmant Qui ligure fort bien dans un enlèvement ; Devenez donc berger ; et, Tâme d'amour pleine, Allez, nouveau Paris, enlever votre Hélène.
d'essen.
C'est le plus sûr moyen , c^er Lenep ; mais, hélas I Votre Hélène a déjà trouvé son Ménélas.
d'aremberg. Qu'importe ?
LENEP.
Assez I
D'ESSBN; riant.
Allons, Lenep offre l'emblème
D'ARENBERG » à d'Esscn.
Partons.
D ESSEN , en se tournant vers Lenep.
Qu'on est gai quand on aime !
D'Arenberg et d'Essen sortent en riant.
De l'amour vrai.