‹ La fin d'un peupleChapitre 10 sur 166 · Den. d'Haï., II · texte numérisé non relu

Den. d'Haï., II

t PATRICIENS, PLÉBÉIENS, CLIENTS 5

toutes les parties du corps s'indignèrent de ce que Testomac obtenait tout par leurs soins, leurs travaux, leur ministère, tandis que, tranquille au milieu d'elles, il ne faisait que jouir des plaisirs qu'elles lui procuraient. Elles formèrent donc une conspiration : les mains refusèrent de porter la nourriture à la bouche, la bouohe de la recevoir, les dents de la broyer. Tandis que, dans leur ressentiment, ils voulaient dompter le corps par la faim, les membres eux-mêmes et le corps tout entier tombèrent dans une extrême langueur. Ils virent alors que l'estomac ne restait point oisif, et que si on le nourrissait, il nourrissait à son tour, en renvoyant dans toutes les parties du corps ce sang qui fait notre vie et notre force, et en le distribuant également dans les veines, après l'avoir élaboré par la digestion des aliments^ ». Peut -on plus clairement désigner le capital, parasite en apparence et en réalité vivifique ?

Si le patricien peut vivre et vit de ses rentes, le plébéien n'a pour subsister que les produit* de son travail ; et ce travail est celui de la terr^. — « Cette année-là (en 314), écrit Tite-Live, la famine désola la ville. Les patriciens en accusèrent la paresse des plébéiens, et que l'attrait des assemblées leur eût fait négliger la culture^.». Nous savons de reste qu'à cette époque reculée, l'industrie n'avait à Rome aucun développement. Chaque famille se suffisait à ellemême : meubles, vêtements, ustensiles de ménage, outils de travail, armes de chasse et de guerre, tout se faisait à la maison. On trouve parmi les institu-

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