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au Devin du villaye, et prenez garde, vous voilà loin du géant que vous appelez le chevalier üluck 1
Rameau. — Gluck est un dieu, le Devin du village est une oeuvre exquise. 11 est vrai que chez nous on ne l’a jamais bien comprise et chantée : n’ont-ils pas livré ce charmant rôle à M''' Arnould , cette horrible drôlesse ! Elle a souillé le rôle de Colette !. . . elle a gâté le rôle de Colin !
« Que c’était rare, innocent, amoureux, ce doux poème, orné de ces douces chansons ! Que cela exhale une douce odeur do jeunesse et de contentement! Un brin d’ironie! un accent rustique! une paysannerie enchantée! Ah! Colette! Il y avait chez la marquise une Colette endimanchée à la mode des grands appartements. Des diamants! des colliers! des broderies! une petite voix aigrelette, une poitrine étique, un filet de vinaigre sur des- roses! Cela s’appelait Colette! C’était éblouissant h voir, affreux à entendre! Évidemment, la marquise avait choisi tout exprès cette Colette ! Elle-même elle était le petit Colin ... le. plus joli petit Colin do la dentelle et de la prostitution !
« Je la vois encore ! Elle était \ ôtue à ravir, comme un sylphe, et des grâces, des finesses, des harmonies, une couleur, un charme, un prisme, un Colin du troisième ciel! Comme elle tenait à bien chanter, en mesure... et dans le ton, et à ce que l’on ne s’aperçût pas trop qu’avec sa voix aiguë elle chantait le rôle d’une haute-contre , elle s’en rapportait à mon violon pour l’accompagner. Elle était connaisseuse: elle savait que j’étais habile à faii-e valoir un beau son, quand il était juste, autant qu’à proté-