I.A FIN D’VN MONDE
Mtir un temple à sa lieauté; celle-là qui disait si bien ; « Les bMes n’ont qu’une saison pour aimer... mais ce sont des bêtes. » On y voyait aussi Zénobie, la maîtresse de Bontemps, le valet de chambre, et M"*' de Brassais^ la femme aux cinquante-trois amants; qui encore?... ahi j’y suis : M'*' Cavalier, M™' de Châtillon, M">' Horvaux,-qui était par trop rouge. On les voyait toutes, les unes et les autres, applaudissant, battant des mains, partageant les mêmes sensations, les mêmes pensées, les mêmes plaisirs.
« Confusion des confusions ; oubli complet du rang, de la fortune et des alliances; étrange assemblage d’ escrocs et de princes du sang, de La Vallièros et de Marions; poésies insultées, poëtes dégradés; grands seigneurs perdus dans la foule! 0 licence de l’esprit, perversité de toute espèce !... Et l’on se tutoyait, et l’on soupait ensemble, et c’était à qui, parmi les dames des deux extrémités du monde, étalerait les plus riches diamants, les plus grands noms, les renommées les plus perdues. Quand le souper çtait dévoré, que les plus sages étaient entrp deux vins, arrivaient les cinq bacchantes, le sein nu, les bras nus, la robe hardiment retroussée, la tête couronnée de lierre, et le thyrse à la main : M"'* Allard, Heinel, As.seline, Miou et Pitrat. Leur danse incendiaire, à trois heures du matin, mettait le feu à la poudre, et le volc.an sautait en l’air.
« Voilà ce que j’ai vu, Diderot; voilà les spectacles que j’ai comjuits, les paroles sur lesquelles j’ai fait des musiques; voilà les plaisirs qui plaisaient tant aux ambassadeurs, à leurs femmes, aux cardinaux, au nonce, au prince de Soubise; et si vous saviez quels compliments do clôture avait imaginés la Guimard !