L*HÉRITIER
Ici c*est la vieille abbaye fondée par ArchamJbault de Gomboin, le Glandier, qui saccagée en 93 fut vendue à vil prix. Le premier occupant finit mal et le second propriétaire n'eut guère plus de chance ; il épousa Marie Cappelle.
Là, à quelques lieues à peine, une abbaye de Chartreux est profanée également. Tous ceux qui se succèdent là-dedans meurent d'une mort tragique. Le dernier possesseur, qu'on croyait riche, épouse une jeune fille portant un des beaux noms de l'ancienne France, le nom d'une famille ducale qui fut célèbre par un quatrain ; il a d'elle deux enfants : un fils et une fille. Le fils s^engage, est envoyé dans les compagnies de discipline et fusillé quelque temps après ; la fille, après une série d'aventures bizarres, finit par épouser l'horloger Pel I
Si des catastrophes, des malheurs extraordinaires ont frappé un grand nombre de familles dont les chefs avaient ramassé leurs titres de propriété dans le panier de son sanglant des échafauds, d'autres ont prospéré, réservés peutêtre à^des châtiments plus terribles ; re maie quaesita non gaudet tertius hœres.
Peu à peu, les descendants des Brutus et des Scœvola en arrivèrent à se persuader qu'ils occupaient le château de père en fils depuis des siècles, ils ajoutèrent à leur nom le nom de la propriété, ils invitèrent le curé, firent du bien, habillèrent les enfants pauvres pour la première communion.
En certains pays comme la Bretagne ce sont les descendants de Terroristes qui sont maintenant les champions du trône et de l'autel. C'est là un des faits les plus curieux qui se puissent voir.
Nulle part plus que dans ces régions, où tout est immuable, les scènes de la Révolution n'apparaissent plus saisissantes encore. Dans le grand silence qui enveloppe cette terre il semble entendre toujours une dernière rumeur d'événements terribles et qu'une bataille ou une exécution en masse ait eu lieu là la veille. Sans efl^orts d'imagination, l'esprit ressus-
12 LA FIN d'un MONDB
cite la Chouannerie, la vie nocturne, le cri de la hulette servant d'appel, le signal donné en passant près d'une chaumière avec un sifflement, la nature elle-même faisant corps avec l'homme qui combat pour son foyer, le prévenant, le protégeant, le cachant...
En marchant le long delà grève, dans la poussière blanche et fine qui conduit à Plouharnel, en traversant Saint-Golomban, un villa«^e à demi sauvage perché sur la falaise, où Ton vous montre encore la pierre sur laquelle M^ de Hercé a dit la messe à l'armée royale, on assiste véritablement au drame de Quiberon, comme s'il se passait sous vos yeux. Au champ des Martyrs, près duquel le Loch roule ses eaux chantantes, il semble voir passer des ombres héroïques dans le murmure des mélèzes et des sapins toujours verts.
Sur tout le pays, autour de la chaumière de Rerleano, plane la figure vaillante de Georges, de ses parents, de ses compagnons. C'est Mercier la Vendée, c'est Julien, le frère de Cadoudal, un barde beau comme le jour. Il avait jeté le fusil et il était revenu travailler aux champs ; on Tarrêle, au mépris de la foi jurée, tandis qu'il tenait encore le manche de sa charrue, et les gendarmes, qui devaient, lui dirent-ils, le transporter à Auray, le fusillèrent en route... Dans la dernière nuit qu'il passa en prison, il composa un lied que les jeunes filles des environs d'Auray chantent encore en souvenir du jeune martyr.
Rien de doux et de touchant comme cette pastorale dans une Iliade, ce aonnet mami dans lequel le guerrier intrépide, redevenu laboureur, évoque, au fond d'un cachot, tous les souvenirs de la vie des champs. Toute la Chouannerie est là dans sa poésie tendre et forte, âmes ,d enfants, cœurs de héros :
Er prison p'en don entraet Er basse los è on taulet
M'en e ma oueit me brer Jozon Que n'er hlenan quet mui e son ?
L*HÉRITIBR 13
M*eD e ma oueit me houer Marie Que n'er guelan quel drè en ty 7
M'en e ma oueit parken me zad Ma ven et hai e labourât
M'en e ma oueit roused me zad £ gassent d'er prad de vouitat ?
A pe4ne suis-je entré dans la prison Qu on me jette dans un noir cachot
Où est allé mon frère Joseph Puisque je ne Tentends plus chanter?
Où est allée ma sœur Marie
Puisque je ne la vois plus dans la maison 7
Que sont devenus les champs de mon père Que je labourais autrefois ?
Les chevaux de mon père que je menais paître A la prairie, où sont-ils allés 7
Quel beau plébéien que ce Georges que fait revivre, dans tonte sa grandiose simplicité, le livre que vient de publier, son neveu, Georges deCadoudal! Il n*a tenu qu'à lui de vivre, d'être colonel dans la première armée de TEurope, et cet homme au cou sanguin, dans lequel la vie surabonde, se résigne à la mort, il ne veut pas abandonner ses fidèles Bretons. En quels termes il leur parle, dans la cour du Temple, au moment du départ pour la Conciergerie i
< Quand vous ne vous sentirez pas assez forts en vous-mêmes, regardez-moi, songez que je suis avec vous; songez que mon sort sera le vôtre; oui, mes chers enfants, nous ne pouvons pas avoir un sort différent, et c'est là ce qui doit nous encourager, ce qui embellit notre position. Soyez donc doux et indulgents les uns pour les autres; redoublez d'égards, que des chances communes donnent une force nouvelle à vos affections. Point de regards en arrière, nous sommes où nous sommes, nous sommes ce que Dieu a voulu que nous soyons ; en mourant faisons des vœux pour que notre Patrie, arra-
ikr:^
chée au joug qui pèse sur elle, redevienne heureuse sous le sceptre paternel des Bourbons. N'oubliez jamais que cette prison que nous allons quitter est celle d'où Louis XVI ne sortit que pour aller à la mort; que son sublime exemple vous éclaire et vous guide i »
Dans sa prison ce grand soldat de la France et du Christ faisait dire matin et soir la prière à ses compagnons, il jeûnait les jours prescrits par l'Eglise, et, le 25 juin 1804, quand le couperet tomba et sépara de ce corps robuste cette grosse tête aux cheveux bouclés, le couperet interrompit les derniers mots de la Salutation angélique que Georges récitait encore en montant à Féchafaud...
N'est-il point vrai que tout cela vous a une surhumaine grandeur et n'est-ce point une singulière idée, pour un pays qui a été le théâtre d'une épopée pareille, que de choisir pour représenter le principe monarchique les descendants de gens qui coupaient les têtes en 93 ?
Quand des Bretons bretonnants me signalèrent ces choix bizarres, je fus surpris, je l'avoue, et presque incrédule. Rien cependant n'est plus exact.
Ambroise-Jacques Mathieu Garadec, fils de Jacques-François, avocat, demeurant à Vannes, sur la paroisse de Saint- Patern, grand-père de M. Albert-Marie-Ambroise Garadec, avocat, qui représente aujourd'hui à la Ghambre la patrie de Gadoudal, n'était point, à la Révolution, parmi les héros accoilrus à l'appel des recteurs pour défendre les sanctuaires profanés. Il entra, il est vrai, à cette époque, à la cathédrale de Vannes, mais ce fut quand les révolutionnaires y tenaient un simulacre d'assemblée électorale, pour y briguer et y obtenir les fonctions d'dccusateur public qu'il changea ensuite contre celles de juge au tribunal du district de Vannes.
Président des Amis de la Constitution à Vannes, ce Garadec, peu tendre pour les nobles et les prêtres, ne fut point endormi, après les exécutions, à se saisir des biens qui lui parurent à sa convenance. Si le oetit-ûls est un conservateur
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ardent, le grand-père était un acquéreur zélé et les membres les plus affamés des groupes anarchistes, ceux du Tocsin, de V Aiguille^ du Glaive, les Cœurs de chêne eux-mêmes, se contenteraient certainement du lopin qu'il s'adjugea.
Il prit aux Carmélites de Nazareth trois tenues au bourg de Plescop, les moulins à eau de Beaudet aux de Robien, et d'innombrables tenues sises à Pontscorff, à Ploërmel, à Mongonet, à Plougoumelen, à Rumengol, et appartenant aux Jacquelot de Boisrouvray, aux Bourgneuf, aux Gicquel du Nedo, aux Lambilly. Il en prit ainsi pour 400,880 francs, qui lui coûtèrent une poignée d'assignats, car vous devinez qu'on ne discutait pas avec M. l'accusateur public, et que les gens qu'on avait guillotinés ou qui étaient en train de se battre n'étaient pas là pour faire valoir leurs droits *.
Le citoyen Guillo (Jean- Vincent), grand-père de M. Guillo du Bodan, qui pousserait des cris d'aigle si l'on voulait toucher au principe sacré de la propriété, ne rejoignit pas davantage les Chouans qui tenaient la campagne; mais, profondément afTecté, sans doute, de tout ce qui se passait, il se consola du malheur des temps en opérant une véritable razzia de biens d'Eglise. La métairie, pourpris et bois de Kemipitur appartenant aux Dominicains de Vannes, la métairie de Monsterian aux Carmélites de Nazareth, les marais salants de Pusmain à l'abbaye de Saint-Gildas-de-Rhuys, où Abailard fut prieur 3, tout lui sembla bon et il prit tout.
* Un journal de Bretagne, le Droit monarchique^ publia, à la date du 1" octobre 1885 la liste complète de ces acquisitions qui tient tout une page du journal.
* A côté de familles bourgeoises s'élevant sur la spoliation, on trouve des repentirs touchants, des luttes de conscience émouvantes chez certains acquéreurs de biens d'Eglise. Un brave homme du nom de Lange s'était laissé aller à achètera Sarzeuu, dans la presqu'île de Rhuys, un couvent de Trinitaircs et il était venu habiter là. Toutes les nuits, le malheureux apercevait des revenants sous ta forme de moutons blancs qui lui rappelaient l'habit des anciens Trinitaires; il voyait des moutons dans les cours où l'herbe poussait, dans les longs corridors où le vent de la mer s'engouffrait, dans les cellulesoù de saints religieuxavaient si longtemps médité et prié. Plus scrupuleux que les députés du
M. .t .Vi'..^-
Il faut croire que le bisaïeul de Lamarzelle (Alexis-Louis- Julien -Eléonore) était encore plus désolé que les autres de voir son Roi traîné au supplice, les autels renversés, les plus honnêtes gens obligés de fuir, car il acheta à lui seul pour 866,661 francs de biens nationaux, biens d'émigrés et biens d'Eglise assortis. Il eut, pour quelques vignettes surmontées du bonnet phrygien, les métairies, les moulins à eau, les moulins à vent, les prairies des Champion de Cicé, de la duchesse de Dugucsclin, des Mayon de la Lande, des Gueshn de Lavau^uyon, des Rohan-Guemené ; il y joignit les taillis, prés, p<^tures, maisons, jardins, terres, landes du prieuré de Saint-Martin-de-Josselin, des Chartreux et des Cordeliers d'Auray. 11 lui eût été difficile de débourser beaucoup d'argent pour ces acquisitions, puisque de 1794 à 1805 nous le trouvons employé dans les bureaux du département comme chef du bureau des Emigrés et des Biens nationaux, aux appointements de 1,500 puis de 2,100 francs. Sous le premier Empire, il devint maire de Vannes.
Pour mériter cette fortune, les meneurs du parti révolutionnaire dans le Morbihan n'épargnèrent pas leurs soins. Nous avons de la conduite tenue par eux pendant la Terreur un témoignage qui n'est pas doutoux — le leur.
Prieur de la Marne, envoyé en mission à Vannes, jugea à propos de mettre en arrestation Caradec et les autres fonctionnaires du département. Il prétendit « que les pauvres avaient épanché dans son sein leurs chagrins secrets et déposé l'aveu des oppressions dont ils étaient victimes ». Ces pauvres, toujours d'après Prieur de la Marne, « repoussés avec dédain par la morgue administrative et municipde de
Morbihan, notre homme n'y tint plus; il céda la propriété mal acquise à la con^réf^ation de Picpus, et, le jour même où la vente fut signée, il sentit une paix profonde descendre en lui, il ne vit phis de moutons blancs, il se promena tranquille à travers les ruines et mourut comme un saint dans le vieux couvent.
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leurs magistrats, s'étaient adressés à lenr représentant poui demander justice ^ ».
La question du ravitaillement, qui joua un si ^rand rôle dans le Paris du siège, parait surtout avoir aigri les esprits contre l'a municipalité de Vannes à une époque où la famine était partout. Les frères et amis trouvaient que leurs administrateurs se ravitaillaient vraiment trop complètement de toutes les façons. < De bons Sans-Culottes m'entourent, dit Prieur, ils m'apprennent qu'ils ont été rejetés des assemblées populaires, de la Société même qui devait ouvrir son sein au peuple et n'exister que par lui, qu'ils ont été la proie de Fagiotage toléré par l'administration, que leurs magistrats ont été eux-mêmes des accapareurs d'argent, que des femmes de municipaux et de receveurs avaient pour une pièce de vingt-quatre sous au marché, ce que ne pouvaient pas avoir pour neuf livres en assignats les femmes de la classe des pauvres. »
Caradec et ses amis affirmèrent, dans un Bl^moire justifieatif*, qu'ils étaient plus Sans-Gulottes encore que leurs accu-
* Rapport des opérations faites à Vannes par Prieur (de la Marne}, représentant du peuple, avec Marc-Antoine Jullien, commissaire du Salut public de la Convention nationale.
* Ce Mémoire justificatif fut imprimé en 1794 en une brochure de 39 pa^es, à l'imprimerie J.-M. Galles. Il est aujourd'hui presque introuvable, car les familles ont fait disparaître depuis tous les exemplaires qu'on a pu découvrir. Toutes ces familles touchaient plus ou moins à la Franc-MaçonL;irie. 11 y a (Quelques années, un journaliste naïf et plein d'enUiousiasme, qui défendait vaillamment la cause légitimiste en BretaKoe, vint trouver triomphalement de Biun. « — J'ai entre les mains, dit-il, un document du plus haut intérêt ; pour obéir au dernier vœu d'un mourant, un prêtre m'a remis, afîn de la publier, la liste complète de tous les Francs-Maçons de Rreta^ne ; désormais on combattra à armes loyales et nous saurons ceux qui sont pour l'Ef^lise et ceux oui sont contre elle. ~ Diable ! dit de Mun, qui a le sentiment aes situations, cela demande réflexion. Il faut réunir la députation du département. »
La députation fut convoquée à l'hêtel de France, et le journaliste, qui s^atiendait à être couvert de fleurs, vit avec étonnement les AKures s'allonger. Caradec avoua qu'il n'était pas sans attaches avec la Kranc-Maçonnerie et Lorois, le frère du député actuel, rouge comme une mariée, prit à part notre confrère et
sateurs ; ils protestèrent bien haut de leur civisme et revendiquèrent, comme un titre de gloire, la responsabilité d*actes qui étaient tout simplement atroces. C'était eux qui, les premiers, avaient offert une récompense de 60 livres à qui arrêterait un prêtre. « Après la fuite du Tyran ils s'étaient réunis pour prêter ensemble le serment du 10 Août, pour proscrire la Royauté et pour voter la mort de Capet. »
Si le malheureux Louis XVI n'avait pu obtenir de sursis, Garadec et les autres administrateurs se flattaient d'y avoir contribué pour leur part.
Pendant les discussions sur le jugement de Capet, Tadministration du département avait écrit, le 11 janvier, à "la députation du Morbihan : < Nous craignons que la Convention n'adopte l'avis qui lui a été proposé de renvoyer le jugement de Capet aux assemblées primaires. Ce jugement produirait le plus mauvais effet. Les mauvais citoyens afflueront dans ces assemblées et voudront sauver le Tyran. Que la Convention statue elle-même ; le renvoi au peuple ne peut que compromettre la sûreté publique et tendre à sauver un monstre coupable de la mort de tant de bons citoyens. » Et l'administration était en cela l'interprète des autres autorités constituées et de tous les patriotes du département. Bientôt après et, avant que le jugement fût connu, les autorités constituées et les patriotes de Vannes appelés au sein de l'administration votèrent en séance publique la mort du Tyran par une adresse qui fut lue et applaudie dans la Convention.
lui confessa qu'il était lowton et qu'il avait fait partie d'une loge de Vannes. La liste, bien entendu, ne fut jamais publiée.
Sur la liste des Francs-Maçons de Vannes, en 1816, figure Âlexis-Louis-Julien-Elèonore de La Marzelle m : M.*., ex-maire de Vannes, membre du collège électoral du département. •
Le règlement particulier de la R.*. L.*. saint Jean, dûment constituée à l'Or.*, (le Vannes, sous le titre distinctif de la Philanthropie et les arts, publié à Vannes en 1816, renferme « un tableau des officiers dignitaires et membres » de cette loge à cette époque. Dans ce tableau, on lit : « Garadec (Ambroise Jacques-Mathurin) Aum.*. hosp.*. ; S. P. R. C, ex-conseiller de préfecture et membre du conseil électoral du département, » Notre hoinirie était donc un des dignitaires de cette loge : Aumônierhospitalier et de plus Souverain Prince Rose Croix.
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Au bas de ce Mémoire justificatif on trouve les noms portés par trois des représentants actuels du Morbihan : Garadec, du Bodan, Martine
N'est-ce pas joli ce spectacle pour qui sait tout voir avec Bn regard indépendant et légèrement sceptique vis-à-vis de ce qui est exclusivement humain ?
Le Celte, cet étemel malchanceux de l'histoire, a versé inutilement son sang une fois de plus et on lui a enlevé jusqu'à la poésie de son sacrifice. Les Jacobins ne se sont pas contentés de se qiettre dans la propriété de ceux qu'ils égorgeaient, ils se sont mis encore dans leur légende ^.
Oh 1 la mystification des choses, le démenti railleur donné par les faits à certaines attitudes et, que de fois, sans se perdre en colères vaines, on se prend à répéter l'invocation que Proudhon adressait à la déesse Ironie, à Tlronie libératrice, à la fin de sa Confession d'un révolutionnaire, écrite à Sainte-Pélagie.
Ironie, vraie liberté I C'est toi qui me délivre de l'ambition du pouvoir, de la servitude des partis, du respect de la routme, du pédantîsme de la science, de l'admiration des grands personnages, des mystifications de la politique, du ranatisme des réformateurs, de la superstition de ce grand univers et de l'adoration de moi-même. Tu te révélas jadis au Sage sur le trône quand il s'écria, à la vue de ce monde où il ngurait comme un demi-dieu : Vanité des vanités ! tu
•Le ^rand-père du députe actuel, Martin (d'Auray), Jacques- Louis Martin, était originaire de Gaen. Il fut un des fondateurs de la Société des Amis de la Constitution à Auray, et, à la séance du 4 janvier 1793, il fut même élu pour y remplir les fonctions de secrétaire suppléant.
Président du directoire du district d'Auray (1792-1793), il fut destitué en octobre 1793 par Prieur de la Marne, mais non incarcéré comme les administrateurs de Vannes. Le 8 septembre 1794, il signa son adhésion au Mémoire justificatif, et cette adhésion est publiée à la suite de ce Mémoire, Il mourut à Auray le 5 mars 1797.
* M. de Lamarzelle s'écriait, sans rire, à un congrès catholique de Nantes : « Nos pères ont lutté comme des héros et le souvenir de leurs exploits est toujours vivant. »
20 LA PIN d'un monde
fus le démon familier du philosophe quand il démasqua du même coup et le dogmatiste, et le sophiste, et rhypocriie, et Tathée, et VépicurieD, et le cynique ; tu consolas le Juste expirant quand il pria sur la croix pour ses bourreaux : « Pardonnez-leur, mon père, car ils ne savent ce qu'ils font 1 »
Ironie ! Ironie 1
0 Bretons à cheveux longs, quand vous tombiez au coin des haies et que vous jonchiez les landes de vos cadavres et que vos mères et vos sœurs tendaient le cou au rasoir national, qui vous eût dit que la Chouannerie serait personnifiée à la Chambre par les fils de ceux qui tenaient le rasoir! 0 vieux prêtres au cœur ingénu qui marchiez auprès des gars de vos paroisses, pour les réconforter dans les batailles, qui vous eût dit que la catholique Bretagne enverrait un jour des lowtons au Parlement de Paris M 0 Georges 1 qui vous eût dit
* Il paraît que la responsabilité de ces choix bizarres revient en partie à M. de Lambilly, grand électeur dans le département et qui, sans être un mauvais homme, est très vaniteux, très accessible aux intrigants et très facile & mener quand on sait le prendre.
Aux élections de 1885 ces antécédents furent rappelés, et, pour recommander des députés dans le pays qui a pris part à la Guerre des géants, on osa dire que les pères de ces étranges candidats étaient excusables parce qu'ils avaient eu une peur effroyable.
M. de Rorthays, ancien préfet du Morbihan, devenu journaliste, publia à cette occasion un très éloquent article.
« Non, mille fois non, s'écria-t-il, nous n'avons jamais admis, nous n'a<i mettrons jamais qu'avoir été affolé par la Terreur et avoir hurlé avec les loups pour ne pas être dévoré par eux, puisse être invoqué comme une excuse à la décharge de ceux qui se sont associés aux crimes de 1793. Pour ma part, je le déclare hautement, s'il me fallait choisir, ]e préférerais encore le sectaire au lâche. »
A propos d'une magistrale étude sur Quiberon publiée dans la Revue des Detur- AI ondes par notre pauvre et cher ami, Albert Du ru y, M. de Rorthays qui avait eu un des siens tusillé par les soldats de la Convention, au mépris de la capitulation, se trouva amené à constater que Lanjuinais, l'aïeul d'un autre député du Morbihan, avait eu une responsabilité indirecte dans le massacre en épouvantant M"** TalUen des accusations de modérantisme portées contre son mari.
Le lait est tout au long rapporté, d'après le témoignage formel
^ j.'-.'ti ';Lt. .1r'
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que les héritiers de votre épopée seraient les descendants de ceux qui écrivaient à la Convention : « Pas d'appel et pas de sursis ! » — alors que le pauvre Gapet, songeant, dans la tour du Temple, que les siens avaient fait la France, que la France et les Bourbons étaient liés depuis des siècles comme la chair et le sang, s*obstinait à en appeler au peuple et à lui demander s'il était vrai qu'il voulût la mort de Tinnocent !
de Rouget de Tlsle, dans un volume d'Alfred Nettement : Quiberon : souvenir du Morbihan,
Sans doute, dans cette circonstance, Lanjuinais fut plus maladroit que méchant, mais avouez que, pour un pays profondément royaliste et chrétien, le Morbihan n'a pas de chances de n'avoir pour représentants, en dehors de M. Albert de Mun et du prince oe Léon, que des descendants de gens qui, volontairement ou non, ont toujours fait égorger les défenseurs de l'Eglise et de la Royauté.
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