‹ La fille du Tintoret drame en cinq actes et six tableauxChapitre 6 sur 67 · PREMIER OUVRIER · texte numérisé non relu

PREMIER OUVRIER

Tout est prêt.

ANDREA

C'est bien, allez. Je dirai à Monseigneur que je suis content de vous, (aux dome*tiqu«i.) Et vous, à vos postes. Qu’on se cache et qu’on se taise. (Les ouvriers sortent par le fond, taudis que les domestiques disparaissent dans la galerie supérieure. Deux ou trois seulement restent eu vedette à la porte du tond.)

SPALATR1.

Pourquoi ces ouvriers? Pourquoi ces domestiques? Pourquoi tout ce mystère?.. Où sommes-nous donc?

ANDREA

Dans l’atelier de Valerio!..

SPALATRI.

Je vais de surprise en surprise : il est incroyable qu’on ne puisse pas quitter son pays trois mois sans y retrouver tout bouleversé... Voyons, quand je suis parti, Valerio, élève du Tintoret, n’avait pas d’autre demeure que celle du peintre. Le bruit courait même dans Venise que Marietta, la fille du Tintorel, avait remarqué les beaux yeux, la jambe fine et la tournure élégante du jeune mosaïste.

ANDREA

C’est vrai. ~

SPALATRI.

Comment se fait-il donc que Valerio ait quitté la maison du Tintoret pour venir vivre dans cet atelier?

ANDREA

Découragement d’artiste, mon cher, désespoir d’amoureux ! Convaincu que, malgré ses efforts, il n’aurait jamais assez de talent pour être digne de Marietta, il a dit adieu au père et il est venu cacher ici sa pauvreté, ses larmes, scs espérances peutêtre.

SPALATRI.

Tout cela ne m’explique guère ta présence mystérieuse et les projets de monseigneur Pierre d’Arezzo.

ANDREA

Plus bas... apprends que d’Arezzo a conçu pour Marietta une de ces passions à qui rien ne résiste t or, comme il sait que Valerio est secrètement aimé de la jeune fille, il a résolu de se débarrasser de son rival.

SPALATRI.

Le fait-il noyer ou poignarder?

* ANDREA

11 a trouvé mieux...

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