RENTES ET VALEURS FRANÇAISES
Fin décembre JaoTier Fin décembre {«'sept. 1881 1882 1887 1888
Rente française 3 0/0 84 25 82 81 83 05
— 4i/iO/0 115 15 112 70 107 105 40
Banque de France 5750 4725 4175 3735
Crédit foncier 1785 1500 1305 1365
Banque de Paris 1305 1070 765 838 75
Crédit Lyonnais 900 750 570 617 50
Union générale 3060 500 » »
Cliemin de fur du Lvon 1757 1600 1235 1312 50
— du Nord ii90 1060 1535 15P7 50
— d'Orléans 1342 1^,40 1308 1355
Actions de Suez 3390 f 875 2060 2205
FONDS d'États étrangers
Fin décembre Janrier Fin dée. !•' sept. 1881 1882 1887 1888
Consolidés anglais 8 0/0(23/4) 99 1/2 98 102 70 MIT. 100 70
Rente hongroise 4 0/0 79 90 70 79 60 84
— italienne 5 0/0 90 35 85 95 80 96 85
— espagnole 4 0/0 ■ 63 67 75 74 80
russe 1877 5 C/O 92 70 86 100 60 102 25
— portugaise 3 0/0 54 51 58 25 65
— autricbienne (or). 4 0/0 81 78 61 10 93 50
Dette tunisienne 4 0/0 4SI 850 507 512 50
Dette égyptienne uni liée. 6 0/0 3Ci 800 870 410
La dernière forteresse de la Bourgeoisie reste le gouvernement et les Chambres. Ils sont tous là en famille, bourgeois de pied en cap. Les monarchistes se résigneraient volontiers à la République — à la condition de conserver leurs biens; les républicains ne demanderaient que Tavènement des Orléans, — à la condition de conserver leurs places. Ils échangent tous leurs pensées sur ce point dans les couloirs en des conversations pleines d'e£fusion, et ils rentrent en séance pour avoir VaiT de se combattre afin d'amuser le Peuple et de lui faire oublier qu*il meurt de faim...
Pour la Bourgeoisie, il n'y a plus qu'un être que Ton puisse exploiter en toute sûreté, car il se refait toujours avec les fonds des contribuables; c'est TEtat. La fonction, le mandat législatif, le siège de magistrat avec tous les profits annexes, le pot-de-vin, la vente d'influences, voilà l'objectif. /Ceci constitue un régime, un système qui est le même au fond, qu'il s'appelle l'Opportunisme ou le Radicalisme ; c'est toujours la République administrative et parlementaire, la grosse vache à lait bourgeoise, et la Bourgeoisie y tient. Aussi vous expliquez-vous les hurlements qu'a poussés la belle jeunesse des écoles lorsque Boulanger a paru menacer ce gouvernement où tout est vénal.
n semblait que la jeunesse universitaire dût toujours et quand même être de l'opposition ; elle avait manifesté contre cette antique monarchie des Bourbons qui tenait une si grande place en Europe, manifesté contre un roi sage qui, à défaut de gloire, donnait au pays une certaine prospérité matérielle, manifesté contre le vainqueur de Magenta et de Solferino. c Jeunesse ! jeunesse ! disaient les vieillards, vous serez donc toujours contre le gouvernement 1 > Les vieillards se trompaient. La jeunesse bourgeoise a fmi par trouver son gouvernement idéal, le gouvernement de ses rêves, le gouvernement qu'elle acclame dans la rue et qu'elle se déclare prête à défendre contre les partisans du changement. Ce gouvernement c'est le gouvernement qui s'est incarné dans Grévy» le goavemement qui a produit Wilson et laLimouzin...
48 LA FIN d'un MOIfDB
Au moment où tout Paris prolestait contre le scandaleux acquittement de l'homme qui avait vendu la croix de la Légion d'honneur, on avait annoncé que les jeunes gens des Écoles se préparaient à aller donner un ch arivari avenue dléna.
— Nos jeunes gens aller huer Wilson ! s'écria quelqu'un qui connaît bien le Quartier latin d'aujourd'hui ; mais s'ils allaient avenue d'Iéna, ce serait pour acclamer M. Gendre 1 Soyez sûrs qu'ils l'admirent beaucoup parce qu'il a gagné de l'argent.
Ce pessimiste avait raison et on le vit bien lorsque ces hommes de vingt ans, que les ignominies de Wilson avaient laissé indifférents, se réunirent en bandes pour aller insulter un général français qui avait vaillamment combattu pour la France en Italie, en Afrique, enCochinchine, sous les murs de Paris, et qui avait reçu six blessures pour la Patrie,
Pour ces Hls de la Bourgeoisie, cette République où tout est aux enchères est le gouvernement parfait. Ils rêvent d'avoir part à ces tripotages. La fameuse phrase de M^ Lente a produit sur eux l'eiTet que produisait sur la jeunesse d'autrefois quelque phrase éloquente, quelque strophe enflammée, quelque tirade passionnée. Ils méditent cela : « Connaissez-vous ce ministre qui avait fait connaissance avec les huissiers avant d'être salué par ceux d'un ministère et qui, descendu d'un sixième étage où il oubliait de payer son terme, s'est retiré dans l'opulence après quelques mois de pouvoir. »
— Hein ! tout de même l a-t-il eu de la chance, ce ministre, d'avoir volé tant d'argent après quelques mois de pouvoir l Je serai peut-être comme cela !
— Moi, j'aime mieux être magistrat. On fait des coups aussi et on est plus considéré...
Alors ils se racontent les exploits de leurs parents*.
• Ce que j'écris s'applique surtout à la coterie restreinte et bruyante qui, sous la conduite de quelques meneurs, fils de députés, de fonctionnaires, de magistrats des nouvelles couches, n'a pas craint d'afficher honteusement sa sympathie pour la République maçonnique et juive représentée par Ferry.
Le fait que ces manifestations aient pu se produire impunément dans le quartier des Écoles, démontre que la jeunesse bourgeoise est descendue bien bas, mais il faudrait désespérer
— Mon oncle était aux abois, on ne voulait même plus escompter ses billets et il était fort embarrassé de rendre des comptes de tutelle, il a enlevé Tacquittement d'Erlanger et il a 3 millions maintenant.
— Mon père n'a pas eu tant dans TafTaire de l'Union générale. Bleichrocder et Hothschild ont bien fait les choses tout de même, mais les ministres ont tout pris pour eux....
— Voilà ce que je ne comprends pas, interrompt avec une indignation généreuse un jeune homme qui sera procureur comme Loew. Dans des affaires comme cela, je voudrais que tout le monde eût sa part.
— Selon l'importance des fonctions?...
— Naturellement.
Et tous, pleins de rêves d'avenir, songent à des malpropretés colossales, à des malversations, à des concussions comme on n'en a pas encore vues, et se mettent à chanter en chœur :
Nous entrerons dans la carrière Quand nos aînés n'y seront plus.
de la France si tous les jeunes gens en étaient là. Il n'en est pas ainsi. Dieu merci ! et, tout au contraire, il s'est constitué parmi les esprits élevés et studieux, un j^roupe où Ton recherche patriotiquement le moyen de résoudre la question sociale en débarrassant la France de l'invasion sémitique.
Avant môme l'apparition de la France juive quelques jeunes gens étaient allé étudier les Juifs dans le quartier Saint-PauU aux environs de cette rue des Rosiers qui forme comme un petit ghetto dans Paris. Ils sont venus me trouver et nous avons été visiter ensemble ces cafés exclusivement peuplés de Juifs ou de Juives, ces cabarets couverts d'inscriptions hébraïques, dans lesquels on ne roange que de la viande casher^ on ne boit que des breuvages spéciaux. C'est un coin de Paris très curieux.
Au Quartier latin, l'élite intelligente est boulangiste, non par entraînement, mais parce qu'elle espère que le général mettra fin à cet odieux régime qui déshonore et qui souille tout, qui fait litière de tout ce qui a quelque prix pour une âme gêné* reuse.
M. Maurice Barrés a traduit, dans quelques articles remarquables publiés par le Figaro, le mépris de tous les êtres qui ont une valeur pour ce ramassis d'escrocs, d'ignares, de Prudhommes corrompus qui tiennent entre leurs mains visqueuses ce pays qui a été si grand.
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