‹ La fin d'un mondeChapitre 28 sur 54 · COMPAGNIE DE RÉASSURANCES GÉNÉRALES SOCIÉTÉ ANONYME · texte numérisé non relu

COMPAGNIE DE RÉASSURANCES GÉNÉRALES SOCIÉTÉ ANONYME

AU CAPITAL DE 35 MILUONS DE FRANCS DIVISÉ EN 70,000 ACTIONS DE 500 FRANCS

Libérées do 1 25 francs.

Ces 70,000 actions devaient être mises en vente par le Crédit général français, avant la fin de juillet suivant, avec une prime de 125 francs, destinée à constituer les 8,750,000 francs convoités par les exploiteurs.

Les 125 francs dits libérés par les actions devaient être fournis par les acheteurs pour former le quart du capital de la future Société, exigé par la loi, pour établir une Société anonyme.

Ce capital de 8,750,000 francs devait être mis entre les mains d'un conseil d'administration chargé de l'engloutir le plus promptement possible dans un océan d'opérations aventureuses ou fictives, dans lequel il ferait sombrer l'entreprise afin de faire disparaître le corps du délit d'escroquerie.

Pour se dérober aux responsabilités que la loi impose aux fondateurs de Sociétés anonymes, nos gens mandèrent un employé de l'agence de MM. Berthier frères à Reims qui bâcla tout sçul leur simulacre de Société avec une liste de souscripteurs fictifs et sans aucun versement de fonds.

Le 26 juin, cet homme de paille, nommé M. Léopold Martin, comparut devant le notaire maître Mégret, non pas dans l'étude dudit notaire, mais dans le domicile de M. le baron d'Erlanger, rue Taitbout, n<» 20, à Paris.

Là, pour se rendre introuvable, il se dit M. Léon Léopold Martin, chevalier de la Légion d'honneur, rentier^ demeurant

h Paris, rue du Quatre-Septembre, n» i5, et, agissant au nom et comme seul fondateur de la Société anonj^me, dite Compagnie de Réassurances générales, il affirma au notaire :

1*^ Que le Capital social fixé à 35 millions de francs était z' souscrit en totalité ; -^

2° Que chaque souscripteur avait versé le quart du Capital par lui souscrit ;

3° Que les fonds étaient déposés dans les caisses de la Société du Crédit mobilier, place Vendôme, n«» 15, à Paris.

A l'appui de ces fausses déclarations, il déposa entre les mains du notaire une liste de 173 souscripteurs indiquant les sommes souscrites et celles versées par chacun d'eux, et il signa cette liste, après l'avoir certifiée sincère et véritable.

Pourtant, il y était inscrit lui-même pour 1,330 actions, sous le nom de Léopold Martin, demeurant à Paris, rue Thiers, n° 43. — Le faux était donc manifeste.

Le même jour, 26 juin 1879, à 3 heures un quart après midi, quarante de ces prétendus souscripteurs, y compris ce Léopold Martin, se trouvèrent réunis dans la salle Lcmardelay, n^ 100, rue Richelieu, en Assemblée générale constitutive.

M. Alfred Blanche fut nommé Président, MM. d'Erlanger et Richard-Wallace furent Scrutateurs*.

Là, les absents, même les fictifs, étaient représentés par des procurations.

A l'unanimité, ils affir^nèrent que les déclarations faites par M. Martin, fondateur de la Société, étaient exactes.

Ils nommèrent le Conseil d'administration, pour six ans, avec oO,000 francs annuels de jetons de présence et allouèrent 1,500 francs à chaque commissaire censeur.

Ce Wallace, que ron prétendait faussement parent du célèbre

qui pre:

ce qu'on peut faire dans cette société si admirablement organisée où la ménagère qui secoue un tapis par la fenêtre, après six heures du matin, reçoit immédiatement du papier timbré.

Enfin, M. Alfred Blanche, Président, ent le courage de proclamer majestaeusement :

€ Que toutes les prescriptions de la loi ont été remplies r^gulièrementy et qu^ainsi la Société anonyme, dite Compagnie de Réassurances générales, était df^finitivement constituée. »

Six jours après cette comédie, le Moniteur des Tirages financiers, organe et propriété du Crédit général français, annonçait eu tête de ses colonnes :

La vente de 55,000 actions de 500 francs

de la

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