‹ La fin d'un monde et du neveu de RameauChapitre 19 sur 89 · I.A FIN D'UN MONDE · texte numérisé non relu

I.A FIN D'UN MONDE

plies boca$'érœ. A votre aspect , les faunes soiit vaincus, les nymphes sont contestes, et c'est à qui vous entraînera dans la forêt vpisinc; à la fii) , quand il a bien voltigé de tleuh en bergère, l'Amour retombe aux pieds de Vénug ^ mais. Vénus, pour châtier le petit inconstant, le change en papillon aü'.opos (c'est Virgile ,q\x\ l’a dit). Voilà comment,, monsieur Vestrls, dans ce. tableau charmant, nous réunirons les grâces de l' Albane , et la force des trois Carracho, à la couleur de M. Boucher, premier peinte** du Roi. , ,

« Telle fut ma petite composition. J'eus le bonheur qu’elle ne déplût pas au diou de la danse. Il me fit un joli sourire en me gratifiant d’une tape sur la joue; il me dit qu'il était content de mui,que j'avais bienxompris son idée, et que peut-être il y aurait quelque chose à rettanclier au rôle de Vénus. Puis il me fit donner dix écus par M. son valet de chambre, qui, jieur sa part, en retint quatre, et je me trouvai encore bien payé.

! Diderot. — Sans doute, il obtint un grand suc.cès, ce ballet de la Toilelle de Vénus !.

Rameau, — Parbleu I Vestris le dansa à Fontainebleau ; il y mit son nom en toutes lettres, il en rapporta une pension de qqinr.e centsiivres, quatre portraits de marquises, six jarrptières et deux tabatières d'or.

Diderot. — C’est bien fait; voilà ce que vous avez perdu à n'étre qu'un franc vaurien Qui donc, nous eût dit cependant que vous tomberiez si bas , depuis le jour où je vous perdis de vue?

- Rameau. — Et vous, maître, et vous, mon sage, à quelle hauteur êtes-vous donc monté ? r

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LA FIN D’UN MOND-E

Diderot.— Malheureux,, vous^ voilà k fable de la ville et le jouet des- petits enfants I C'est à- qui vous montre au doigt, dans celte souquenille de Versailles et de l'égout.

Rameau. — .Mais, mon philosophe, en vous- voyant passer, le bourgeois lève l’épaule. 11 demande quel, est ce philosophe à Ja port^... à la porte de tout le monde. Diderot. — Âhl Rameau, quel malheur que vous ayez » si misérablement usé de tant de grandes qualités I

Rameau. — Âh! Diderot, quand vous voyez vos subalternes se pousser à tous les buts qui vous étaient proposés : J.-J. Rousseau à. la gloire, Grimm à la fprtune, Helvétius au repos, d’Alembert à l’Académie, et Marmontel historiographe, et La Harpe couronné publiquement, que pensez-vous de vous-même^ et n’ êtes-vous pas honteux de votre propre gaspillage? »

Ainsi, il avait réponse à toute chose; il roe.battait avec n\es propres armes. II. avait tout à fait perdu la' conscience du bien^et du mal, du vice et de la vertu. Il ne savait plus que chercher sa vio à travers toutes sortes de scandales, de misères et d’abjections. H était vraiment le parasite effronté des temps d’autrefois, . comme on en<voil dans les satires de Juvénal. II faisait peine- à voir; H était charmant à entendre. Il était tombé plus bas que l’abbé Pellegrin, il était plus pauvre que le po^ May. ,

« Je l'ai connu beaucoup, le poêle May, re,prit Ra.méau. Il s’était donné, sur la fm de sa vie, au dqc de Yentadour, qui le logeait dans son écurie. Une fois. cpie ce seigneur lui avait octroyé une perruque neuve, ea.k> priant de la ménager, le duc lerenc<mtrà, le iendedxain, qui portait, justement, sa- perruque neuve: •

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