LIVRE SEPTIÈME
GUERRE A l'extérieur. — BANQUEROUTE A L'iNTÉRIEUR
La situation est simple. — La loa-ione de? faits. — Grâce à sa richesse, la France pouvait espérer luiier a armes égales avec rAIIemagne. — La Franc-Maçonnerie juive, maîtresse du pouvoir, nous -enlève cette ressource et ruine la France. — La sincérité de M. Laur. — La Banqueroute fatale le jour même de la déclaration de la guerre. — Ce que devraient faire les députés conservateurs. — Le fantastique particulier de cette phase sociale. — Le désordre turc et le désordre français. — Les Guignols d'encre. — La Cour des Comptes. — Le tombeau de papier. — Les comptes de l'Exposition universelle de 1878. — La France sans marine. — Les fuites de vérités. — Quand on ne pille pas on gaspille. — La débâcle des mensonges. — Le contrôle du Sénat. — La vertu de Donnot. — Le vol à la tire au Palais-Bourbon. — Les députés qui dérobent des serviettes. — La question extérieure. — La France ne parle plus. — Bouche cousue. — M. Jules Delafosse et ses discours sur la politique extérieure. — Les vieux subornent les jeunes. — L'opinion en Allemagne. — La France attend le signal de la presse juive pour penser. — La suggestion journalistique. — Fanfaronnade ou aplatissement. — La presse française aux pieds de Frédéric IIL — Les louanges écœurantes. — WollT et Blowitz. — Les souvenirs de la guerre. — La réponse de Frédéric IIL — Les outrages et les vexations à la frontière. ^ Le gouvernement français endure tout. — La France de
Louis XIV et la France d'aujourd'hui. — Chantons le grand air de 89. — Les protestations de quelques journaux. — Les souvenirs d'un diplomate. — Herbette à Berlin.
/ Dans ses grandes lignes, la situation politique est simple ; elle se résume en deux mots : an moment qui semblera favorable à la Haute Banque juive : guerre à l'extérieur et banqueroute à l'intérieur./
J'ai expliqué déjà la logique de cette situation à nos lecteurs, dans la préface de l'édition populaire de la France Juive,
Légèrement inférieure à l'Allemagne, au point de vue da nombre de soldats, la France avait pour elle une force considérable qui rétablissait l'équilibre : elle était riche...
Elle aurait pu constituer un trésor de guerre plus considérable que celui de Spandau. Elle pouvait dire à la Russie : c Mettez sur pied des centaines de milliers d'hommes, battez le rappel dans toutes les steppes, faites des appels de clairon a toutes les extrémités de votre immense empire ; nous garantissons tous les emprunts. »
' Maître du Parlement par la Franc-Maçonnerie, qui est tout entière entre les mains des Juifs allemands, Bismarck a trouvé moyen de nous enlever cette arme. En quelques années, les députés républicains ont augmenté notre dette de six milliards en rente consolidée, plus deux milliards en dette flottante. La France est aujourd'hui aux abois. Sans guerre nous avons plus dépensé que Napoléon I®» pour conquérir l'Europe. L invasion des républicains nous a coûté plus cher que l'invasion allemande^
A quoi ont servi ces sommes fabuleuses ? A rien. Cet argent est passé, comme on dit aux champs, t< en ûente d'oiseau >.
Quel est le Français travailleur et honnête qui puisse se lever et dire : « Ce gigantesque déplacement monétaire m*a été utile, à moi »? Quel est l'ouvrier, le facteur rural, le petit employé, qui osât m'écrire, en signant de son nom : « On a emprunté des sommes folles, mais du moins on a consacré une partie de cet argent à améliorer mon sort l »
Ce remuement d'or n'a profité qu'aux Juifs ; et la meilleure preuve c'est que, si le facteur rural et le petit employé se trouvent toujours dans la même situation, siVouvrier mourant de
LB MONDE POLITIQUE iSA
faim frappe en vain à la porte d'usines qui se ferment partout, les Juifs que nous avons vu arriver en 1871 et en 1872, traînant la savate et vivant du commerce des lorgnettes, ont aujourd'hui les plus beaux hôtels de Paris et les chasses prmcières des départements.,- Prenez dans le Gaulois la liste des invités d'une grande fête mondaine ou des spectateurs d'une représentation extraordinaire quelconque, et demandez aux Hébreux qui figurent là au premier rang ce qu'ils avaient il y a vingt ans i S'ils n'avaient pas et s'ils ont, il a bien fallu qu'ils prennent quelque part ce qu'ils ont...
Quelques rares députés de la gauche disent franchement la vérité, comme M. Laur par exemple... Je n'ouvre pas un journal sans constater qu'on se moque de cet homme que, d'ailleurs, je ne connais aucunement, mais j'avoue que tout ce que j'ai vu de lui m'a souvent paru avoir un certain bon sens. C'est Thistoire de M. de Gavardie : les républicains qu'il gênait, parce qu'il était moins pusillanime que les autres sénateurs de droite du Sénat, avaient trouvé ingénieux d'en faire une espèce de grotesque, et les conservateurs, toujours complaisants pour les facéties républicaines, avaient fini par accepter cette légende.
Que dit donc Laur ?
Si la guerre était déclarée tout à coup, vous auriez à rembourser immédiatement 768 millions d'obligations à court terme, plus un certain nombre de cautionnements et de dépôts qui porterait à 1 milliard la somme immédiatement exigible.
Vous auriez, en outre, à rembourser, tout au moins, un milliard sur les dépôts de caisse d'Épargne qui se montent à 2 milliards 500 millions. « Et, chose qui devrait remplir de crainte et de douleur tous les Français, vous n'avez rien, absolument rien au budget pour prévoir le remboursement de ces échéances. C'est comme si un commerçant brûlait volontairement son livre de traites à payer *. »
Pour entrer en campagne, il faudrait au moins un emprunt
* France, 6 juiUet 18SS.
de 1 milliard et demi ^ Comment espère-t-on réussir cet emprunt, si la veille on a fermé le guichet au nez des gens qui venaient réclamer le remboursement de ce quileur. était dû, et comment ne fermerait-on pas le guichet au nez des gens puisqu'on n'a rien à leur donner î
En un mot Laur dit ce que devraient dire les députés de la droite. Si les conservateurs avaient le sentiment des inté^ rets qui leur sont confiés, ils devraient, sans grandes phrases, sans longs commentaires, résumer Tétat du pays devant leurs électeurs, par de petites affiches placardées partent et fk^quemment renouvelées.
€ Exclus de la commission du budget, étrangers aux tripotages et aux vols des républicains, nous tenons, à la veille des événements qui approchent, à établir nettement la situation devant la France. Voilà où les Juifs et les Franes-Maçocs qui nous gouvernent nous ont conduits... >
Le paysan réfléchirait si on lui expliquait nettement les choses, si on lui faisait, en quelque sorte, une démonstration au tableau, c Gouverner, c'est prévoir, » a-t-on dit ; on peut ajouter que prédire c'est se désigner d'avance pour gouverner.
* Les hommes d'intelligence et de cœur auxquels je me- sois efTorcé d'apprendre à bien voir comment s'organise une campagne de presse, la pensée secrète que cachent quelques lignes qui semblent jetées au hasard suivent avec attention leseiTorts incroyables qui sont faits depuis quelque temps par la. Banque juive allemande pour rendre impossible ce dernier emprunt dont le succès serait déj«i problématique. L'unique moyen est -de lancer de suite un emprunt d'un milliard qui serait. le coup décisif porté à nos finances.
On annonce qu'il y aura un emprunt, l'Agence Havas dément; la Presse affirme que toutes les dispositions matérielles sont déjà prises au ministère des Finances ; on dément encore, mais plus faiblement. On prépare ainsi l'opinion peu à peu, et au dernier moment, quand on aura acheté assez de députés, on lancera l'opération sous une forme plus ou moins déguisée. La droite, qui avait solennellement promis de ne consentir à aucun emprunt, a voté en partie pour la dernière conversion qui n'était qu'un emprunt déguisé ; l'influence de quelques faiseurs qu'elle compte parmi ses membres la décidera à voter encore cette fois.
Les électeurs sauraient an gré infini à leurs mandataires de leur avoir parlé virilement et loyalement. Dès que la guerre paraîtrait imminente, les possesseurs de petites économies, qui forment une classe si intéressante,- se précipiteraient pour retirer leurs fo-nds de la caisse d'Epargne et, comme ceux qui arriveraient les premiers, auraient quelques chances de sauver une partie de leur pécule, ils remercieraient dans leur cœur ceux qui, en les prévenant, les auraient préservés de la misère noire...
Sur ce point il n*y a nulle illusion à se faire. Pour échapper à un cataclysme financier au moment de la déclaration de guerre, il faudrait un concours de circonstances exceptionnelles ; il faudrait qu'il y eût des hommes d'énergie et de vision nette dans le parti populaire; il faudrait que des officiers résolus, comme ceux avec lesquels j'ai causé, fussent placés, à ce moment décisif, dans des conditions où ils puissent agir immédiatement. Alors, mais alors seulement, Parrestation soudaine de tous les membres de la Haute Banque cosmopolite serait possible et la France n'aurait pas à se préoccuper de la question d'argent...
Le difficile pour l'historien, c'est d'exprimer le fantastiqpie particulier de cette phase sociale qui ne ressemble à rien dans le Passé. En Turquie, le désordre financier a encore on côté gai, libre, naturel ; les impôts n'arrivent pas à destination, on ne tient aucune comptabilité ; chaque fonctionnaire attrape ce qu'il peut et, à rhenre nécessaire, Flslam trouve encore le moyen, après avoir fait banqueroute à l'Europe, de mettre sur pied des régiments qui se défendent comme à Plewna.
La situation ici est' différente ; elle se présente sous l'aspect de grands Guignols, non point joyeux, mais sombres, des Guignols d'encre qui incessamment noircissent du papier, établissent des bordereaux, dressent des états, et toujours, et toujours défilent, comme des ombres chinoises, à la Caran d'Ache, avec des dossiers sous le bras. Ces dossiers oon-
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tiennent des papiers, et ces papiers ne servent à rien, ne correspondent à rien, vana vanis.,.
Il existe une institution qui s'appelle la Cour des Comptes et qui se prononce de temps en temps sur des pièces de comptabilité qui remontent à de lointaines époques.
La loi de règlement des exercices 1872, 1873 et 1874, disait M. Stourm dans VEconomiste français, n'a été rendue qu'eu 1885. Ces vieux budgets ont passé incognito devant le Parlement, parmi les projets d'intérêt local.
Le dernier budget dont le contrôle ait fait l'objet d'un vote est le budget de 1875, réglé par la loi du 21 juillet 1887 : tous les suivants demeurent en suspens. L'arriéré accumulé atteint ainsi dix années environ. A une telle distance, le contrôle législatif s'évanouit dans l'éloignement et l'oubli.
A quoi peut être utile cette ûctivité ? En admettant même que cette comptabilité fût étudiée avec moins de lenteur, la Cour des Comptes n'a aucun moyen de contrôle véritable ; elle ne discute que sur des papiers et les trois quarts du temps ces papiers sont absolument mensongers. Jamais un conseiller ou un référendaire n'a mis les pieds dans un arsenal; il s'en rapporte, pour savoir ce qu'il y a dans un magasin, aux états qui lui sont fournis et ces états, sont génëiralement faux. Après la guerre du Tonkin, qui ruina notre flotte, Raoul Duval, qui connaissait merveilleusement ces questions, démontra au ministre de la Marine que les quantités de munitions et les provisions de charbon qu'il indiquait comme existant dans les magasins n'y existaient pas, quoiqu'elles figurassent dans les états.
Ce monde vit dans le papier et meurt dans ce papier. Le papier de la Cour des Comptes est comparable à des messages qu'on déposerait dans des boites à lettres condamnées et qu'on ne relève plus ; il n'arrive jamais à un être humain, à un homme en chair et en os qui, sur la vue de ce papier, ait le droit de se décider à un acte.
Prenez la déclaration de la Cour des Comptes sur l'Exposition de 1878. Vous y lirez ces considérants significatifs :
En ce qai concerne les opérations relatives à TExposition oniyerselle proprement dite :
Considérant qn'en Fabsence de Pétat d'inventaire prescrit par Tarticle 11 du règlement du 18 octobre 1876 et comprenant tous les objets susceptibles d'être représentés à la un des travaux, il n'a pas été possible de s'assurer qu'il a été 'procédé à la vente ae tous les bâ,timents et matériaux provenant de l'Exposition ;
En ce qui concerne l'ensemble des opérations de la souicription nationale d' encouragement , comprenant notamment le produit de dons en argent, l'achat et t'offre d'objets destinés à être répartis entre les souscripteurs par la voie du sort;
Considérant qu'au début de l'opération les dons en argent n'ont point été versés entre les mains d'un comptable public, mais recueillis par des tiers et seulement mentionnés au Journal officiel ; que le rapprochement des listes de souscriptions avec les écritures du comptable a fait ressortir des différences qui n'ont pu être expliquées ; qn'en conséquence, la Cour ne peut certifier que recette a été faite de l'intégralité des dons en argent versés par les souscripteurs ;
Considérant que la comptabilité matières ou garde-magasin aurait dû être annexée au compte rendu par l'agentcoinptable du Trésor; qu'en l'absence de cette comptabilité la Cour ne saurait également afûrmer que tous les objets achetés et offerts ont été pris en charge et ont reçu l'affectation prévue par le décret du 22 juillet 1878 ;
Considérant, en outre, qu'à défaut de la production du compte-matière, il n'a pas été possible de constater le nombre, la nature et la valeur des lots non réclamés, qui devaient être vendus pour le prix en être attribué au compte de l'Exposition*... »
Le moindre doute ne peut subsister devant tous ces considérants; il est clair comme l^jour qu'on a volé. Mais qu'est-ce que cela fait ? Cela n'empêche pas M. Krantz, frère de l'amiral Kràntz, d'avoir été promu dans la Légion d'honneur et d'avoir été loué par tous les journaux, même par les journaux conservateurs. Cela n'empêche pas les commissaires ou les sous-commissaires qui ont volé ou qui ont laissé voler d'avoir été décorés en même temps que tous les
i Journal officiel du 12 juillet 1888.
industriels juifs qui ont exposé. Cela n'empêchera pas les organisateurs de r£xpoâilion de 1889 de voler, à Leur tour, si la guerre ne vient. pas. disperser tout ce monde.
Qu'est-ce qae cela peut faire, encore une fois, aux gens qui volent aujourd'hui que dans dix ans on constate que leur comptabilité est frauduleuse dans ce gros amas de papier qui est un numéro du Journal officiel?
Dans un pays gouverné despotiquement on pourrait imaginer un autocrate ayant mal aux dents, ne dormant* pas, prenant un rapport de ce genre sur sa table, par hasard, et disant : « .Qu'on envoie demain en Sibérie ceux qui ont dépouillé r£tat I »
Il n'est pas absolument impossible qu'un derviche n'aborde le Commandeur des Croyants uu vendredi, le jour où il va à la Mosquée, pour lui dénoncer un fonctionnaire prévarioateur, et que le Sultan ne dégrade, séance tenante, le pacha ou le bey coupable.
Rien d'analogue ne peut se produire en France. Le coût de l'impression de ce rapport dans le Journal officiel s'ajoutera aux autres frais de papior qu'a déjà nécessités celte affaire, et il n'en sera que cela... Vaiia vanis.,.
De temps en temps arrive une révélation qui étonne un peu. On apprend que notre marine est inférieure à celle de l'Italie, qu'en cas de guerre nous n'aurions que 4 cuirassés à opposer dans la Méditerranée aux 8 cuirassés italiens, que nos côtes ne sont pas fortifiées, que nos arsenaux peuvent être enlevés d'un coup de^maiu *.
— C'est curieux tout de même, disent quelques personnes,
* Quoiqu'on n'ait dit que la dixième partie de la vérité à la Chambre, la lecture du Journal officiel suffirait à nous montrer où nous en sommes.
De tons nos ports, Toulon, dit M. de Mahy, est le mieux pourvu, cependant il y manque aujourd'hui, d'après le plan définitif prévu : 4 pièces de 32, 4 pièces de 24, 6 pièces de 19.
L'obstruction et la défense des passes sont à l'examen des conseils spéciaux ; la construction des batteries de mortiers est
d'en être arrivés là avec un budget de 3 milliards, tout à fait curieux 1
Et il n'en est que cela.
C'est tout à fait curieux, effectivement la facilité avec laquelle ce monde, qui veut rester tranquille, donne tout son argent, sans s'enquérir même de ce qu*on en fait et de ceux auxquels il le donne.
Des bohèmes de l'industrie comme Constans, Tinfidèle associé de Puig et Puig, réclament des budgets de roi. On croirait qu'un traitement de 200,000 francs dût sembler un rêve réalisé à ce raffalé d'autrefois. Pas du tout, il veut avoir le droit de disposer librement du budget de rindo-Chine et, comme il s'est servi du personnel de la Sûreté et des fonds secrets pour former des dossiers écrasants sur tous les hommes politiques, il le prend de haut avec etix et leur dit : « Volez à Paris tant que vous voudrez, mais laissez-moi aller opérer en Orient ; » et il finira par obtenir ce qu'il désire.
Ce qu'on ne vole pas, on le gaspille, et, comme pourla marine on apprend cela pai* hasard. Cn rit un peu de ce voyage de fonctionnaire subalterne que le Temps raconte :
à rétude ; le réseau télégraphique du commandement, refusé ; les communications électriques souterraines, refusées.
A Kochefort, il manque : 8 pièces de 27, 6 pièces de 24, 8 pièces de 19.
Le réseau télégraphique du commandement n'existe pas ; la construction des batteries de mortiers, à Tétude ; un hangar pour le matériel des troupes mobilisées, le crédit n*est pas suffisant pour le construire ; il n'y a pas de magasin du stock de réserve.
 Lorient, la situation est la même.  Cherbourg, elle est de toute gravité.
A Cherbours, l'obstruction des passes par des jetées permanentes ou provisoires est à l'étude. Le réseau télégraphique du commandement n'existe pas. Il n'existe dans aucun de nos ports. La construction des batteries de mortiers, à l'étude. Un appareil Meritens pour éclairer la rade, refusé.
Quant aux torpilleurs de l'amiral Aube, la plupart ont h peu près la valeur du vieux fer ; les autres ne seraient bons qu'à mener au fond de la mer les hommes qu'on v embarquerait.
Un administrateur colonial est envoyé de Tlnde à Mayotte» en passant par la France, puis de Mayotte en Gochinchine ; accompagné de sa femme, de cinq enfants et d'un domestique. Ce fonctionnaire a naturellement voyagé aux frais de TEtat, et ces déplacements ont coûté, sans compter la solde des membres de la famille, qui sont des agents de TEtat, la somme de 48,864 francs ; à savoir, 23,932 francs pour le voyage de Flnde à Mayotte et 24,932 francs pour celui de Mayotte à Saigon.
Le voyage d'un officier de commissariat colonial avait, quelques années auparavant, coûté plus cher encore, il était revenu aux contribuables à 80,000 francs.
Ce fonctionnaire, dit le Petit Journal, obtient un congé de convalescence et vient en France avec sa famille, composée de huit à dix personnes. Le congé expiré, cet administrateur part par la voie des Etats-Unis pour Tahiti, toujours accompagné des siens. A peine installé à Tahiti, il est promu au grade supérieur et désigné pour la Gochinchine. Il se remoarque avec sa smala, traverse la moitié de Tocéan Pacifique, l'Amérique du Nord, Tocéan Atlantique, débarque au Havre, se repose en France et reprend enfin à Marseille le paquebot de l'Indo-Chine, qui le dépose à destination. Un an de voyaçe et plus de 80,000 francs de frais pour ces pérégrinations d'un modeste fonctionnaire I
Ce sont des fuites de vérité ; on se hâte de souder le tuyau et la France se rendort tranquille sur des monceaux de paperasses, convaincue qu'elle a une flotte sans pareille, des armées formidables, des arsenaux pleins, des magasins bourrés jusqu'au faîte.
C'est le côté curieux pour l'historien et, ajoutons-le, c'est la conclusion logique de la Révolution ; satanique elle est née, satanique elle est restée ; or, Satan nous apprend l'Ecriture, c est le père du mensonge et il est homicide ». La Société issue de la Révolution est dévorée par les mensonges comme Sylla fut dévoré par les poux ; mensongère, elle est également meurtrière, elle tue, elle empêche tout germe vital de se développer autour d'elle.
La belle scène finale, au moment de la catastrophe, ce sera la débâcle des mensonges : toutes ces façades laissant apercevoir la réalité, tous ces vernis qui brillent craquant et mon* trant un bois pourri, toutes ces baraques qui s*étayent récî* proquement s'écroulant les unes sur les autres...
Il ne faut point se le dissimuler en effet, tout article du programme libéral, dès qu'on le soumet à rexpérimentation, donne comme résultat ce que Proudhon appelait « une blague ».
On a prétendu que la nation allait désormais contrôler ses dépenses, c'est pur mensonge. Ce qui est vrai, c'est qu'il existait un certain contrôle autrefois et qu'il n'en existe plus aucun maintenant. Ceux qui font semblant de contrôler volent l'argent qu'on leur attribue pour une fonction qu'ils ne remplissent pas.
En 1882 le Sénat a voté le budget en seize jours, en 1883 en diX'huit jours, en 1884 en onze jours. De quelques facultés dont la Nature vous ait doués, je vous défie de vous rendre compte d'un budget de 3 milliards en un si court espace de temps.
B est vrai que ni Cazot, ni Donnot ne doivent être biea difficiles sur la régularité des dépenses publiques. On ne voit pas bien sous la figure d'un Colbert ou même d'un baroa Louis ce Donnot condamné pour banqueroute et auquel le substitut Lamarche disait dans son réquisitoire :
Depuis 1880 votre ruine était un fait accompli, et vous deviez vous considérer en état de cessation de paiement — je vous l'ai montré par des chiffres pris à l'inventaire. — Eh bien, quand on gère mal ses propres affaires, on ne se charge pas de celles des autres. Au reste, le département pouvait se passer de vous : il n'était certes pas difficile de trouver un candidat plus recommandable que le chef de la maison Donnot, car, tandis que vous siégiez dans un fauteuil au Sénat, votre place eût plutôt été dans une cellule à la Maison centrale.
Voilà de quels membres se compose cette institution que les membres de la droite du Sénat osent déclarer utile, eC
c'est pour conserver un corps, composé de tels individus, qu*ils refusent de s'associer h la campagne entreprise dans toute la France pour la suppression du Sénat 1
Dans la morte saison, quand les affaires financières ne vont pas, les députés font le vol à la tire et subtilisent à leurs collègues leur portefeuille ou leur porte-monnaie.
M. Paul de Gassagnac a raconté dans V Autorite comment M. de Kermenguy qui se trouvait dans la salle des correspondances ou ne pénètrent que les seuls députés, fut ainsi soulagé en un tour de main, de sept cents francs en billet de banque; il avait eu l'imprudence de laisser sur la table une enveloppe contenant cette somme, pendant qu'il allait déposer une lettre dans une boîte placée à deux mètres derrière lui ; quand il se retourna l'argent avait disparu.
M. Develle fut volé également dans des circonstances à ipeu près analogues.
Enfin, quand décidément rien ne va plus, les députés volent les serviettes au lavabo de la Chambre. « Toutes les serviettes disparaissent, raconte encore M. Paul de Gassagnac, et sont enlevées en nombre considérable par des députés qui entendent se munir de linge à bon marché. > Quant aux savons et aux peignes nos honorables en emportent tous les jours plein leurs poches.
Si je vous avais donné ces détails dans la France juive tout le monde aurait protesté et mes amis eux-mêmes m'auraient dit : « Vous gâtez votre livre par des exagérations ! » Je connais des faits plus étonnants encore au point de vue de la disparition de documents militaires, mais je veux pas nuire aux officiers supérieurs qui me les ont racontés et je crois préférable d'attendre.
Trompée indignement sous le rapport financier, la France ne l'est pas moins au point de vue extérieur.
Jadis la France parlait, elle parlait, même vaincue; elle parlait pour dire de nobles choses et sa parole était écoutée ;
aujourd'hui elle ne parle plus. J'en appelle à tous vos souvenirs, avez-vous entendu à la Chambre une belle harangue sur la politique extérieure, un de ces discours que l'Europe lit, discute, médite?
Pour parler, on n'a pas besoin d'insulter, ni de faire des fanfaronnades. Quand on est représentant du peuple dans un pays qui a dépensé 5 milliards pour son armement et qui peut mettre 5 millions d'hommes en ligne, on a le droit de discuter les affaires de ce pays.
Après le Pape, quoi de plus majestueux qu'un évêque ? Posuit regere epixcopos, et, cependant, nos pères, épris d'indépendance, avaient fait une locution populaire de ce mot : « Un chien regarde bien un évêque. »
Si un chien a le droit de regarder un évêque, un Français a le droit de regarder M. de Bismarck, et, certes, s'il y a un homme intéressant à regarder, c'est celui-là. J'aurais trouvé tout naturel qu'un orateur rendit hommage à la tribune à ce que cet homme a de vraiment grand, aux services que ce puissant esprit a rendu à sa Patrie, à la condition que cet orateur parlât aussi de nous, qu'il dit : « Voilà ce que la France pense, le jugement qu'elle porte sur l'état de l'Europe, les raisons pour lesquelles elle veut la paix et les conditions dans lesquelles elle la comprend. »
Rien. Tous nos députés ont la bouche cousue ; ils se recroquevillent sur eux-mêmes, dans une sorte de peur frileuse ; ils se pelotoHuent sous la couverture sans oser souffler, comme une vieille femme qui croit qu'il y a un brigand caché sous le lit et qui passe sa nuit à claquer des dents sans oser allumer la chandelle. Tous nos malheurs nous viendront de là...
On crut un moment que M. Jules Delafosse allait prendre au Parlement l'initiative d'aborder franchement les questions extérieures et ibrcer de temps en temps le gouvernement à sortir de ses réticences et de ses équivoques.
Le député du Calvados avait ce qu'il faut pour jouer ua tel rôle. C'est un écrivain de premier ordre, un travailleur
obstiné, un homme jeune solidement taillé, avec de grosses épaules, le teint monté en couleur, Tair d'un marchand de chevaux normand ou d'un gentleman farmer du Lancashire ; issu de la vieille famille française, de la bonne France d'autrefois, de la France des paysans, il est adoré dans Tarrondissement de Vire, où sa candidature est indestructible ; il ne trempe pas dans les sales intrigues des membres de la gauche, qui sont toujours à TalTût d*un peu d'argent à gagner dans les tripotages cosmopolites.
Les premiers discours prononcés avaient attiré Tattention sur Forateur et beaucoup de personnes m'ont dit : c Connaissez-vous M. Delafosse ? Qu'est-ce que c'est que ce M. Delafosse ? » Depuis quelque temps on ne l'entend plus, il s'est laissé probablement enjôler, suborner, enduire, comme on dit, par les chefs de la droite.
J'ai expliqué cela déjà. Dès qu'un homme a quelque originalité, les anciens l'attirent dans des coins, lui chuchotent d'innombrables recommandations, lui crachouillent dans la figure, en lui parlant de très près pour n'être pas entendus, et lui répètent vingt fois, avec des voix fêlées : C'est très grave, mon cher, très grave l » Fort peu ont le courage de répondre : a Vous n'avez fait que des bêtises depuis que vous êtes dans la vie publique, laissez-moi suivre ma route et accomplir mon œuvre comme je l'entends. »
C'est avec cette manie de ne jamais aborder nettement les questions qu'on est arrivé à vivre depuis tant d'années dans des alarmes perpétuelles, dans une espèce d'énervement permanent qui permet, il est vrai, aux Juifs de réaliser de fructueux coups de Bourse en troublant l'opinion à chaque instant par de fausses nouvelles, mais qui est désastreux pour un pays impressionnable comme le nôtre.
Dire ceci n'est certes point pousser à des manifestations intempestives. J'admire beaucoup l'Allemagne, le courage de ses soldats, le génie de ses penseurs et de ses poètes et je n'ai jamais consacré ma plume à attiser des haines de peuple. D'après les conversations que j'ai eues avec des Allemands
appartenant à Télite intellectuelle, ma conviction est que rAilemagne ne désire pas la guerre autant qu*on le suppose : les esprits élevés, là-bas comme ici, voudraient que se résdis&t, pour le bonheur de THumanité, le souhait que formulait Pattai, le député styrien au Reichsradt, dans une lettre adressée par lui aux étudiants de TUniversité catholique de Lille, qui lui avaient envoyé une adresse de félicitation après un de ses beaux discours sur la question juive.
Espérons, disait Pattai, qu'il arrivera enfin le temps où les deux nations qui ont recueilli Théritage de Gharlemagne oublieront leurs vieilles querelles pour réaliser, sur la base des principes chrétiens, la réforme sociale. C'est ainsi que nous inaugurerions une nouvelle croisade contre Torientalisme, qui de nos temps a fait de nouveau victorieusement irruption dans notre Occident.
Ce qui nous perd, c'est l'attitude lâche, veule, vile qu'4 prise notre gouvernement devant TEurope.
Le malheur aussi est que notre pauvre France ne puisse plus penser par elle-même ; elle est comme un ballon captif; on la fait monter, puis on tire la ficelle et elle redescend./Il . n'y a plus de nation et il ne peut en exister une sans le sentiment de la race, sans institutions fixes, sans traditions ; il f a des êtres atomisés, selon la très fine expression d'Yvaa deSimonyi ; ils flottent comme une poussière impalpable dauis l'atmosphère } un coup de vent les soulève: ils tourbillonnent vers le ciel; le vent s'arrête : ils roulent à terre; la pluie tombe : ils forment une boue stagnante... / Les Français, au fond, ne savent ni s'ils veulent la guerre^ ni s'ils veulent la paix. Tout dépend du courant d'idées que la Presse organise tantôt dans un sens, tantôt dans un autre. Il y a un an le mot d'ordre à Vienne , à Berlin, à Londres était à la guerre ; les coups de Bourse faits, tout le monde est aujourd'hui à la paix, dans un mois peut-être on sera retourné à la guerre. La suggestion journalistique s'opère sous nos yeux sans que personne s'en aperçoive. /
Au gré de leurs journaux, les Français passent de l'outrecuidance la plus grossière à Taplatissement le plus incroyable.
n y a quelques années, Fétranger pouvait voir toute une ▼ille en rumeur hurlant, sifflant sur le passage d'un souverain qui était Thôte de la France. Ce souverain ne nous; devait absolument rien ; nous n'avions pas versé notre sang pour lui comme pour le roi dltaiie ; il avait fait purement et simplement ce que font tous les souverains d'Europe : il avait accepté d'être colonel honoraire d'un régiment prussien. Le prince de Galles, que Paris reçoit à merveille, est également colonel prussien, colonel des hussards de Dlûcher, si je ne me trompe. L'empereur Guillaume, non seulement étaiL colonel d'un régiment russe, le régiment de Kalouga,.mais il avait dans une grande armoire l'uniforme des régiments de tous les pays, dont il était le chef titulaire. Les reporters juifs sont allés pieusement flairer cette défroque dans la garde-robe et ils ont beaucoup écrit là-dessus.
Paris, soulevé comme par un délire patriotique, n'en montra pas moins le poing à Alphonse XIL ci A bas le roi uhlan! À bas le uhlan ! » L'ambassade d'Allcniagne avait intérêt à créer un incident; elle espérait, que dans la bagarre, un exalté tirerait sur le roi; elle avait distribué de l'argent à la presse juive et la manifestation avait été organisée.
Regardez d'un autre côté et dites-moi s'il est possible de se vautrer plus servilement aux pieds d'un ennemi que ne le Ût la Presse au moment de la mort de Guillaume et pendant la maladie de Frédéric III. Dites-moi s'il est possible d'oublier plus complètement toute dignité, tout ce qui fait une nation forte, le souvenirdesdeuilsles plus cruels, la piété envers les morts, le juste ressentiment de tant d'humiliations endurées et de tant d'atrocités commises sur notre sol.
La Presse ne se contente pas de saluer froidement et dignement ce vieux Kaiser qui a couvert notre pays de ruines, elle se roule sur ce cercueil, elle fait l'office de pleureuse à gages. Wolir, ce Naturalisé d'hier, auquel la plus clémen-
LE HONDE POLITIQUE 253
taire décence aurait dû commander de se taire, s*êtale en trois colonnes sur cet Empereur c qui n'était pas un Empereur tout court, mais un Empereur particulier », et qu'il notrs montre, dans un endroit où Wolff ne Ta certainement pas vu, ' au milieu de la mêlée à Sadowa, c bravant la mitraille» debout sur ses étriers ».
Après les morts c'est le tour des vivants. L'Impératrice Victoria aurait sauvé du supplice tous les Français au moment où ils avaient déjà la corde au cou, comme le fit la femme d'Edouard III pour les bourgeois de Calais, qu'on ne lui prodiguerait pas [)lus de loutinges.
Quant à Unser Fritz, c. uotre Fritz » de la guerre de 1870, il a toutes les verlus, et un autre Juif naturalisé, Blowitz, que rUnivers, du reste, a vigoureusement mouché à cette occasion, déclare que la France se doit à elle-même de témoigner une ardente sympathie à ce massacreur de tant de Français.
Derrière ces phrases, on voit apparaître et se dre6ser indignés du loiid de leur tombe, creusée à la hâte an bord d'un chemin, au coin d'une haie, non pas les soldats morts en combattant, mais les paysans, les francs-tireura, les prêtres assassinés au mépris de toutes les lois de la guerre ; c'est un malheureux vieillard de quatre-vingts ans, M. Perrony, qu'on trouve sur la route de Chavannes dans l'Orléanais, et qu'on veut obliger à indiquer où est l'armée française. — « Où est l'ennemi? — L'ennemi, c'est vous ! »Eton le tue à coups de sabre*. Ce sont les habitants de Bougival, fusillés sans motif et auxquels on élevait un monument l'an dernier; c'est, parmi tan^ d'autres prêtres, l'infortuné curé de Cuchery, fusillé parce qu'un paysan avait tiré un coup de fusil contre un régiment prussien en réquisition à 3elval *.
* Les Prussiens cheznotLS.
' Ci Charles Miroy, curé de Cuchery, Agé de quarante-deux ans, ■à la paroisse duquel ■ appartient Gelval «t qui avait caché et distribué aux habitants des armes, a été arrêté comme instigateur de ces actes hostiles, et eu vertu d'un arrêt du conseil de
2^04 LA FIN d'un MONDB
Ce sout les paysans de Vaux-Villaine, enfermes dans ane église et obligés de désigner eux-mêmes trois otages que Ton fusille. On a publié d'effroyables détails sur cette scène.
On citerait des milliers de faits de ce genre et il sufQrait de relire la protestation de M. de Chaudordy ou d^ouvrîr les Fi'ussiens ch:z nous, d'Edouard Fournier, la France martyre^ de Jules Lermina, ou même un livre récent de Lavisse : Esm sur rA'Um.ijne impéridi, dans lequel l'auteur, très modéré, on le sait, rappelle la mort d'an pauvre commerçant estimé âe tous à Amiens et qui avait essayé de défendre sa boutique contre des soldats ivres. U fut fusillé sous les fenêtres des Plages renfermés à la citadelle d'Amiens et auxquels on promettait le même sort. On cboisit pour cette exécution de jeunes recrues qui arrivaient d'Allemagne et auxquelles on Toulut procurer le plaisir de tuer un Français...
Dans de telles conditions, une Presse qui se respecterait •'abstiendrait, sans doute, d'injurier un mort et un moribond ^ mais elle s'abstiendrait, également, de pomper, avec Bne lan^rue enthousiaste, ainsi que l'ont fait un certain 2ïo::;'rre de journaux, les diverses mucosités, purulences et pestilcn:e5, qui sortaient de la bouche du Kronprinz.
Ûuir.d toutes ces horreurs se passaient, le Prince impé- Tiâl avait l'I^e d'homme ; il était le second personnage de TEtat, chrf d'armée. La publication de son Journal, si elle
f uerre fusillé aujourd'hui matin à R-:ims pour crime de haute ^ijiison envers les troupes allemanies.
* Fi-ir.s, .V 12 février ISTl.
« Lt ^-aTemear général,
• De Ross3iSERû-GaL'szczi>Ki. »
* Un Juif allemand nomme Schwab, Tice-consul de France i XonU'eal. au Canada, poussa l'absence de pudeur jusqu'à faire sieiune eu berne le paTïUoa du consulat à l occasion de la mort de l'Empereur d'Allemagne. Les lisaciens-Lorrains qui, en très 2rmni nombre, ont ete chercher un refuse au Canada, protestèrent avec une énergie extrême et ils s'adressèrent â Flourens, SAU il est douteux que celui-ci, qui n'a pas la bosse de la dignité
très développée, leur ait donn« satisfaction, surtout à propoi .- - ttljuii:
diminue un peu Bismarck, montre que le Prince héritier avait assez d'autorité pour faire accepter à Guillaume, mal gré toutes les protestations, Tidée de rétablir TEmpire d'Allemagne, il aurait donc pu parfaitement intervenir et empécher les barbaries commises.
Quand les obus tombaient sur le Val-de-Grâce plein de malades, quand des petits enfants roulaient sur la chaussée du Maine et que leurs entrailles s'éparpillaient dans le ruisseau, ce Prince qu'on nous dit si sentimental était aux Ombrages, à Versailles ; il n'avait qu'à faire un petit temps de galop jusqu'à la Préfecture, où habitait son père, à venir dire au vieux Guillaume, cher à WolfT : « En voilà assez I » l'Empereur aurait certainement écouté son fils...
Ce bombardement, il faut le rappeler, était un acte de pure sauvagerie; il n'était aucunement justifié par les nécessités de la guerre puisque l'issue de la campagne n'était pas douteuse, que les Prussiens n'avaient pas l'intention de donner l'assaut et que la capitulation n'était qu'une question de jours. Une loi de justice supérieure veut que ces crimes-là s'expient et le Kronprinz, courbé sous les étreintes de la maladie, a dû sentir qu'il payait quelque chose. Tandis qiie, pour exprimer sa pensée, il était réduit à avoir recours à une ardoise, il s'est dit peut-être : t Si je ne puis plus parler maintenant, c'est que je n'ai pas parlé quand il fallait, quand ma voix aurait pu arracher à une épouvantable agonie ces pauvres diables de paysans qu'on tuait comme des chiens. »
Avec une Presse pareille, quelle opinion publique voulezvous avoir î
On sait comment Frédéric III répondit aux basses adulations de kl Presse juive française. Il (it ce que, somme toute, le vieil Empereur n'avait pas fait, il autorisa à la frontière d'Alsace -Lorraine les mesures les plus odieuses et les plus
viles .
Il ne faut pas l'oublier, en effet, ce Trajan, ce Titus, ces Délices du genre humain, vivait encore lorsque les outrages
LA FIN d'un UONDK. 17
et les vexations commencèrent. La maçonnique Impératrice aurait pu intercéder, sinon par sympathie pour nous, du moins, pour que la mémoire de son mari restât pure de ces hontes ; elle ne bougea pas.
Je n'écrirai pas que ces scènes honteuses sont encore dans toutes les mémoires, ce serait une expression parfaitement inexacte. Affaire Schœneblé, attentat KaufTmann, tout cela glisse sur* les âmes des Français d'aujourd'hui comme de Teau sur de la toile cirée.
Peu* Tordre de cet Empereur qui va mourir, des fils qui viennent enterrer leur père sont arrêtés à la frontière. Une femme de quatre-vingts ans se jette aux pieds d'un douanier prussien pour qu'on lui permette de dépasser Avricourt et d'aller dans le village allemand qui est en face embrasser sa ûlle qui agonise... La maison de la mourante est à quelques pas. . . Pour toute réponse, le douanier relève la vieille à coups de crosse.
Une petite fille de cinq ans qu'on renvoyait dans sa famille ne trouva même pas grâce, devant les gendarmes allemands et l'on dut réexpédier la pauvrette sur Paris!
n n'est pas jusqu'à une Anglaise qui n'ait souffert cruellement des rigueurs sans nom inaugurées sous ce règne qui devait être le retour de l'âge d'or. On l'arrête à Deutch-Avricourt, elle demande au moins à sortir une minute de la gare. — Impossible !... — Il faut à tout prix que je sorte... — Vous ne sortirez pas ! — Mais enfin... — Et la pudique Anglaise balbutie un aveu qui lui coûte. — Soit 1 madame, l'Allemagne est généreuse, mais deux gendarmes vous accompagneront et ne vous quitteront pas un instant...
C'est toujours ainsi, du reste, que les choses se terminent avec les Francs-Maçons, princes, fonctionnaires ou simples particuliers ; ils commencent par parler d'émanciper l'Humanité et finissent par priver les gens des libertés les plus nécessaires.
En présence de toutes ces avanies, le gouvernement républicain De tenta absolument rien pour affirmer son droit à
être respecté. Ce Q*est que tardivement, et sous la pression de l'opinion publique, qu'il se décida à prendre contre les étrangers quelques mesures qui probablement ne seront jamais exécutées. On expulsait les correspondants de journaux français , il n'expulsa pas les correspondants de journaux allemands qui exercent publiquement ici le métier d'espion, qui insultent la France soir et matin ^
Que dis-je I ce gouvernement de Juifs et de Naturalisés continue à donner aux Allemands des secours qu'on refuse à de malheureux Français. De tous les étrangers secourus à Paris, les Allemands sont les plus nombreux. Sur mille étrangers inscrits au contrôle des bureaux de bienfaisance ,
10 sont anglais, 18 autrichiens, 70 hollandais, 71 italiens,
1 1 espagnols, 33 russes et 34 suédois, tandis que 273 sont allemands.
On songe devant cette pauvre France ainsi meurtrie sous
' Il est véritablement stupéfiant de voir un pays en arriver à ne plus oser se défendre lui-même, appliquer ses propres lois.
L'espionnage a existé de tout temps et ce ne sont pas .les Allemands qui l'ont inventé. Il suffit de travailler une heure aux Archives du ministère des Affaires étrangères pour être émerveillé de la façon dont Louis XIV avait organise dans tous les pays du monde son système d'informations.
C'est à chaque peuple de se protéger et les Allemands n'y manquent pas; à chaque instant on juge chez eux un procès de haute trahison. La France n'ose même plus ju^er les espions arrêtés sur notre territoire. Sur cinquante espions pris en flagrant délit l'an dernier pas un seul n'a été poursuivi; les ministres refusent d'appliquer la loi sur l'espionnage. L'atTaire Châtelain à laquelle on aurait dû donner une publicité énorme a été jugée à huis clos. 11 a été déclaré par des officiers français qu'un soldat qui trahit son pays qui vend le secret de nos armes à l'étranger ne mérite pas la mort. Un pauvre tourlourou, habitué à ne boire que de l'eau, aura été alTolé par un verre d'absinthe frelatée, il aura levé la main sur son supérieur et c'est celui-là qu'on condamnera à mort. Je me hâte d'ajouter que les membres du conseil de guerre qui se sont montrés si indulgents pour Châtelain ne sont probablement pas responsables de cet arrêt qui leur aura été imposé par le ministère; mais comme on devine devant cette impunité assurée aux espions que la Trahison est dans le gouvernement lui-même !
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le talon du Germain au temps où Louis XIV mettait le feu à l'Europe parce qu'on avait osé discuter le pas à son ambassadeur, à la place -que tenait encore dans le monde le vieux roi vaincu ; à la veille de 89, où l*on signait à Paris le traité qui enlevait l'Amérique à l'Angleterre.
Allons, Garnot, c'est le moment d'attaquer le grand air de 89. « Jusqu'en 89 la France était la dernière des nations ; aujourd'hui elle est glorieuse entre tous les peuples. »
Les Glémenceau, les Floquet, les Anatole de la Forge, les Lockroy, que les outrages de l'Allemagne laissent bien indifférents, reprendront le refrain après le président.
Sans doute, il y a, de temps en temps, quelques protestations de la presse française contre la situation humiliée qui nous est faite, et, au moment de la mort de l'empereur Guillaume et de l'avènement de Frédéric III, deux journaux dont la manière de voir n'est généralement pas la même, VUnivers et [Intransigeant, se sont élevés tous les deux contre les ridicules dithyrambes dont l'ambassade d'Allemagne doit savoir le prix.
Que rr7niu(^*.<: soit patriote, cela semble tout naturel puisqu'il est chrétien, mais cela étonne davantage d'un journal républicain comme V Intransigeant,
La chose existe cependant et je le constate uniquement parce que c'est la vérité; car, à l'occasion du procès Dupuis, le rédacteur judiciaire de ce journal s*est livré à mon sujet aux plus mensongères afllrmations, alors qu*une pièce authentique, un télégramme envoyé quatre jours avant la rencontre, démontrait jusqu'à Tévideuce que j'avais tout fait pour empêcher ce duel funeste. Le conseiller liorand, qui présidai! les assises, avait ce télégramme sous les yeux au moment où il se livrait sur mon compte à d'inconvenantes réflexions. Le rédacteur de ïlntransigennl, quand ce télégramme fut publié, se garda bien de se rectiller, ce qui eût été de la plus stricte loyauté.
Ceci n'a qu'uue iuiporiaoce secondaire à mes yeux, car»
si j*ai râpre amour de la Justice et de la Vérité, je n'ai pas de rancunes personnelles.
Il faut ajouter que, pour les questions de politique étrangère qui sont quelquefois bien trsdtées à Vlntransiyeant^ Rochefort consulte souvent un homme d*un caractère droit et d'une haute valeur qui a été obligé de quitter la diplomatie parce que, dans les affaires de Tunisie, il n'a pas voulu se prêter aux malpropres tripotages des Opportunistes et qu'il n'a pas hésité à les flétrir.
Voilà un homme comme il nous en faudrait un à la tête du ministère des Affaires étrangères
C'est un Alsacien comme M. Rothan, avec la même con^ naissance de l'Allemagne, le même patriotisme éclairé, mais avec un élément plus artiste, un don de saisir le côté pittoresque des événements et la physionomie distincte des êtres que n'a pas M. Rothan.
Après avoir rempli des fonctions importantes le diplomate dont je parle s'est arrangé pour ne pas accepter une seule décoration d'un gouvernement étranger et il n'a jamais reçu qu'un seul cadeau d'un souverain.
Le souverain qui offrit ce cadeau était ce pauvre roi de Bavière, qui aimait réellement la France, et qu'on suicida dans le lac Starnberg.
Le ministre de France à Munich, en se rendant à Taudience royale, s'était arrêté quelques minutes dans la cour d'honneur du palais à regarder les fusils nouveau modèle des soldats de garde. Lorsque l'audience fut terminée, le roi Louis dit au diplomate : « Je vais vous faire un présent et ie suis certain que vous ne le refuserez pas. »
Une heure après, le ministre de France recevait un des nouveaux fusils. Waddington aurait vendu le fusil à l'Angleterre, mais mon ami le démonta lui-même et trouva moyen de le faire passer en France.
Je ne reproche à ce diplomate si français de cœur et d'esprit que d'être paresseux de la plume et de ne pas écrire les souvenirs intéressants qu'il raconte si bien.
Que de détails ignorés dans notre histoire contemporaine! Un jour, dans une partie de chasse avec le roi, le général bavarois von der Thann dit au ministre de France : « Eh bien ! il parait que nous allons recommencer à échanger des coups de fusil. »
— Gomment ! Que voulez-vous dire ? Vous plaisantez ?
— Nullement. M. Thiers a tenu un conseil de guerre à Versailles pour consulter les généraux à ce sujet. Voilà quelle a été l'opinion de Ganrobert, celle de Ducrot...
Notre ministre quitte la chasse, sous un prétexte quelconque, et télégraphie à M. Thiers. Trois heures après il recevait une dépêche qui le mandait immédiatement à Versailles.
11 trouve M. Thiers hors de lui.
— Ck)mment avez-vous pu savoir cela Le diplomate s'explique.
Thiers reconnaît que le fait est parfaitement exact. C'était ^n patriote que ce vieux Thiers malgré sa scélératesse bourgeoise. Au moment de verser les derniers quinze cents millions de la rançon, il avait songé que quinze cents millions aident bien à une entrée en campagne ; il savait que TEurope était dans une disposition excellente et se repentait d'avoir si facilement laissé écraser la France en 1870 et il avait pensé à recommencer tout à coup la guerre...
Pour être sûr qu'aucune indiscrétion ne serait commise à propos du conseil de guerre qu*il avait réuni pour discuter cette question, le Président avait chargé M°« Thiers et Barthélémy Saint-Hilaire de faire le guet dans les appartements. Cette précaution ne lui avait pas réussi et la Prusse était informée quelques heures après de ce qui s'était passé à Versailles. Les Kaulla servent à quelque chose
Rien de charmant comme de causer avec ces hommes qui ont vu et dont les récits dépassent tout ce que pourrait rêver notre imagination.
Quel épisode exquis que le premier emprunt tunisien d'Erlanger! 11 était convenu que d'Erlanger, en dehors des bénéfices prélevés par lui, se chargerait de fortifier Tunis et
■yi
d'habiller Tarmée beylicale. Quelque temps après on débar- V
quait de vieux canons sans afifîit qui dataient de Louis XIY /c
et qui, incapables de rendre aucun service, sont encore cou- ^ ;*j
chés sur le port de la Gouletto. Quant aux fournitures mili- a-j
taires elles se réduisaient à un «tock d'espadrilles d'entants ^
pour bain de mer que le r«»pi ésentant d'Erlanger à Tunis ;^
offrait tranquillement comme chaussures aux soldats du ' )
Bey...
Ce qui m'a le plus frappé, cependant, dans les entretiens que j'ai eus avec des hommes qui ont été mêlés de près aux événements de notre temps, c'est la force de volonté, l'espèce de logique propre aux déments avec laquelle les gens qui sont possédés par une idée fixe vont à leur perte, creusent leur losse, préparent la catastrophe qui les emportera.
Dès 1857 la guerre d'Italie était si parfaitement décidée que le diplomate en question et qui avait alors dix-huit ans, accompagnait M. Waleski à Plombières pour y écrire sous sa dictée, en même temps que M. Nigra, le traité de cession de Nice et de la Savoie à la France.
Ce malheureux Empereur, si imprévoyant en 1866, traitait directement lui-même tout ce qui regardait l'Italie. Un jour le jeune attaché va porter le portefeuille aux Tuileries.
— Qu'est-ce que vous faites demain? lui dit flegmatiquement l'Empereur?
— Rien, sire...
— Voulez-vous partir pour Gênes remettre cette lettre à Menotti Garibaldi et revenir de suite?
Le jeune homme part, trouve sur le quai de Gênes Menotti qui l'attendait et revient.
— Qu'avez-vous dépensé ? lui demande l'Empereur.
— Sept cents francs, sire.
— Ah 1 Piétri a fait le même voyage et m'a demandé 6,000 francs.
Ce qu'il y a de piquant, d'ailleurs, c'est que les 700 francs ne furent jamais remboursés.
On voit bien là, en tous cas, on surprend sur le fait riiomme qui conspire contre lui-même, qui passe sa vie à correspondre, en dehors même de ses ministres, avec Garibaldi et les révolutionnaires itsdiens.
C'est le phénomène de Tenvoûtement dont nous parlions à propos des Juifs dans notre Introduction. L'Empereur d'Autriche agit de même : il comble d'honneurs les Rothschild qui ont ruiné l'Autriche et la Hongrie et il se respecte assez peu lui-même pour outrager les fidèles Croates qui ont sauvé les Halpsbourg en 1848, en insultant un vieillard vénérable comme M^' Strossmayer que les Croates appellent « le premier Ûls de la Croatie et le père de la Patrie ».
Quand il a eu commis cette vilaine action la presse Juive a dit à l'empereur d'Autriche qu'il était très fort et il l'a cru...
Nous voyons se produire des faits de même ordre sous nos yeux. Cette pauvre France qui va à sa ruine éloigne d'elle tous ceux qui pourraient la conseiller, la servir. L'homme éminent, qui m'a toujours annoncé ce qui allait se passer en Europe, a été obligé de quitter la diplomatie et l'on a pour ambassadeur à Berlin ce ridicule Herbette qui fait là-bas la ligure d'un domestique, sans même savoir écouter aux portes comme n'y manquerait pas un domestique intelligent.
Quel est le mérite de cet Herbette ? Au mépris de tous les règlements, il cumulait les fonctions de directeur au ministère des Affaires étrangères et d'administrateur de la compagnie du canal de Suez Selon le nombre de vaisseaux qui ont traversé le canal dans le mois les actions montent ou baissent. Herbette prévenait Freycinet et lui faisait gagner de l'argent. Il n'en a pas fallu davantage pour que cet homme soit nommé ambassadeur à Berlin 1