‹ La fin d'un monde et du neveu de RameauChapitre 39 sur 89 · I.A PIN D'UN MONDE · texte numérisé non relu

I.A PIN D'UN MONDE

croix ancrée' de l’un à l’autre, il m’a semblé qu’une alliance entre vous et moi était possible, et je viens vous la proposer.

Le marquis de Fleuri , avec accompagnement de téorbe en pizzicato. — Mademoiselle, .si vous y tenez, je vous épouserai; mais que me donnerez- vous?

M"' DE Fresne. — Convenons d’abord que vous ni’épouserez le “25 de ce mois, en l’église de Saint-Roch, ma paroisse, et que vous vous chargerez do la publication des bans, moyennant cinquante écus.

'Le marquis de Fleuri, toujours en pïzricato. — En supposant que les cinquante écus suffisent, car je n’y veux pas mettre une pièce de trente sous de mon argent. Il me faudrait aussi, pour être présentable, si madame tient à ce que je sois présentable, une perruque et un habit.

M"' DE Fresne. — J’enverrai à .M. le marquis de F'ieuri la perruque, l’é|>ée et l’habit...

Le marquis de Fleuri. — Les bas de soie et les gants ; mémo les souliers et le chapeau.

M“* DE Fresne. — Les gants, les souliers, le jabot d’un lieutenant des gardes françaises que j’ai retrouvés dans un vieux bahut, et j’amènerai un sous-lieutenant de ces mômes gardes françaises, pour mon témoin.

Le marquis de Fleuri. — Ce sera bien de l’honneur pour nous deux, madame. J’aurai. pour témoin M. le chevalier Rameau que je vous présente, et, pour peu que vous .soyez aimable, il viendra, vêtu de son habit de marquis.

M“' DE Fresne. — Immédiatement après la cérémo-

nie et la signature de l'acte de célébration /lu mariage^ moi, étant bien et dûment marquise, je remettrai à M. le marquis de Fleuri le contrat d’upe pension viagère de douze cents livres , que je lui constitue, à dater de ce jour du vingt-cinq, sur ma terre de Firmaçon, libre et franche de toute hypothèque ; laquelle rente il touchera tous les trois mois, chez mon notaire Simonnet.

Le marquis de Fleuri. — Il est bien entendu que je toucherai d’avance, avant la célébration, le premier quartier de ma pension viagère? Quant à la terre de Firmaçon, libre et franche d’hypothèque, j’y ai toute confiance, et pourtant je préfère, et j’exige un contrat sur la vifie, de ladite somme de douze cents francs. Si mon marquisat est peu de chose, il vaut ça, ou il ne vaut rien.

M”' DE Fresne. — M. le marquis de Fleuri aura ce contrat sur la ville, à condition qu’il reconnaîtra comme siens, et de la façon la plus solennelle que faire se pourra, par ce mariage subséqqeqt , ma fille Adalgise, mon fils Forval, mon fils Sainval et mon fils Dori val.

Le marquis de Fleuri. — C’est convenu : .M'** Adalgise n’aura pas d’autre père , et je préviens MM. Forval ( Sainval et Dorival qü’ils pourront se faire un écusson do gueules à trois fasces d’or, au lion léopardé d’hermine, d’azur au paon rouant d’or, les livrées chaperonnées do soie, avec un rinceau d’olivier d’argent. Mais voilà bien des livrées pour un marquis sans culotte, en habit de garde française. A la guerre comme à la guerre ! Et vraiment je ne suis pas fâché du petit présent que je fais à messieurs mes fils.

M»« DE Fresne. — M'. le marquis de Fleuri me don-

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