‹ La Fille du général BertrandChapitre 7 sur 20 · Président de la République · texte numérisé non relu

Président de la République

changé ces mots en y substituant celui de Providence. Il m'a répondu : « Ah! oui, « vous avez bien raison! » 11 m'a touchée aux larmes en me parlant de son isolement, de sa solitude... « Mes tracas politiques u sont grands sans doute, mais ils ne me u surprennent pas; ce qui mê navre et ce « qui est mon irréparable malheur, c'est a de n'avoir pas été élevé dans mon pays. (( Je n'ai pas du temps à donner mainte- « nant à l'amitié. D'ailleurs un homme u public voit toutes ses actions si fausseu ment interprétées ! » De grosses larmes remplissaient les yeux de ce prince vraiment attachant par sa simplicité, la tristesse qui est le fond de son caractère, l'ingratitude dont il est l'objet et dont il ne se plaint pas. »

Une fois empereur et marié, le prince Louis-Napoléon combla de prévenance M. et M*0 Thayer. Us étaient de toutes les fêtes aux Tuileries et à Saint-Cloud. Us séjournaient à Fontainebleau et à Compiègne. Toutefois on se tromperait étrangement, si l'on supposait qu'en acceptant ces invitations, Mme Thayer aliénait son indépendance. Jamais, au contraire, elle ne fut

plus hardie ni plus fière; nous ne disons pas hautaine.

Déjà, sous la Présidence, elle n'avait pas craint de prendre la défense des princes d'Orléans dépouillés de leurs hiens.

« Aujourd'hui, lisons-nous dans son agenda (a5 janvier 1802), dans le Moniteur, ont paru les décrets qui confisquent les biens dos Princes d'Orléans (1). Quel malheur! Quelle lâche pour ce coup d'Etat si glorieux! Quel sujet d'inquiétude pour l'avenir ! » Le lendemain, elle était au bal des Tuileries. Son agenda porte : « Je n'étais pas allée au bal aux Tuileries depuis i835, année où j'ai quitté le monde, jusqu'en 1847. C° kal était triste : ennui du Président, indifférence; chacun était péniblement occupé de ces décrets contre les Princes d'Orléans. Quant à moi. j'ai dit hautement ma pensée à qui a voulu l'entendre. M. de Persigny m'a dit : « Parlez, parle/. Madame, car « vos plaintes font l'éloge de votre cœur ». J'ai fui le Président. Il est venu à moi me serrer la main ; je n'ai pu lui dire un mot, mais ma tris-

1. C'esl ce qu'on appela spirituellement «le premier \ol de l'Aigle ».

tesse a frappé tout ceux qui me connaissaient. » Le 12 février, nouvelle rencontre avec le Président : « Joli bal chez lady Douglas. Je suis arrivée au moment où le Président ouvrait le bal avec sa cousine. Je n'ai pas été peu étonnée, une heure après, de voir le Président s'avancer vers moi et me donner le bras pour me mener prendre une tasse de thé. Il me dit alors entre autres choses : « Je veux bien qu'on m'appelle brigand ; mais voleur, c'est autre chose ! » Telle était vis-à-vis de l'injustice, d'où qu'elle vînt, l'attitude magnanime de Mme Thayer. Sans doute, elle avait été reçue à la Cour de Louis-Philippe; elle avait fait quelques visites à la reine et à Mme Adélaïde, sœur du roi ; mais ces relations ne furent ni fréquentes, ni intimes; elles suffisent cependant pour expliquer sa hardiesse et sa fierté.

Peu de temps après, c'est Montalembert qu'elle défend. On sait qu'il avait pris son parti du coup d'État, mais non des décrets. Il répondit aux décrets en donnant sa démission de membre de la Commission Consultative du 2 décembre. Dans son discours de réception à l'Académie Française

(5 février 1802), il parla même de « cette impuissance qui n'est force que pour abattre et qui ne sait ni créer, ni maintenir ». Le prince, oubliant que, depuis la proclamation de la République, il s'était toujours montré son partisan, venait de rompre avec lui. Le soir d'un bal à l'Elysée, comme M",e Thayer le remerciait d'avoir fait son mari sénateur, le prince, sans transition, lui dit : u Eh bien, notre ami Montalembert u nous quitte donc tout à fait? — On a été u si dur pour lui, Monseigneur! répond la « noble femme. M. de Persigny lui a dit a que vous ne vouliez pas, que vous ne pou- « viez pas et que vous ne deviez pas, en « quoi que ce soit, vous servir de ses con- « seils. — On ne s'est pas parlé en ces terce mes-là, reprend le prince. — Pardon, « Monseigneur, ces mots-là sont textuels. » Tout finit là. Quand ensuite Mme Thayer rencontra M. de Persigny, elle lui raconta ce qui s'était passé entre elle et le Président. Et Persigny répéta, écrit-elle dans ses notes, « ses folies systématiques », à savoir « (pie la France était antipathique aux idées de Montalembert; qu'elle était encore trop voltairienne ; qu'elle détestait l'ancien

régime; que le peuple était sanguinaire; qu'il fallait le caresser d'une main et le châtier de l'autre; qu'enfin M. de Montalembert était impossible pour le moment, mais que son tour viendrait quand la Révolution serait finie (i) ». On touche du doigt l'influence néfaste que Persigny exerçait alors sur le Président.

Ainsi la fille du général Bertrand ne tremblait pas plus devant le pouvoir que devant l'émeute.

Une autre fois, c'est pour son mari qu'elle se rend à l'Elysée. Le prince s'était engagé à soutenir la candidature de M.

Thayer. Or, il paraît l'avoir oublié, car il met en avant celle du beau-frère de M. Thayer, Ernest de Padoue, et M. de Padoue qui n'ignore point qu'Amédée est sur les rangs, laisse poser sa propre candidature. Naturellement, M. Thayer s'en émeut. Le ier mars i85o, sa femme écrit :

« Visite à la Grande-Duchesse de Bade qui me reçoit avec la plus grande cordialité. Je lui raconte tout ce qui s'est passé pour cette candidature d'Amédée de la part

i. Agenda 19 février i852.

du Président et je lui demande d'obtenir de son neveu (le prince Louis Bonaparte) une réparation à cette incroyable conduite. Je lui rappelle que je suis sa cousine (elle me dit le parfaitement savoir), que je suis entièrement libre, indépendante, que j'ai été élevée dans les traditions du dévouement le plus absolu mais non de servilisme..., que le Président n'a le droit d'attaquer l'honneur de personne, moins encore de mon mari... Je suis très, très Hère enfin ! — Ensuite j'ai mené la Grande-Duchesse, dans ma voiture, aux Tuileries, assister à une revue du Président. Elle a été chamaille.

u a Mars. — Le soir j'ai rencontré chez ma belle-mère Elise de Padoue et son mari. J'ai dit à la première, en termes très mesurés, combien la conduite de son mari nous avait l'ait de la peine. Elle m'a bien assuré qu'elle n'y était pour rien. Je le savais, elle a été sincère et tendre.

<■ .1 Mars. — Je reçois M. do Plabaul ( i .Je lui raconte en entier l'affaire électorale il' \médée. 11 croit que je dois demander une

i. Ancien officier de l'Empire, rallié à la monarchie de Juillet,

audience au Président et lui dire tout ce que j'ai sur le cœur.

u Pendant le dîner on m'apporte une lettre du Président de la République à Amédée. Cette lettre est bonne et affectueuse, très suffisamment explicative. Il est à remarquer qu'elle arrive quand Amédée ne peut plus s'en servir pour son élection, puisque les scrutins préparatoires ont été fermés à 6 heures. N'importe, cette lettre est une réparation personnelle de l'affront fait à Amédée.

« 4 Mars. — Visite à la Grande-Duchesse avec Amédée. Je lui ai porté à lire la lettre du Président. Elle a été charmante pour moi et a dit à M. de Flahaut quand on m'annonçait : Ah ! c'est une charmante femme.

a 5 Mars. — Amédée a eu au scrutin préparatoire 6,4oo voix, Ernest de Padoue 3,900. La leçon est bonne et bien complète. )>

Ajoutons que le nuage, soulevé par la politique entre deux familles alliées, se dissipa promptement et constatons une fois encore que Mme Thayer ne connaissait point la peur.

Lorsque, sous l'Empire, elle apprit par

le Moniteur, sans qu'une seule parole de qui ce soit eût pu leur faire pressentir le fait, que son mari était nommé sénateur, elle fut tout d'abord désolée, et même elle engagea M. Thayer à refuser. Il fallut l'intervention de Montalembert, les conseils de Mme Swetclrine, du cardinal Gousset, de Louis Veuillot, de l'abbé Desgenettes, pour le décider à l'acceptation. Pendant quinze ans, M. Thayer fut au Sénat un dévoué serviteur de l'Eglise et de la Patrie (1).

1. Nous ne pouvons que renvoyer le Lecteur à la Fliograithie de M. Thayer, par le P. Ludovic, capucin. Paris, Lethielleux, 1869.

Louis Veuillot, garde national ; première lettre à Mme Thayer. — La Légalité ; deuxième lettre. — Raymond Brucker ; troisième lettre. — Même sujet ; « notre facteur » ; quatrième lettre. — Un autre client ; cinquième lettre. — Premiers dissentiments parmi les catholiques ; sixième lettre. — Voyage de Louis Veuillot en Alsace ; septième lettre. — Réponse à des « gronderies » ; le jardin de Vitry; huitième lettre. — Mort de Thérèse Veuillot ; neuvième lettre. — Plaie toujours ouverte ; dixième lettre. — Naissance de Madeleine; onzième lettre. — Mort de la mère; douzième lettre. — Billet de Montalembert à Louis Veuillot. — A propos de nouvelles polémiques ; treizième lettre. — M"lc Thayer se casse une jambe ; nouveau client ; quatorzième lettre. — Les religieuses de Troyes ; « mes Visitandines m ; quinzième lettre. — Demande d'audience ; un souvenir de sa femme ; seizième lettre. — Mort de deux de ses filles, Marie et Gertrude ; dix-septième lettre. — Peu d'espoir pour Madeleine, troisième malade ; dévouement de sa sœur Elise ; éloquent plaidoyer pro doino ; dix-huitième et dernière lettre. — Dernières visites "de M"1" Thayer à Louis Veuillot.

Nous voici à Louis Veuillot.

11 est de la garde nationale qui lui prend du temps, un temps précieux, et qui sur-

tout l'arrache à son grand labeur de journaliste : il voudrait bien sortir de cette « géhenne ». Il écrit à Mme Thayer, dont il sait les relations et l'influence :

« Paris, 9 mars i852.

(( Mille remerciements, Madame. Voici mon état militaire : je suis incarcéré dans la 4e compagnie du 17'' bataillon. Mon capitaine se nomme M. Rousseau. Mon commandant a bien voulu m'écrire une fois, mais je n'ai jamais pu déchiffrer sa signature ; on le connaît certainement à l'état-major. Que je vous suis reconnaissant de vouloir me tirer de cette géhenne, et (pie je serai heureux si vous réussissez ! Vous pouvez donner votre parole qu'on ne perdra rien. Je ne suis pas gracieux sous l'uniforme, ni exact dans ma tenue; mon fusil est toujours rouillé. Je ne saurai jamais faire l'exercice ; je tourne toujours à gauche quand on commande h droite, et réciproquement. Enfin, Madame, je n'ai jamais su, étant de fonction, empêcher un chien ni un paquet de passer. Voilà la \ éiité pure et, qui pis est, je n'en rougis pas.

1 M iUE DE (iHANDE DAME. — 6.

« Encore une fois, Madame, mille remerciements ; mais pourtant je dois avouer que ce nouveau bienfait n'ajoute rien à ma reconnaissance pour vous. Il n'y a plus rien à ajouter à cet égard, tout est dit pour toujours.

a Votre très humble et tout dévoué serviteur,

« Louis Veuillot.

u Je retrouve le décret de mon commandant qui me signifie mon sort. Je vous l'envoie. Peut-être pourrez-vouslirele nom de ce terrible homme. Voyez comme il me traite et si je n'ai pas lieu de souhaiter d'avoir à mon tour l'honneur de le saluer.

« Lundi. »

Nouvelle-lettre le 12 mars. 11 lui fait hommage d'un opuscule qu'il vient de publier. Lequel ? Peut-être la Légalité. Dans l'avertissement qu'il mit plus tard (juillet 187 1) en tête d'une réimpression de ce volume, nous lisons ceci : a Cet opuscule, composé en i85i, allait paraître, lorsqu'une révolution vint l'enfermer dans l'imprimerie :

c'était le 2 décembre... J'attendis un mo-

ment plus favorable. Après deux mois, je le crus venu. Je me trompais, si je m'en rapporte à l'effet produit (i). »

« Madame

« Ce petit volume beurre frais vient de paraître. Je vous l'envoie tout de suite, afin qu'il ait près de vous son plus grand mérite, qui est celui de la nouveauté. Si vous le lisez, vous penserez peut-être (pie je ferais aussi bien de monter ma garde et que ce n'est pas beaucoup la peine de travailler à me laisser la disposition d'un temps que j'emploie à de pareilles compositions. Mais qui sait si ce n'est pas la guérite qui m'a donné ces idées noires? Il est certain que quand j'ai pu passer une heure ou deux à causer avec vous, je vois ce pauvre monde sous un aspect plus aimable. J'ai alors quelque chose de joyeux clans le cœur et de rose dans l'esprit. Ce qui serait le beau idéal, Madame, ce serait que le sergent-major ne m'envoyât plus de billet de

i. En is7>. ;i la librairie Palmé, Louis Veuillol

mi.i ces pages a\ee \'L<<-i<ir<; Vind l idemain

delà Victoire H un Épilogue, sous ce titre : Diulogues socialistes.

garde et qu'à sa place vous m'envoyassiez des billets de conversation. Pour l'amour de Dieu, tâchez d'arranger les choses de cette manière, et je finirai par écrire des pastorales.

« Je suis à vos pieds, Madame, avec infiniment de reconnaissance et de respect,

« Louis Veuillot.

« Vendredi. »

On n'a pas oublié que la charité de Mme Thayer et de son mari leur avait attiré, dans tous les rangs de la misère, une clientèle nombreuse. Louis Veuillot était un de leurs bons clients, un peu pour lui par hasard, — on vient de le voir, — beaucoup pour les autres.

Raymond Brucker (1805-1874), dont il est question dans la lettre suivante, fut un curieux personnage. Successivement saintsimonien, fouriériste, phalanstérien, socialiste à la façon de i83o, il sigua de son prénom une trentaine de mauvais livres, puis il se convertit et devint apôtre. Cet homme était une manière d'encyclopédie vivante ; un cerveau plein de feu et de fumée; eau-

seur étincelant ; improvisateur d'une extraordinaire puissance; orateur parfois de la taille d'O'Connell, mais le grandiose et le trivial se battaient dans ses phrases, au dire de Barbey d'Aurevilly, comme la pluie et le vent dans Shakespeare. Léon Gautier l'a entendu parlant aux ouvriers .et il n'en revenait pas. Paul Féval, dans le premier volume des Étapes d'une Conversion, sous le nom de Jean, l'a immortalisé peut-être. Louis Veuillot l'a aimé. Bohème de génie, il tombe un jour dans la misère : « Mon pauvre Brucker, lui écrit Louis Veuillot, je vous donne la main de bien bon cœur, et je ne suis fâché que d'une chose : c'est qu'il n'y ait rien dedans. Je suis absolument sans ressources présentement, parce que vous n'êtes pas la seule fissure par laquelle s'écoulent mes minces économies. De là venait le nuage que vous ave/ remarqué; mais j'ai eu tort de le laisser voir ou de ne pas vous en donner l'explication. Pardonnez-moi celte inadvertance. C'est bien asez de ne pas secourir Jésus-Christ, sans l'aflliger par la manière. Y\ songez plus, je vous en prie, et que cela ne vous gène jamais quand vous serez

dans le cas de me demander quelque chose. Moi je songerai d'ailleurs à vous prévenir. Votre ami, Louis Veuillot. »

Et Louis Veuillot écrit à Mme Thayer :

« Paris, 27 mars i852.

« Madame,

« J'aurai le bonheur de vous voir lundi (est-ce bien lundi ?). Mais je ne veux pas attendre jusque-là pour vous faire lire cette lettre que m'écrit le pauvre Brucker. Il s'y peint tout entier avec ses projets de livres, qu'il n'exécutera jamais, sa misère, son inutile courage, sa résignation quelquefois traversée d'un éclair de désespoir. Si vous voyez cette belle et bonne princesse à qui nous avons parlé de lui, je vous conjure d'entretenir le zèle de charité qui l'a émue. Hélas ! Madame, cet homme qui est notre frère, et qui aime et sert le bon Dieu, manque du nécessaire; comme il le dit luimême, il a faim dans sept ou huit estomacs.

« Il aura mardi une audience de Romieu, mais il ne sait que demander. Il faudrait

que M. de Persignv s'intéressât à lui et voulût absolument lui donner ou une petite place ou un secours quelconque sur n'importe quel fonds.

a Combien je craindrais, Madame, envers toute autre que vous, de me rendre indiscret et importun ! Je ne vous vois plus sans vous demander quelque chose; mais c'est exactement ce que je fais à l'égard du bon Dieu et de tous les Saints. Sans cesse je demande. Pourquoi? Parce qu'ils sont bons, c'est leur faute ; c'est la vôtre aussi. Vous avez un regard et un sourire qui mettent le cœur à l'aise. On ne peut plus vous voir ni se souvenir de vous sans songera tous ceux qui souffrent. Si j'étais peintre et que je voulusse personnifier l'adorable miséricorde, c'est vous que je peindrais. Ne vous plaignez pas des ennuis qui en sont la suite dans ce triste monde, tout cela sera si bien payé au ciel !

« Recevez, Madame, avec vos bons regards et votre bon sourire, les sentiments très humbles et très dévoués de votre sern iteur,

« Loui^ Vu 11 lot.

« Samedi. »

Comment résister à une lettre pareille?

Mme Thayer se mit en mouvement et ses démarches aboutirent. Le 17 avril suivant, Louis Veuillot lui écrit :

« Madame,

m J'étais hier et avant-hier dans les troubles d'un déménagement et j'ai oublié de dire à M. Thayer que c'est bien du ministère de l'Instruction publique que M. Brucker a obtenu le secours que je vous ai annoncé (1). Je viens trop tard; mais les jours de déménagement je ne me connais plus, et la reconnaissance même, qui est un des meubles les plus solides de mon cœur, se couvre de poussière et disparaît dans le pêle-mêle qui m'entoure.

« Puisque je vous écris, Madame, je fatiguerai encore vos beaux yeux, en vous priant, ce que je n'ai pas assez fait, de dire à l'autre M. Thayer, si digne d'être le frère du premier, combien je suis heureux et reconnaissant de notre facteur. Vous ne pouvez pas imaginer la joie de ce petit ménage.

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