LAS
celle bouche où respirait tant de bonhomie et de volonté, ces élans, ces tumultes, ces aspirations, cette parole abondante en grâce , en toute - puissance I — ô fumée , ô néant! — à peine un bruit, un souvenir! Soudain tout s’efface et disparaît à la façon d'une barque dans la tempête! et le curé de votre paroisse ira, cherchant dans ses registres une place obscure, ou sans scandale il puisse inscrire, en soupirant d’épouvante et de regret, le nom funeste et glorieu.v de Diderot, Voilà ce que je vous annonce..., et voilà ce que vous no croyez pas.
Diderot. — Voilà un joli De prnfundis, monsieur Rameau, monsieur Hameau le converti.
Rameau. — Non, pas encore le converti , mais le perverti. Là, vraiment, en votre âme etcmnscience, ne croyezvous pas au repentir, ne croyez- vous pas à la conversion?
Diderot. — Je crois aux regrets, je crois aux remords, et surtout je crois aux indigestions de Rameau.
Rameau. — Ne plaisantons pas, Diderot. Croyez-vouaà la conversion de M"' de La Vallière?
Diderot. — Je croirais presque autant aux remords de de Montespan.
Rameau. — Kt pourtant, Diderot, vous avez cru à la conversion de M'*' Gauthier la comédienne., une malheureuse que j'ai vue aux soupers du maréchal de Saxe, et luttânt de fièvre et de vin avec M. le maréchal. Si donc vous avez cru à la conversion de M"' Gauthier, une courtisane, pourquoi donc ne croiriez-vous pas à la conversion du neveu de Rameau?
Diderot. — Je ne crois pas à la conversion de Rameau,