‹ La fin d'un monde et du neveu de RameauChapitre 20 sur 89 · I.A FIN D'UN UONDB · texte numérisé non relu

I.A FIN D'UN UONDB

— OhLdiUil, poëte May, le temps est mauvais; pourquoi n’aves-voud pas mis votre perruque de tous les jours?

— • Monseigneur, parce que je l’ai vendue.

Et pourquoi l’avez-vous vendue?

— Parce que je ne pouvais pas vendre la neuve, monseigneur. »

Rameau dit cela'd’une voix attristée, et moi, me levant • ah>rs, et déposant sur la table l’argent de la dépense :

« Il est temps de se quitter. Rameau. Laissez-moi'ce* pendant vous dire un mot du poète May, qui est mort comme vous mourrez, un peu plus que sur du fumier, sur de la paille échauffée. Certes le malheureux était bien pauvte, après avoir été très-riche. Il était devenu la fable et le jouet des comédiens qui s’étaient assis à sa table. Il allait de cabaret en cabaret, à la suite de La Thorlllière père et fils, qui se moquaient de ses comédies, après les avoir beaucoup admirées tant qu'il eut trente mille livres de rentes. Il avait soixante ans , lorsque , dans les jours les plus cruels du grand hiver, il fut rencontré mourant de froid , couvert d'un habit de toile , et cherchant son dernier morceau de painl... Et comme on lui demanda par quelle force il supportait un habit si léger, il répondit, tenant ses mains cachées dans une poche absente :

H souffre! Il ne dit que cela. Il rentre et meurt. Votre misère, à vous. Rameau, elle vient de ceci : vous êtes lèche, éhonté , vicieux, et fils de la paresse ; ajoutez que vous ne savez pas souffrir! »

Alons, sans mot dire , il reprit son violon , et nous gagnâmes la rue en silence ; il était une heure du matin.

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