I.A FIN D’UN MONDE
Sur quoi, la foule se sépara, -resîreUant que la* séance eût fini si vile. Il aime à la passion les spectacles, et surtout les spectacles gratis, ce bon peuple de Paris, l’enfant gâté du hasard. Quelques-uns, dans la foule, en ,s’éloignanl me désignaient comme un oiseau^ rare :
« HumI disaient-ils, c’est pourtant vrai, voilà le fameux Diderot , le philosophe Diderot ! Un esprit fort , mon com^re! un atl>ée, un encyclopédiste, un faiseur de romans, un coureur d’aventures, un de ces brigands qui seront brûlés dans ce monde... et dans l’autrel Ils n’ont pas pour deux sous vergogne ou de pudeur, ces philosophes; en voici un qui est h pot et à rôt avec cette canaille! Il se tutoient, ils s’embrassent! ils se racontent secrètement leurs petites victoires! Tous débauchés! tous coureurs de filles! tous mouchards!... Telle était l’attention dont je fus honoré, dans mon propre quartier, pour avoir abordé... le neveu de D.vmeau!»
Car c’était lui, c’était bien lui tout à fait; pire encore, ou plus parfait, que je ne l’avais laissé avant mon départ pour la Russie. Il n’avait rien perdu, non rien, de sa majesté de la borne et de sa, gloire du ruisseau. C’était le même héros du diaphragme et de la sensibilité nerveuse, •avec les frissons, les pitiés, les larmes, les extases, les vapeurs d’autrefois. Certes, je ne le cherchais pas, je , ne l’esquivais pas;- mais le jour dont je parle, il y avait làhaut tant de pluie, il y avait ici-bas tant de nuages, eh ! je me trouvais si penaud , si désolé, si terre-à-terre, et si pareil à quelque enfant déposé sur les marches de Saint- Jean-le-Rond , que,, ma foi! j’acceptai franchement cette’ rencontre heureuse et criante avec un bandit plein de