I.A FIN D’UN MONDE
pagnie excellente en hommes et en femmes : des comtesses, des marquises, des Bertillac, des Roubeux, des Rohan. On y jouait l'Espièglerie et les Folies amoureuses. On n'est pas plus coquines que cela !
« Mais de tous ces théâtres bourgeois, le vrai théAtre et le plus fameux, le spectacle le plus digne d’intérét, et pour lequel j'ai le plus travaillé, c'était le théâtre de la Guimard. Il y avait là quatorze loges à baldaquin , étoffées par les Grâces et dessinées par les Amours. Quatre ou cinq loges étaient grillées, à l’usage des honnêtes femmes qui ne voulaient pas être vues. Dans cette salle que M'"' do Pompadour n'eût pas désavouée, en certains jours, Guimard convoquait les femmes les plus perverses, les hommes les plus hardis, et c'était une bacchanale énorme... Elle avait choisi pour son poëte et fournisseur ordinaire le fameux Yadé, le Molière du ruisseau, le Dancourt de la halle, un drôle à tout dire, ami do l'obscénité, qu’il donnait à ces dames toute crue.. Et comme il la donnait, ces dames' l’acceptaient. Et quand ce n’était pas Vadé, c’était Carmontel, dieu des jardins, qui leur improvisait les plus sales proverbes. Pour conclure enfin, la Guimard et Dauberval son compère avaient inventé une pantomime intitulée : la Fricassée. A ces débauches de la danse et do l’esprit accouraient les plus grandes dames de Versailles, et les beautés les plus tarées de Paris la grand’ville. On y voyait, dans sa petite loge, la duchesse de Villeroy, accompagnée du duc d’Aumont; on y v'oyait, à la galerie , M'!« Tiercelin, qui a donné un fils au roi, et dont le roi chaque année a grand soin de payer les dettes. On y voyait M"* Dervieux , qui a fait