LE PETIT- FILS
La comtesse courut à son mari, le prit par la main et, l'amenant an milieu du salon :
— Monsieur le comte, s'écria-t-elle d'une voix vibrante, les yeux étincelanls de joie, nous ne sommes plus seuls au monde, votre nom ne s'éteindra pas, il nous reste un enfant, un fîls !
Le comte regarda sa femme avec une douloureuse surprise; il crut un instant qu'elle avait perdu la raison.
— Ah ! vous ne pouvez pas me croire, reprit-elle, c'est un miracle que Dieu a fait pour nous, monsieur le comte.
— Au nom du ciel, expliquez-vous, dit le comte d'une voix tremblante.
— Vous allez me comprendre : lorsque la pauvre Lucile s'est enfuie de la maison de son père, elle allait être mère.
— Alors, alors?...
— Son enfant existe, monsieur le comte, il est à Paris ; c'est ce brave et honnête homme qui l'a élevé. Ah ! vous pouvez le remercier, car il a été à la hauteur de la mission que la Providence lui a coniiée : giàcc à sou travail, à sou dévouement, le pauvre orphelin a re<;u une