‹ La fin d'un monde et du neveu de RameauChapitre 6 sur 89 · I.A FIN D’UN MONDE · texte numérisé non relu

I.A FIN D’UN MONDE

Elle l'avait fait, le matin môme,, en se disant qu’elle le vendrait un bon prix aux divers promeneurs des Tuileries, sur la terrasse des Capucines; au Palais- Royal , dans la grande allée des Marronniers; que diable I elle espérait trouver en son chemin, tout au moins un coupla d'amoureux. Mais les temps étaient mauvais; les amoureux étaient rares, et Glycére avait en vain’ cherché un acheteur des plus belles fleurs de sa corlieille. — Ainsi, elle offrit ses rares violettes au clianteur, et celui -ci, avec le plus beau geste, plaça le bouquet à sa boutonnière, et prenant par la main la grisette (elle en ava^t un pied do beau rouge à la joue! ) il lui chanta d’une voix si douce (on eût dit le l)cau Léandro à Rose Véronèse) ! ce joli couplet du poète Autereau :

Par ce beau premier jour de mai ,

Sur la v'crdure, allons gai !

Laissez-moi cueillir un bouquet,

Ma tourclourettc,

Par amourette ;

Laissez-moi cueillir un bouquet Dans votre jardinet.

Elle sourit! elle rougit I elle était bien aise, et cependant elle cherchait à se cacher. La jeunesse I elle a l'instinct des vrais talents! Elle les devine! et môme dans le fumier elle trouverait des perles! Le chanteur la salua jusqu’à terre, avec ce bon conseil :

îji bergère un peu coqiicttc Rend le berger plus constant.

Passe, en même temps, un jeune homme; dallait vite, et

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