‹ La fille mal élevéeChapitre 25 sur 34 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

ANNETTE , /j./w RAY3I0ND.

ANNETTE, à la cardonnade. Je vais donc prévenir M. Raymond que vous désirez lui parler, et qu'il vous attende au salon. {Aniount en scène.) jMa foi , j'ai tout raconté à madame... aveciaque mademoiselle Fanny ne se gène pas pour rire au nez des gens à propos de rien hier encore , pour une simple politesse que Bertrand m'adresse en passant enfin , il

n'y avait pas de mal — elle a ri.... mais ri , d'une manière tout-à-fait intempestive... on n'aurait qu'à s'aller figurer....

quelque chose pourtant aussi , je ne

l'ai pas ménagée mais voici justement

j\L Raymond.

n.AYMOND , pensif, entrant et s'asseyant sur le canapé.) Aii ! si l'on pouvait me

dire que je me suis trompé que c'est

un rêve que j'ai fait... mais non... malheuieusement j'ai vu... j'ai vu...

ANNETTE, àpart. Comme il a l'air sombre!... {Haut.) Monsieur Raymond. (^A

elle-même.) Eh bien! il ne m'entend

pas... (Haut.) iMonsieur Raymond.

RAYMOND. Ah! c'est vous , Annette?

.VNNETTE. Je Suis chargée par madame

de vous prier de l'attendre ici elle a

des clioses imjwrlantes à vous demander.

RAY.IIOND. Ah!

ANNETTE. Et VOUS devincz bien à peu près te que ce peut être.

LE MAGASIN THÉATRALK.

nAYMOND. Moi , non.

ANXETTE. Laissez donc quand on a

été témoin.... comme nous deux.,., cette

nuit.

K.WMOXD. De quoi?

ANNETTi;. Eh ! de ce que vous savez

bien.

RAYMOND. ^loi, je ne sais rien.

ANXETTE. Ca n'empèclie pas que j'ai tout dit à madame , et qu'elle désire que vous lui répétiez toutes les circoustanLCS de mon récit concernant mademoiselle

Fanny.

RAYMOND , à part. Allons , compro-

juisi;! perdue! mais ce n'est pas à

moi de l'accuser, et si je puis au contiaire... (Uniil.) ]\Iademoiselle Annettc. ANNETTE. Rlonsieur Raymond...

RAYMOND. .Te ne sais pas ce vous avez pu dire à madame de Praugey.

ANNETTE. Comment ce que j'ai pu dire... mais l'aventure donc. ..

RAYMOND. Quelle aventure? Je ne

suis au courant d'aucune aventure, moi... je n'ai rien à raconter, car je n'ai rien vu.

ANNETTE. Si c'est possible 1 Comment, monsieur, est-ce que par hasard vous voudriez me faire passer pour une personne capable d'inventer des propos?

RAYMOND. Bien fâché.

ANNETTE. Eh ! mon Dieu ! qu'est-ce que madame va penser, si je ne prouve pas ce que j'ai déclaré?

RAYMOND. Cela vous regarde.

ANNETTE. Moi qui l'ai conté dans toute la maison.

RAYMOND. Tant pis pour vous.

ANNETTE. Couuncnt ! je n'ai pas vu mademoiselle Fanny prendre la main d'un beau jeune lionnne et l'emmener vite, au moment où je suis arrivée?... où vous-même... car c'était bien vous. . vous avez vu aussi Ijien que moi...

RAYMOND, trcs-Jrotdcment. Moi... rien

du tout.

ANNETTE. Oh I mais avec votre sangfroid vous nu; feriez douter de moi-même.

RAYMOND , iiir If inànc lun. Vous ne leriez peut-être pas si mal.

ANNETTE. S'il ne s"a;',issait pas île madeinoiscUe l'amiy encore !.... et même si (;'était la prt'mière fois qu'elle eût donné

à jaser. ,

RAYMOND, <' fHirl- Olil uion Dieu

(Use lève, et s'approi:hantd'Anncllc.) Vous

dites?...

ANNETTE, continuant. iMais quand on aime tant à dessiner des militaires...

RAYMOND. Des militaires... Fanny!

ANNETTE. Quand on en a plein sou al-

bum... il est impossible que je inc trompe. .. et puisque vous refusez de parler... eh bien ! nous verrons si je ne parviendrai pas toute seule à dévisager les choses et à faire éclater la vérité.

(Elle sarteiiinurmurantloujoursijuclqtics paroles.)

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