I.A PIN D’UN MONDE
généraux, les trésoriers de l’extraordinaire des guerres, caisses des emprunts, billets de monnaie, lettres de changes de Beniard et Nicolas, et des frères lloguez.
« Je portais même envie au rat de cave ! — Oui, mon fils, il faut mieux être un rat de cavo opulent, que d’être un chevalier de Saint-Louis et de porter la queue à la procession du cardinal de Chevreuse; et, si les gens invoquent la philosophie, on rit au nez de ces genS-là, et l’on répond : Un peu de philosophie et beaucoup d’argent, à la bonne heure. Lé fumier! le fumier! le fumier!
Diderot. — Eh quoi I vous avez eu ce funeste courage? Il n’a pas vu d’autre dieu qu’un louis d'or? Il n’a jamais entendu parler que des hommes d’argent? Il ne sait pas encore, à votre compte, les noms de Socrate et de Phocion, de Caton d’Utique et de Trajan, de Marc-Aurèle et d’Aristide, d’Harmodius et d’Aristogilon? Il ne sait que la finance ! Il ne connaît que le bruit du coffre-fort ? Ah ! le malheureux !
Rameau. — r Dites plutôt l’heureux jeune homme! A peine il eut l’âge de raison, qu’il s’est enfui , emportant mon louis d'or. Il m’a volé le Dieu que je lui faisais adorer! Il lui a fait suer l’usure; il l’a prêté et reprété à la petite semaine ! Ah! le gaillard! quel chemin il a fait sur cette pente rapide où je l’avais lancé ! Il fut tout de suite, en petit, un second Bouret, un autre Mqnteaurond, mais un Monteaurond qui n’eût pas donné dix écus du Cin?ia de Corneille. Pas si bête ! Et voilà comn^e il est devenu , grâce à moi , son père, un commis de la première condition; sa noble mère elle-même en serait fière, si elle le connaissait. — Je suis, moi, son Plutarque, et dans mes