OISIVETÉ ET CORRUPTION
étaient réservés au citoyen ; et la part de chacun n'était pas trop forte pour un seul.
Ajoutez que ce peuple d'oisifs est en même temps un peuple de corrompus ; et que, pour le détourner du mariage et de la paternité, son intérêt s'accordait très bien avec ses passions. On sait l'importance qu'avait prise à Rome, vers la fin de la République, le vice que flétrissait, dans un langage énergique, l'Epitre aux Romains de Saint Paul : (( Masculi, relicto nalurali usu feminœ, exanerunt in desideriis suis in invicem, masculi in masculos turpitudinem opérantes ^ ». La loi ne le punissait pas, quand le sujet passif était un esclave ou un affranchi ; et l'opinion se montrait plus accommodante encore que la loi. Nous savons, par Cicéron, que dans un procès politique, de beaux adolescents furent offerts aux juges, et servirent à s'assui:er les suffrages de ceux que l'argent n'avait pu corrompre. Les poètes romains de l'amour, Horace et Virgile, Properce et TibuUe, tous à l'exception d'Ovide qui « hait les embrassements dont l'ardeur n'est pas partagée », sont des poètes à double corde; et ils attestent, par la licence de leurs vers, que la passion dont ils suivaient l'inspiration pouvait, de leur temps, être ressentie sans scrupule et avouée sans honte.
De Grèce était venu ce vice répugnant : de Grèce encore, l'usage barbare de se délivrer, par l'exposition des enfants nouveau-nés, du souci de leur éducation.