‹ La fin d'un monde et du neveu de RameauChapitre 77 sur 89 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Je rentrai chez moi, comme toujours, plein d’ennui et regrettant la rue. Il n’y a rien de plus beau que les rues! tout y passe et tout en revient ; une noce, un baptême, un enterrement; tantôt le régiment plein de gloire, et tantôt les forçats décorés du collier de l’ordre. Ici Margot, plus loin Cidalise; et celui-ci qu’on va pendre, et celui-là qui va chercher l’églantine des poëtes toulousjiins.

Une fois chez moi, je sentis s’augmenter ma langueur ; mes gravures (de si belles épreuves!) s’effaçaient dans une ombre effroyable, et mon Vernet', ma joie et mon plaisir, s’abîmait dans sa furieuse tempête. Ils étaient là encombrant mon tapis de leur inertie et de leur honte, ces derniers volumes de ma chère Encyclopédie; hélas I la main déshonorante de mon libraire les avait flétris, souillés, plus que n’eût fait la main du bourreau.

Ils étaient ouverts aux places mutilées , et je pensais à cette parole de l’abbé Galiani, qui nous disjiit souvent:

« Mes amis, lisez le blanc des livres; c’est le blanc qui contient la vérité, la sagesse et l’honneur. C’est dans le blanc que sont abattus les superbes, que les humbles sont élevés. » S’il aimait le blanc ^ le philosophe Galiani, je lui conseillerais de s'abreuver à nos six derniers tomes que voici en blanc !

« Allons, Jeanneton, portez-moi tout ce blanc , avec tout ce qui est écrit, aux gémonies de l’épicier; qu’il fa.sse de mon livre et de ma vie une enveloppe à ses chandelles ; de celte façon seulement, nous servirons à la lumière. » Et Jeanneton se prit à sourire, et, tenant son tablier de ses deux mains, elle m’engageait à déposer là ce monceau de papiers inutiles. Elle en eut bientôt jusqu’au double menton, et, contente, elle emporta ce lourd et léger supplément à ses gages.

Pour le coup, je restai seul, bien seul dans ma chambre, et fort abattu. Que j’étais déjà loin de ce beau temps, où pour moi, la solitude était un poème, où je m’enchantais moi-même au récit de mes propres contes, où soudain arrivaient à mon premier ordre ; la timidité, l’embarras, l’agitation, la langueur, l'admiration, le désir, l’ardeur, l’empressement, l’impatiMice, l’éclat du coloris, l’épanouissement des traits, un certain frémissement, la palpitation, l’action des yeux tantôt enflammés, tantôt humides, le trouble, les transports, les signes, les caractères de l’éloquence et de l’amour ! Et maintenant, plus rien que la solitude et le silence, et Mimi, ma chatte. Elle est là qui me fait son ronron et me pardonne de l’avoir négligée. Elle me vient de Jean-Jacques et dç M"'* Rousseau. C’était par un beau jour d’été; j’avais passé avec eux

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la journée dans la vallée de Montmorency, et je revenais à Paris, lorsque madame et monsieur me donnèrent la petite Mimi qui venait de naître il y avait six semaines, avec des recommandations paternelles et maternelles. « Ohl monsieur Diderot, disait la dame, ayez grand soin de notre enfant! — N’oubliez pas son lait chaud le matin, reprenait le philosophe. — Il est très-frileux, ajoutait la bonne Thérèse. — Et très-joueur, » reprenait Jean- Jacques.

Or, l’un et l’autre ils ne se rappelaient guère en ce moment que sur les 3,379 garçons et sur les 3,126 filles que bon an , mal an , chaque année on porte aux Enfants- Trouvés de Paris, ils en avaient envoyé, pour leur part, une demi-douzaine 1 Ainsi J’avais bien élevé Mimi leur chatte; elle était reconnaissante et fort gentille, un peu coureuse, il est vrai, mais elle revenait fidèlement après vingt-quatre heures de gouttières. Rameau, qui l’aimait sans en convenir, avait fait pour elle une chanson , Mimi et Matou :

n la suit à pas de loup :

Dès qu'il peut faire son coup.

Crac, le petit drôle La filoute, lui prend tout,

Et puis, zcst, il s'envole...

Et toi aussi, pauvre Mimi, ton père et ta mère t’ont livrée au hasardl Pater meus et mater mea dereliquerunt me . . . Je m’endormis en chantant la chanson de Mimi. Mimi se coucha sur ma poitrine en ronronant. Le ronron cessa, j’eus un rêve. Ahî le rêve abomi-

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nable! on n’cn voit de pareils qu’aux tragédies do M. de Moissy.

Il me semblait que je montais dans la barque de Vernet. En ce moment, j’étais jeune et superbe, et j’allais, au gré du vent tiède et du flot doucement agité, aux aventures amoureuses. Bientôt le vent s’élevait, l’onde arrivait menaçante, une tempête effroyable nous précipitait, moi et mon esquif, sur les écueils. Là, séparé de ma barque, il m’apparut qu’elle portait pour nom do baptême ; Encyclopédie! et que de toutes parts, l’humble navire étant brisé, arrivaient des sauvages qui le déchiraient en mille pièces, chacun de ces hommes enlevant sa planche et son clou. En vain je criais, je pleurais, je m’agitais. «C’est mon esprit, disait l’un, que je remporte! — et c’est ma science! » disait l’autre; et les uns et les autres ils se ruaient dans ces épaves... Et bientôt je vis, sur le même rivage, ces hommes acharnés à leur butin, qui construisaient avec ces matériaux de toutes petites barques, de la dimension de ces bateaux en papier dont s’amusent les enfants, moi restant pauvre et nu, dépouillé de mon navire F Encyclopédie. AhI le mauvais rêve! Euhl le mauvais rêve!

Ainsi, toute la nuit, je fus battu de l’onde amère et frappé de ces foudres, et, quand je me réveillai, la douce Mimi dormait à la même place. Un peu remis de mes tempêtes, j’attendis le jour; le jour venu, je voulus lire, et sur la table où l’on dépose les livres nouveaux qui sont sitôt de vieux livres, je ne trouvai que des rapsodies : les Œuvres de Lamettrie et les poèmes du cardinal do Demis; la Ré/ulalion de l'itmilc et les Satires du sieur Groubert de Groubental. A peine on en peut lire une vingtaine de

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pages, une dizaine de vers, et ça se rejette abominablement.

Il y avait aussi : les Lettres de Sophie, par l'abbé Desfontaines, et l’Ami des hommes, du comte de Mirabeau... Tout cela pour le tablier do Jeanneton, tout cela pour la consoler do l’abandon de Rameau, son ami et son fiancé! L’ingrat l’oublie; il est dans son droit, il est riche. Il lui a promis positivement le mariage. . . il a fait fortune , il ne se mariera pas avec Jeanneton I A la fin , je me lève et me regarde au miroir... Que je suis vieux, mon Dieu ! que mon visage est triste et que mon front e^t sombrel Ah! les yeux injectés do sang, la ride obstinée et le sourire éteint! Je cherche en vain, dans ma poitrine à demi brisée, un de ces éclats de voi.x qui faisaient tinter les vitres et trembler les voûtes ; à peine si je m’entends moi-même!

Il était écrit là-haut que je devais. mourir le jour où s’achèverait ma triste entreprise! Et déjà voici tinter la cloche des morts!... Vaniteux que je suis! la cloche des morts no tintera pas pour Diderot le philosophe; il ne sera pas enterré en plein jour; on l’emporte en cachette... et sans prières, on le jette au rebut, quelque part, le curé fermant les yeux et s’exposant, pour sa tolérance, aux réprimandes, aux censures de l’Évêché.

Je sortis sur l’entrefaite et m’en allais je ne sais où, lorsqu’un humble cercueil traversa ma route, accompagné do peu de gens. Ce n’étaient pas des artisans, ce n’étaient pas des bourgeois, non plus que des seigneurs; ils appartenaient évidemment à la race oisive, intelligente, insolente et pauvre des écrivains. Démarche altière,, habits

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fanés, douleur absente; une comédie, il est vrai, mais sans grimace. Ils marchaient comme on revient de la bataille, après une défaite. Où donc avais-je rencontré ces visages en deçà des mondes que j’habitais? Un d'eux qui me reconnut, mon cha{)eau à la main et saluant le mort, nie dit tout bas : « C’est bien à vous, monsieur Diderot, de saluer votre ennemi mortel, Jean Fréron. »

Il Otait vrai I c’était Fréron que l'on portait à ses derniers abîmas! Qui m’eût dit que j’assisterais à ses funérailles, et que je saluerais son cercueil? Il était mort subitement, Il avait indisposé contre ses feuilles je ne sais quelle infime comédienne, et, la sotte! elle avait ameuté contre ce pauvre homme un géntillàtre de la chambre du roi. Ce gentilhomme, aux pieds de cette infante, avait juré, sur son épée et ses grands dieuxl éj)ée et dieux de peu de chose, qu’il aurait vengeance de ce drôle, et il' avait tant fait, pour plaire à sa drôlesse, que les gens de police, honteux de leur ingratitude, étaient venus quérir chez lui, dans son lit , ce malheureux Fréron, tout noué par la goutte, pour le conduire à Saint-Lazare. Il était mort en chemin, le pauvre diable, et la fille de théâtre, heureuse et vengée, en avait donné un petit soufflet d’amitié sur la joue k son amant le cliambellan, qui, pour lui plaire, avait galopé à quatre pattes sur son cordon bleu ! « Ah! disait-elle, en feras-tu jamais trop pour les beaux yeux que voici , vieilln ducaille !... »

Ainsi mourut, sous la main des argousins, qui auraient dû le défendre et le protéger, l’entasseur de nuages dans i. innée littéraire , ce malheureux Fréron, le plus intrépide et le plus éloquent défenseur du trône et de l’autel.

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Ceci fut la juste récompense de ses grands services, de ses mérites illustres. Voilà pourtant comme ils traitaient ce courage à leur solde, et cette arme à leur portée! Ils avaient la rage à ce point d’emprisonner les écrivains, que leurs propres écrivains n’étaient pas épargnés par l’exempt des belles lettres, M. Quidor.

Pauvre diable de Fréron! quelle récompense, et les tristes funérailles! Rien n’est plus vrai, je me mis à le plaindre; il m’inspirait une pitié profonde. Sa vie avait été une lutte infime, et sa mort était une ridicule injustice. Ainsi, te voilà pour toujours enfoui dans ta bière chétive, et porté sans honneur dans une fosse éphémère, ô loi l’ennemi le plus obstiné de Voltaire 1 aiguillon qui faisais bondir le taureau ! moucheron dans les naseaux du lion! aspic, serpent; ver de terre en révolte! haine impuissante, et bruit sans écho! A quoi donc t’a servi la renommée usurpée sur celte gloire immense, et qu’as-tu fait des dépouilles de l’aigle dont la serre ardente est restée imprégnée à tes anneaux de vipère?.,.

U t’a laissé retomber dans les fanges; il est là -haut qui plane, et ne s’inquiète guère de toi qui rampes I A la fin, te voilà mort sans bruit, comme un autre homme, et la trompette en sens inverse, où ton nom retentissait dans un souffle empesté, n’a pas su dire aux quatre coins d’icibas : Fréron est mort! Chacun l’ignore, et l’on se demande, on te voyant passer sous ce crêpe banal, si c’est bien toi qui fus naguère le héros d’une comédie intitulée: V Écossaise, où ton ennemi, malin comme un singe et cruel comme un peëte irrité, traînait dans sa gémonie étincelante ton nom, ta bonne renommée et les secrets

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les plus cachés de la maison. Oui, cette foudre et ces éclairs, ce pétillement de colère et de mépris, ces cris, ces rages, ces morsures, ces bons mots. Voltaire contre un seul hommel... Et cet homme était toi, Fréron, ce môme insulteur que je rencontre accompagné d'une douzaine de pauvres diables que tu nourrissais do ton travail et de ton pain. Va-t’en donc aux abîmes ouverts à tes pareils 1 va dans l’oubli I Diderot te {Kirdoone au nom des philosophes, c’est bien assez, pour ta peine, d’avoir été honoré de l’estime et de l’amitié de Palissot.

Tel fut mon petit bout d’oraison funèbre. On ne dit rien de mieux, sur le tombeau do ce pauvre Fréron. Volontiers je l’aurais accompagné jusqu’à sa fosse; il fallait vraiment que cet homme eût été bien peu de chose icibas, pour que ma haine eût cédé si vite. Hélas! le vilain métier, ce métier d’énergumène à froid 1 que c’est triste, être un obstacle à toutes les vérités de son siècle, et donner, sans cesse et sans fin, dans toutes sortes de violences inutiles, comme un lâche et comme un pleutre, et sans rien croire, cl sans rien aimer, un démenti à la liberté de conscience, à la liberté do la poésie et de la pensée, à toute espèce de liberté 1

Peut-être en ce moment demandez-vous ce que Rameau est devenu depuis vingt-quatre heures? A-t-il été sage? Au contraire a-t-il été la dupe de tous les pièges que nous pressentions, et qu’il pressentait lui-même? Enfin cette araignée de Guimard a-t-elle entortillé notre héros dans ses toiles souillées? Voilà certes ce que vous et moi nous aurions voulu entendre de la bouche même de Rameau. Je crois bien, tel qu’il était, dans tous les extrêmes,

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dans toutes les extases, dans l’emphase et dans le trivial, que l’orateur Rameau ne vous déplaisait pas. La note une fois acceptée, il y a des musiques étranges dont on ne saurait se défaire. Eh bienl ce n’est pas lui, j’en suis fâché, qui vous racontera son entrée en possession de l’hôtel de la Guimard. Ce sera moi, Diderot, s’il vous plaît ; encore, les détails que je vais vous dire, je ne les tiens pas de Rameau. 11 est resté profondément muet sur cette scène dans laquelle il a joué le beau rôle, et moi qui la raconte, je l’ai apprise en détail, çà et là , par l’indiscrétion... par la pitié des témoins.

Nous avons laissé Rameau marchant à grands pas, pour rejoindre et son orchestre et sa maison. Justement ces messieurs sortaient du cabaret, et l’accueillirent par une musique infernale. A ce bruit joyeux, en deçà de toutes les lois musicales , qui lui annonçait sa ruine accomplie, accourut la Guimard. Elle attendait son maître à tout hasard, et se tenait cachée en un coin de son balcon. A la fin, quand elle vit accourir, reconnaissable au numéro gagnant qu’il portait sur son chapeau en guise de cocarde, un des anciens valets de sa propre comédie, Athénaïs Guimard respira plus à l’aise. « Il sera bien habile et bien heureux, s’il échappe à mes enchantements 1 »

Et voilà comme on ne se connaît pas soi-méme. Il n’y avait personne, au fond du monde infime des coulisses et des petites maisons, qui fût moins dangereux pour notre ami Rameau que ces déesses délabrées dont l’Opéra même ne voulait plus... Lui cependant, après avoir assisté à sa propre sérénade, il congédia sa musique avec le geste d’un gouverneur de Paris entrant en son gou-

vernement. Au mouvement glorieux de sa main pleine d’iklairs, soudain la grande porte est ouverte. Il pénètre en ce fameux vestibule où l'on voyait dans leur niche six statues en marbre de Pigalle et de Coustou : le Silence, un doigt sur la bouche; le Mystère ^ enveloppé dans ses voiles; la Folie et ses grelots; Mercure et son caducée; Hébé, la nymphe k la coupe d'or; Hercule, une pantoufle sur la tète, un fuseau k la main.

Trois portes de ce glorieux vestibule, au rez-de-chaussée, conduisaient : dans Ik salle k manger, au salon, et de la galerie au boudoir. Les voûtes étaient peintes par Lagrenée et Fragonard. L’arc du milieu laissait entrevoir des tapis de verdure, où brillaient des roses naissantes au milieu d’arbustes étrangers. Un escalier en bois d’acajou, rare et singulier, conduisait en toute hâte aux chambres supérieures. Ce n’étaient qfue pilastres, colonnes, entrelacs, glaces biseautées k Venise; alcôves, sofas, lits de repos : tout était galant, riche, élégant, silencieux. Comme il se sentait chez lui , Rameau ne s’étonnait de rien. La galerie était cependant une meneille.

On y voyait, entre autres jolies toiles : le Repas italien, de Lancret, peintre du roi; la Solitude agréable, de Boucher, peintre du roi ; le Départ pour la pèche, de M. Vernet, peintre du roi. Dans le boudoir jiétillaient les Quatre heures du jour, le Ballet du prince de Salernc, l’Amour à l’école, et le Village pillé par les Pandours de M. le maréchal de Saxe. A M. Coypel, peintre du roi , avaient été conflés les dessus de portes, où brillaient en cama'ieux liacchus et Vénus, l’Ofjicier galant, les Vivandières, le Négligé. Dans le salon

d’attente, Karl Wanloo, peintre du roi, avait représenté le Faiseur de châteaux de cartes, la Pupille , le Paradis terrestre et Job sur le fumier, un véritable avertissement.

On voyait dans la salle du billard plusieurs tableaux qui n’eusSent pas déparé une chapelle ; Saint-Antoine , de Padoue prêchant l’Évangile aux oiseaux . . . Les oiseaux l’écoutaient... beaucoup mieux que n’eussent fait les habitants et habitantes de céans. — Ici la Madeleine k demi repentante; un peu plus loin, Judith, coupant la tête d’Holopherne; et puis les Gentilles villageoises, les Pelles vendangeuses , le Temps mal employé, la Vue, le Toucher, l'Odorat, le Berger content, le Siffleur de linottes, le Pot au lait, la Tentation de saint Antoine et le Parc aux Cerfs, digne cortiposition de ce polisson de Deshayes, le digne gendre de Boucher, mort de débauche entre les bras de ses modèles.

Il y avait dans le boudoir, posée sur une console.!., une sainte en sa niche, l’image de madame la comtesse du Barry. La dame était au bain, comme la chaste Suzanne, et, moins chaste, elle étalait sa beauté dans cette eau transparente. « Un jour, disait-elle k Doyen, son peintre, j’étais au bain, j’entendis un coup de tonnerre, et j’eus si grande peur, que je traversai , dans l’état où j’étais, tout mon appartement pour me cacher dans la pièce du fond. » Doyen ne disait mot et se tenait k la fenêtre : « Que faites-vous donc là. Doyen? — Madame la comtesse, je regarde si le temps n’est pas à l’orage ; cela ferait un beau coup de théâtre pour un peintre!» Cette baigneuse était justement du peintre Doyen.

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