D^AREMBERG
Hais s'ils sont prévenus qu'un danger les menace, lis fuiront de ces lieux par un secret chemin. .
SIGISMOND
Un grand nombre d'entr'eux sont déjà sous ma main ; Les autres le seront à leur tour, je l'espère.
11 remonte le caveau.
Voiià bien le caveau , le sinistre repaire
Où ces hommes de sang, chaque nuit rassemblés,
Jetaient des égorgeurs sur les peuples troublés.
C'est ici qu'ils rendaient leurs iniques sentences;
Sur les marches du trône , à travers les distances, ,
Quand le noir tribunal venait de les dicter.
Des poignards étaient là pour les exécuter.
L'Empire, ce pivot sur qui tourne le monde ,
Paraissait oublié dans cette nuit profonde;
Et mon sceptre sacré , mon sceptre souverain ,
Méprisé, fesait place à leur sceptre d'airain.
Aussi, que de forfaits ils ont osé commettre!...
Ces murs, cesmursvisqueuxsuintentdusangpeut-étre;
Et de tous les côtés je sens dans ce caveau
Une odeur de cadavre à saisir le cerveau 1
C'est ainsi qu'appuyés sur des lois forcenées ,
Ils ont pu six cents ans régir nos destinées ;
El que nos Empereurs, par eux humiliés.
Sous un sanglant talon ont eu leurs fronts plies. '
Allemagne! en ces jours sombres de ton histoire, Où donc avais-tu mis les rayons de ta gloire? Quel étrange mystère avait donc effacé La grandeur de ton nom, Téclat de ton passé?
Quoi! ces hommes vivant au milieu des ténèbres Ont fait peser sur toi leurs doctrines funèbres , Sans que le premier jour ta bouche de lion Ait dévoré la main qui tendait le haillon !
Quoi! ta valeur antique et ton noble courage Ont dormi six cents ans !.. Je relève Feutrage Allemagne! c'est moi qui laverai Taffront Que des siècles de haine ont jeté sur ton front ; C'est moi qui secouerai ton sommeil centenaire ! Oui, Taigle impérial est sorti de son aire; Il s'élance d'un vol là-haut, dans l'air vermeil ; Et, planant dans les feux qui tombent du soleil. Il en prend les rayons dont Téclat l'environne. Pour faire de nouveau resplendir ta couronne ! Tu seras grande encore et par moi!., seulement Ces hommes qui souillaient notre sol allemand Doivent être frappés 1 leur sang doit tenir compte De leurs forfaits nombreux comme de notre honte ; Qu'ils meurent !... délivrés de leur sourde fureur, Les peuples salueront l'Empire et l'Empereur!
A D'Essen et D*Aronberg.
Veillez bien, Messeigneurs.
U vient devant Lenep.
Que nul d'entr'eux n'échappe Au sort que je leur fais, à la main qui les frappe;
Avant qu'ils soient ici qu'on entoure ce lieu ; Et vous m'en rendrez compte au palais.
LENBP.
Abl grand Dieu!
Sigismond sort fuivi des Seigneurt venot avec lui ; D'Arenberg , D*Biiaeo et Lenep sortent ensuite avec les soldats pour veiller au dehors. Après leur sortie, une trappe s'ouvre sur la gauche, et Rodolphe entre dans le souterrain.