SCÈNE III
ROCHESTER, GR. 4 MONT, MUSKERRY, PETERS, Seigneurs,
MADAME DE CASTELMAINE, puis ANNA, pois on Page.
Tout le monde salue madame de Caslelmaine.
MADAME DE CASTELMAINE
Bonjour, milords!... Eh mais I que vois-je ?... Lord Muskerryf... par quel miracle? Vous avez donc quitté Summer- Hill ? ... et voire Femme?
MUSKERRY, reprenant son ton dolent.
Hélas! madame'...
ROCHESTER, interrompant Moskcrry et du même ton que lui.
Oui, elle est un peu souffrante, et... par prudence... nous l’avons laissée à Sumuier-Hill !... (gaiement) mais milord aime mieux parler d'autre chose.
MADAME DE CASTEl.MAINE.
Ah ! cette pauvre amie!... (Changeant de ton, à Rochesler.) Eh bien, 'milord?... votre ballet?...
ROCHESTER
11 n’attend plus que les tournoiements, les effacements et les oppositions de M. Jacob Hall, madame.
MADAME DE CASTELMAINE, so tournant 'vors Peters, en souriant.
Vous souffrez qu’on chasse sur vos terres, monsieur?...
ROCHESTER
Oh ! il se consolera en chassant tur celles des autres.
MUSKERRY', h part.
Est-ce pour moi qu’il dit cela ?...
GRAMONT, h madame de Castelmaino qui s’éloigne.
Vous nous quittez, madame?
MADAME DE CASTELMAINE
Mon service" m’appelle chez la reine, chevalier I... je reviendrai. (Anna est entrée en scène pendant les derniers mots de madame de Castelmaino.)
ANNA
Vous pouvez vous dispenser d’aller chez Sa Majesté, madame !... La reine est en prières, et désire être seule...
MADAME J)E CASTELMAINE
Est-ce Sa Majesté qui vous charge de me transmettre ses ordres, mademoiselle?
ANNA
Oui, madame !... (On entoure Anna qni s’assied et prend une broderie; madame de Castelmaine reste seule de l’autre côté du théâtre arec Peters.)
MADAME DE CASTELMAINE, h part.
' Quel empressement!... Ne dirait-on pas qu’elle commande déjà ici en souveraine maîtresse! (a Peters qui s’approche d’elle.) Couiuimenl, monsieur Jacob Hall, c'est encore à moi que vous portez vos hommages 1 (Elle s’assied.)
PETERS, h demi-voix.
Je ne sais pas changer, madame.
MADAME DE CASTELMAINE
C’est une constance dont je dois vous savoir gré sans doute; car vous le voyez, le zèle des serviteurs suit l’amour du maître. Mademoiselle Stewart ne se drapait pas dans sa vertu du moins. /
PETERS
Voulez-vous que je vous venge?
MADAME DE CASTELMAINE
Comment? (Peters sans répondie se rapproche du groupe qui entoure Anna.)
ROCIlESTElt, poursuivant one conversation commencée avec Anna.
Ahl miss Wilson! un simple rôle de statue.
Ni celui-là, ni d’autres, milord I je vous assure que j’y serais fort gauche !...
PETERS
Vous ne vous rendez pas justice, mademoiselle.
ANNA, d’un ton glacial.
Monsieur?
PETERS
Je disque votre modestie vous aveugle. Avec cette taille souple et gracieuse, ces bras arrondis, ce pied fin et cambré, vous étiez vraiment ni-e pour la danse.
ANNA, à Rochcster.
Vous voyez à quoi vous m’exposez, milord?
PETERS
A quoi donc?
ANNA
Mais... à voire admiration, monsieur 1
PETERS
Il est vrai que je ne suis pas d’un rang à la faire agréer.