Ad AU., IV
dépenser, pour acquérir le droit de devenir, pendant une année, maître et seigneur d'une riche province ? Aussi les candidats au consulat n'y regardent plus, dépensent sans compter. — « La brigue est si active au Champ-de-Mars, écrit un jour Cicéron à son frère Quintus, que l'argent devient rare sur le marché de Rome, et que le taux de l'intérêt est monté de quatre à huit pour cent »! — « Chacun des quatre concurrents, dit-il une autre fois, va dépenser pour son élection au moins dix millions de sesterces » : près de deux millions de francs, excusez du peu. Tel candidat, indépendamment de la somme qu'il a versée pour son élection, s'engage à servir, pendant toute sa vie, une pension viagère de plusieurs milliers de sesterces à chaque tribu *...
Il faudrait connaître le nombre des participants, — et nous n'avons aucune donnée précise à ce sujet, — pour évaluer, même approximativement, la part qui revenait à chacun de ces prodigalités. Mais d'un fait que rapporte l'historien Suétone, nous sommes en droit de conclure qu'elle ne laissait pas d'être très appréciable, a Le jour des élections, dit Suétone, Auguste faisait distribuer, à chacun des citoyens de la tribu dont il faisait partie, une somme de mille sesterces, afin qu'ils n'eussent rien à demander à aucun candidat - ». Mille sesterces font à peu près deux cents francs. — et nous sommes loin de l'époque où la corruption battait son plein... Le joli titre de rente que consti-
1 . Cic, ad QuinU, II, 15 ; III, t. — Cf. Boisfier, op. rit .