‹ La fin d'un peupleChapitre 11 sur 166 · Liv.lV · texte numérisé non relu

Liv.lV

6 CHAPITRK PREMIER •

lions de Nuina rénumération de sept corps de métiers : orfèvres, ouvriers en cuivre, charpentiers, foulons, teinturiers, cordonniers, joueurs de flûte ; et voilà, pour la Rome ancienne, la liste complète des industries travaillant pour le compte d'autrui.

Agriculteur, le plébéien est propriétaire du petit lopin de terre arrosé par ses sueurs. Considérez comment ce fonds est venu entre ses mains et le développement que sa possession a suivi. Le chef de la gens le lui a concédé alors qu'il tenait encore à la gens par le lien de la clientèle : il en était simplement possesseur précaire. Pour Tencourager à y travailler avec ardeur, le concédant lui assure une possession viagère. Un progrès de plus : il obtient le droit de le transmettre en mourant à son fils ; il est possesseur héréditaire .. Tandis que le lien qui l'unit à la terre se fortifie, celui qui l'unissait au chef de la gens se relâche. Non seulement, il ne cultive pas pour le maître, mais il cesse de lui devoir une redevance fixe. Ce sont des services* indéterminés (exemple : payer la rançon du patricien s'il est fait prisonnier, contribuer h la dot de sa fille, payer ses amendes judiciaires) qui rappellent seuls sa dépendance. Il en arrive enfla à s'affranchir de ces devoirs. . Dès lors, la terre qu'il possède héréditairement est franche de toute servitude ; sa possession est devenue propriété. Le client est transformé en plébéien * .

Ce fut sans doute la clientèle des rois, celle des grandes familles, celle dont la gens venait à s'éteindre qui fut la première à s'émanciper. Le mouvement

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