‹ La fin d'un monde et du neveu de RameauChapitre 85 sur 89 · I.A l'IN D’L'N MONDE · texte numérisé non relu

I.A l'IN D’L'N MONDE

respect pour le père infortuné dont l’injuste main t’a jetée aux abîmes, ô ma Thérèse, enfant perdu d’un grand homme et d’une femme indigne ! ô berceau qui fus placé entre le génie et ta misère, allons ! courage, artiste inspirée, et loin d’ici, loin de ces fêtes, loin do ce misérable amant (d’un doigt irrité il désignait le jeune homme) I II te perd, ô ma fille; il est un lâche, un vaurien ; je le connais, je le sais par cœur! C’est mon élève et c’est mon fils : sa digne mère n’est pas loin. »

Il dit cola d’une voix terrible. A son geste, et comme s’il l’eût désignée au mépris de la salle entière, une femme en grand habit perdit connaissance. «Monfilsl mon fds! » disait-elle. Et Rameau, reprenant : «Oui, madame! oui princesse! il est à nous deux, ce fils des vampires! Ton espérance est ma vengeance, et la tendresse est le châtiment que j’impose à ton crime envers moi! »

Pensez donc à ces malédictions, à ces tempêtes! quelle fut l’épouvante universelle! et songez aux cris des femmes, à f indignation des hommes! « Mon enfant, disait . Rameau à la débutante éplorée (et do sa main vengeresse il indiquait le financier), prends garde à ce misérable... Il te dit qu’il t’aime : il ment, il n’aime que l’argent, son dieu; il t’a donné des diamants et des perles : jierles et diamants sont faux comme lui... » A la rougeur du jeune homme, l’assistance entière comprit que ce père avait deviné juste, et qu’il disait vrai. Le neveu de Hameau ne se connaissait pas en diamants et en perles; mais il connaissait ce misérable enfant de son paradoxe; il savait son mensonge; il savait son sang-froid; il savait •

à quel point il était méchant et lâche.

Page 1