Nous n'avons pas la lettre où il annonce ce secours
LA FILLE Dl GÉNÉRAL BERTRAND 8g
Grâce à vous et à .M. votre beau-frère, leur histoire, un moment fort triste, est devenue un conte de fées ; la conclusion sera la suivante : Ils vivent heureux, et ils auront beaucoup d'enfants.
u Je serais très heureux, Madame, si un soir que vous aurez M. Thayer chez vous, vous aviez la bonté de me faire signe, pour que je vienne le remercier. Je vous demande toujours quelque chose, mais surtout l'occasion de vous exprimer les sentiments très dévoués avec lesquels je suis votre humble et très obéissant serviteur,
« Louis Velillot. »
Quelques jours après, nouvelle lettre pour un autre client :
« Paris, 28 avril i85a.
« Madame,
« Un de mes amis qui a une fdle malade a entendu dire que vous connaissez le médecin des Eaux-Bonnes et que vous savez toujours lorsqu'il est à Paris. Voulez-
go UNE AME DE GRANDE DAME
vous me dire s'il y est en ce moment ou s'il doit y venir bientôt, et où il demeure? Je crois qu'il se nomme M. d'Aralde, mais le nom était écrit de telle sorte que ce pourrait bien n'être pas cela.
« J'ai demandé à M. Thayerde s'intéresser à mon condamné qui a tant de génie et qui sollicite la faveur d'être envoyé à Cayenne. Ce pauvre jeune homme m'a écrit hier une lettre qui m'a fait pleurer toute la journée. On ne peut voir plus de malheur ni plus de courage mêlé à plus de désespoir. Un homme de trente ans, doué pour être aux premiers rangs dans le monde, plein d'imagination, plein de vie, sentant qu'il aurait eu la gloire, le bonheur, qu'il aurait été utile, et qui est condamné à quinze ans de travaux forcés pour avoir voulu s'évader d'une prison où il a été jeté par le crime d'autrui plutôt que par le sien. Voyez-vous, Madame, ce qui doit se passer dans ce pauvre cœur! Lorsque j'aurai l'honneur de vous voir, dites-moi de vous conter cette lamentable histoire. En attendant, je suis sûr de ne rien demander de trop à votre bonté en vous priant de dire à M. Thayer que la faveur demandée par ce
malheureux dépend du directeur des prisons au ministère de l'intérieur.
« J'ai l'honneur d'être, Madame, votre très humble et très obéissant serviteur,
« Louis Yelillot.
« Mardi. »
Il nous semble bien entendre dans la lettre discrète qui suit comme un écho des premiers dissentiments qui s'accentuèrent de plus en plus, et jusqu'à la rupture, entre Louis Veuillot et Charles de Montalembert. L ne heure triste sonnera où ces deux bons soldats de l'Église ne comprendront plus de la même façon l'action catholique.
« Paris. 3 mai 1862.
Madame,
« Je tremble d'avoir dit hier innocemment une petite sottise, et j'ai besoin de me rassurer en vous envoyant un commentaire. Je me suis imprudemment vanté de savoir dans l'occasion n'avoir pas d'amis; c'est très vrai, mais cela ne veut pas dire
du tout que je brise. Cela veut dire simplement que je me résigne à laisser briser, et qu'il y a un devoir que je veux remplir, un rôle où je veux rester, quoi qu'il en coûte à mon cœur. Je serais trop malheureux si je pouvais penser qu'une considération personnelle quelconque m'a fait gauchir dans ces choses qui sont de mon service, où vous savez que je m'applique encore plus à n'avoir pas d'ennemis.
« Je vous en supplie, Madame, ne me croyez pas plus mauvais que je ne suis pour une parole trop naïve. Je reste malgré tout un paysan très mal dégrossi, et quand je n'ai pas la plume à la main, je manque souvent à m'exprimer dans la bonne mesure. Il m'en a coûté quelquefois ; j'aurais trop de peine à me consoler si vous me faisiez expier ces peccadilles, qui n'empêcheront jamais, Madame, que je ne sois votre serviteur très humble, très reconnaissant et très fidèle,
« Louis Veuillot. »
« Paris, 3i mai i85a.
« Madame,
« Je vais faire une petite course jusqu'à
la frontière du Rhin pour voir une extatique stygmatisée (sic) dont on dit les choses les plus extraordinaires (i). Quoique je ne m'éloigne que pour huit jours, je sciais bien heureux si je pouvais prendre congé de vous. Pourrai-je vous voir, le temps de vous donner une poignée de main, aujourd'hui ou demain avant quatre heures?
« Votre très humble et tout dévoué serviteur,
« Louis Veuillo*.
« Ayez la bonté de me faire dire oui ou non au journal. »
Peu à peu Montalembert s'éloignait du régime établi, cependant que Louis Veuillot continuait de le soutenir. L'entente cordiale ne survécut point au désaccord politique, et moins encore le labeur commun. L'écrit de Montalembert d'une part : Les Intérêts catholiques au dix-neuvième siècle et « la question des classiques chrétiens » d'autre part, consommèrent la rupture et
i. Sans doute Elisabeth Eppinger, en religion Mère Alphonse-Marie, fondatrice de la < ongi tion du Divin Rédempteur à Niederbronn.
même déchaînèrent la guerre. Mme Thayer en était affligée et elle gourmandait ses amis (i).
« Eh bien, Madame, vous me donnez de la vanité. Avec vos bonnes intentions, voilà ce que vous faites. Quand je vois la longueur de votre billet, qui est presque une lettre, et quand je songe à ces beaux yeux souffrants, qui se sont fatigués pour me féliciter, comment puis-je conserver d'humbles sentiments de moi-même? Vous avez bien fait, Madame, de tempérer celte ivresse en me grondant un peu. Mais, hélas! je suis très fier encore d'être grondé par vous; je me dis que vous ne grondez pas tout le monde, et que tout le monde ne me gronde pas. J'ajoute que, pour me gronder, il faut très bien me connaître, beaucoup mieux que ceux qui me batlent, et là-dessus, je. me carre encore. Enfin, Madame, que voulez-vous? je me trouve en ce moment assez content de ma per-
i. C'est en mai i852 que s'engagea la polémique sur la réforme de l'enseignement classique, et la brochure de Monlalembert parut en septembre de la même année.
sonne, il faut bien l'avouer, et c'est votre faute. Soyez tranquille pourtant, cela ne durera point ; il viendra des rabat-joie, et je vais peut-être en avoir en rentrant à Paris ; mais au moins ce ne sera pas de vous que je les recevrai.
« Pour remerciement, Madame, je vous promets d'être bien sage. Hélas! la bonne intention ne me manque jamais; mais quand j'ai cette chienne de plume à la main, et que je ne vous écris pas, j'ai bientôt fait une égratignure. Vous avouerez qu'on sait me le rendre. Je reconnais de mon côté qu'il vaudrait mieux qu'on me les rendit sans que je les eusse faites. Je vais donc être modéré, gare !
« Du reste, je vous assure que je voudrais sincèrement vivre en paix avec le monde entier. Quand j'aurai le bonheur de vous revoir, je vous dirai, au risque de me vanter un peu, les beaux efïorts que je fais pour rétablir l'harmonie et assurer une retraite honorable à mes ennemis vaincus. J'ai l'âme dans un torrent de bonté qui me vient je ne sais d'où. N'avez-vous rien perdu? 11 se pourrait que j'eusse trouvé cela dans l'enveloppe de votre lettre.
u Je vous écris à six heures du matin, sous les arbres de mon jardin de Vitry où j'ai fait porter une table, entre une statue de sainte Thérèse et une statue de la sainte Vierge, au chant des oiseaux et à l'odeur des lys. Tout cela s'accorde merveilleusement avec votre noble et douce figure qu'il me semble voir devant moi ; quel beau mirage! Dans une heure, le soleil vaincra l'ombre frêle de mes arbres, comme la force de l'adversité triomphe des tièdes amis. Je prendrai la route de Paris, je serai dans la poussière et la société d'un omnibus, je débarquerai au milieu des journaux; tout cela voilera l'image de Madame Hortense, et je pourrai ne plus me paraître aussi bon. Voilà les misères de la vie et du cœur de l'homme. Il faut prier Dieu de nous rendre bons, au soleil, en omnibus, dans la poussière et dans les journaux. C'est là qu'est la vertu.
« Pour me rassasier de mon bonheur qui va finir, il faut que je vous dise encore, Madame, que je suis entouré ici des plus belles santés. Mes cinq filles et leur mère se portent à merveille, et j'ai surpris hier ma fille Marie improvisant un canti-
que devant la sainte Vierge, que ses sœurs écoutaient avec beaucoup d'édification. Ces enfants sautent, dansent, grimpent, crient, cassent, chantent, mangent, d'une façon admirable. Il n'y a rien de plus gai, de plus frais et de plus malpropre. Elles sont comme le jardin qu'elles habitent, un mélange de roses, de lys et d'oignons. Ah! que la vie commence bien et qu'il est triste de penser à la suite! Puissent-elles au moins avoir le bonheur de professer, pour tout ce qui est bon et pur, les sentiments que j'ai pour vous, Madame, et dont je vous prie de me permettre ici la respectueuse et sincère expression,
u Louis Veuillot.
« Vitry, g juillet 1802.
a Mille compliments et remerciements à M. Thayer pour l'affection qu'il me témoigne. »
Hélas! cette joie familiale, si délicieusement savourée et si vivement exprimée, s'évanouit bientôt. Thérèse, sa dernière, mourait à neuf mois. Elle était la lilleulc
OTH AME DE GRANDE 1>AML. — 7.
de Donoso Cortès, avec qui Louis Veuillot s'était lié de forte amitié, et d'une Petite- Sœur des Pauvres, supérieure d'une maison de Paris.
« Vitry, 1 8 juillet i85a.
« Madame,
a Vous avez tant de bonté pour moi que je regarde comme un devoir de vous faire connaître mes chagrins. Une de ces cinq petites filles dont je vous parlais avec tant d'orgueil est morte cette nuit. C'est la dernière, la filleule des pauvres. Hélas ! nous l'avions toujours regardée comme une prédestinée. Après deux jours d'indisposition sans gravité apparente, elle a eu quelques convulsions, elle a fermé les yeux, on a cru qu'elle s'endormait et elle était au ciel. Nous savons qu'elle vit, mais je sais aussi et je sens cruellement que je suis pécheur. Priez pour moi, Madame. La pauvre mère a tout le courage que je pouvais lui désirer.
« Je suis avec un bien respectueux attachement, Madame, votre très humble serviteur,
a Louis Veuillot. »
« Paris, 8 novembre i852.
« Madame,
a Une affaire me retient et m'empêchera de vous porter mes excuses à l'heure que vous avez bien voulu m'indiquer. Permettez-moi de ne pas accepter votre gracieuse invitation pour le dîner. Cette plaie est encore trop vive et saigne trop volontiers. Je suis comme les malades qui n'ont de force que pour faire quelques tours dans leur chambre. Une promenade même à l'air le plus salubre et le plus doux, les accablerait. Vous m'indiquerez une autre heure et j'irai vous serrer la main. Si une larme vient me surprendre, je n'aurai ni l'effort de la retenir, ni l'embarras de la laisser couler.
(( Priez pour moi,
u Louis Veuillot.
« Je vous donne M. de La Tour. »
Douze jours après, c'est l'annonce du sixième enfant, et, presque aussitôt, de la mort de la mère.
ioo UNE AME DE GRANDE DAME
« Madame,
a II y a depuis ce matin dans le monde une française de plus qui se nomme Madeleine Veuillot. Gomme son seigneur et père, j'ose dire qu'elle est votre humble servante. Elle est venue doucement, sans vacarme, en personne qui n'est pas sans avoir quelque chose à se faire pardonner. Vous savez qu'elle devait être un garçon. Le cœur d'un père ne saurait être bien farouche; cette discrétion m'a tout à fait attendri. Priez, Madame, pour la petite Madeleine. La voilà sortie du néant que Bossuet appelle la première tombe pour aller, à travers bien des ronces et des épines, chercher un autre tombeau. Elle a besoin de la grâce de Dieu ; vous qui l'avez, demandez-la pour elle. Je l'estimerai bien heureuse, quoi qu'il arrive, si elle a au fond du cœur ce calme et cette piété qui fleurissent dans vos regards et dans votre sourire.
« Agréez, Madame, mes sentiments aussi respectueux que dévoués,
« Louis Veuillot.
« 19 novembre i852. »
« Paris, 26 novembre i852.
(( Chère Madame,
« Cette pauvre petite dont je vous annonçais la naissance il y a quelques jours est maintenant orpheline. Elle ne verra jamais sa sainte mère en ce monde et elle saura qu'elle lui a coûté la vie. Pour moi, Madame, ma douleur est inexprimable. Je sais maintenant comment un pauvre cœur peut être déchiré. J'ai eu cependant la consolation profonde de voir cette chère créature mourir comme elle a vécu, avec douceur, avec piété, priant presque dans le délire. J'espère bien qu'elle a trouvé grâce devant Dieu, mais dans ces moments solennels, où nous nous examinons nousmêmes avec une rigueur sincère, nous avons lieu de craindre sa sévérité. Accordez un souvenir à cette âme que vous n'avez pas connue, mais qui était digne de vos plus tendres sympathies.
« Je suis, Madame, votre très humble et très obéissant serviteur,
u Louis Yelillot.
« Jeudi matin. »
Montalembert ne fut pas le dernier à dire à Louis Veuillot sa sympathie chrétienne : « Malgré tout ce qui nous sépare en ce moment, vous ne sauriez douter de la profonde et fraternelle compassion que m'inspire votre malheur. Il a plu au Seigneur de vous infliger la plus cruelle épreuve qui puisse atteindre un chrétien ici-bas. Mais il lui a plu aussi de vous donner d'avance la force et la consolation qu'il réserve aux soldats intrépides de sa cause. Bien des voix vont lui demander d'étendre sa droite sur vos pauvres enfants et d'inonder de ses grâces votre cœur désolé. Vous me permettrez d'y joindre la mienne et de vous offrir comme autrefois et plus que jamais l'assurance de ma cordiale sympathie,
« Ch. de Montalembert.
« 26 novembre i852. »
Remarquez la date et l'empressement de Montalembert. Eugène Veuillot, qui donne cette lettre dans la Vie de son frère, n'a pas de peine à nous convaincre qu'elle fut pour Louis un soulagement. Deux jours après,
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c'était Mme de Montalembert qui prenait la plume (i); puis l'auteur du Récit d'une Sœur, Mme Craven, née Pauline de la Ferronnays, dont il est question dans la lettre suivante :
« Paris, 28 décembre i85a.
« Madame,
u Voici la lettre de M,ue Craven, et une autre que je lui écris et que je vous prie de lui faire parvenir. La réimpression de son charmant petit ouvrage ne coûtera qu'une bagatelle : cent francs pour mille exemplaires, et quarante ou cinquante pour chaque mille en plus.
« J'avais prévu que vous seriez fâchée de me voir revenir à M. de Montalembert, et j'ai bien hésité avant de reprendre ce travail; mais on m'en a fait une obligation en me disant que je n'avais pas le droit de suivre mes convenances personnelles, et que la vérité importait plus que mes alten- <lii>scments ou que ma douleur. J'ai trouvé qu'on avait raison. J'espère bien qu'à cela
1. Louis VeuiUot, par Eugène Vcuillot, tome II, p. 5ao-5ar, Paris, Retaux, 1901.
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près vous n'avez rien vu à reprendre dans la manière. J'ai encore un ou deux articles à faire; mais M. de Montalembert n'y sera pas même nommé.
« Adieu, Madame, ayez pour moi toute l'indulgence possible; je suis toujours bien malheureux,
« Louis Veuillot.
« 28 décembre i852. »
Nous pensons qu'il s'agit là de la réponse faite par Louis Veuillot à la brochure de Montalembert : Des Intérêts catholiques au XIXe siècle.
Durant un séjour à Compiègne, en septembre i853, Mme Thayer se cassa la jambe dans une chasse à courre. L'impératrice, sachant qu'elle chevauchait à merveille, lui avait réservé une jument fort belle, mais difficile et qui piaffait. On force le cerf qui se réfugie au fond d'une cour. Cavaliers, piétons, voitures, tout se précipite. Mme Thayer arrive l'une des premières. Près d'un char à bancs, son cheval se cabre, puis, retombant à terre, presse
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la jambe de l'amazone contre la roue.
On entend un craquement qui fait pousser des cris, non pas à Mme Thayer, mais à ses voisins. « Que vous est-il arrivé? lui demande-t-on. — Il m'est arrivé que j'ai la jambe cassée. — Est-ce possible ! — Descendez-moi de cheval et vous verrez. » On la descend et, se tenant sur une jambe, elle essaie de remuer l'autre. Quelques dames se trouvent mal. Mme Thayer, comme impassible, se laisse porter sur un brancard. L'impératrice elle-même fit le premier pansement. Les autres furent si malheureux que, ramenée à Paris, il fallut lui briser la jambe une seconde fois pour tout remettre en place et l'empêcher de boiter toute sa vie. Cela fit du bruit dans les journaux. Quand une année plus tard elle retourna au théâtre, tous les yeux se braquèrent sur elle : « Il faut, disaitelle dans son agenda, se casser une jambe pour attirer à ce point les regards de ces Parisiens. » Louis Veuillot sollicite de M. Thayer une audience et il en prulile pour une des œuvres de sa charité coutumière :
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« Cher Monsieur,
« J'ai fait votre commission auprès de La Tour. N'oubliez pas la mienne auprès de Madame ïhayer. Je sollicite d'être reçu lorsqu'elle pourra recevoir, et je m'offre comme lecteur. Je ne suis pas très habile, mais je ferai de mon mieux.
a Je vous recommande mon juif baptisé.
J'ai de très bons renseignements sur lui. J'ai formé en sa faveur un plan qui m'a paru bien ambitieux : c'est de lui monter un commerce. J'ai déjà trente francs passés, et il m'en faut cinquante. Voyez ce que votre bon cœur peut faire pour nous pousser jusque-là.
« Votre bien dévoué,
u Louis Veuillot.
« Paris, 24 octobre i853. »
L'Univers soutint vigoureusement la politique de l'Empire dans la question d'Orient et il fut, en ce temps-là, comme on dit, bien en cour.
LA FILLE DU GÉNÉRAL BERTRAND 107 « Paris, 19 décembre i853.