‹ La fin d'un peupleChapitre 116 sur 166 · Liv., XLI · texte numérisé non relu

Liv., XLI

devenu ce que Martial refusait d'être : « Vous me demandez, écrivait-il à un àmi, pourquoi je ne veux pas épouser une femme riche? c'est que je n'a^ nullement l'envie d'être le très humble servant de mon épouse » ! On ne lui laissera pas même le di^ôit de gémir ; et s'il s'élève une voix de poète, qui « enf ie le bonheur des Gêtes et des Scythes, heureux baf bares,' où l'on ne connaît point ces femmes richement dotées qui commandent à leurs maris, dotata régit virum covjuxf », ce sera la voix d'un célibataire endurci, la voix d'Horace ! *

Cette servitude qu'était l'alliance avec une riche matrone, bien qu'elle fût pour quelques-uns une servitude dorée, fut de plus en plus pesante; et on conçoit que le nombre de ceux qui la repoussèrent allât toujours croissant. On se fatigua de ces chaînes que Juvénal a si bien décrites, et qui lui faisaient conclure peu galamment que rien n'estplus intolérable qu'une femme riche,

Intolerabilius niliîl est quaiu femina dives :

« Epoux, tu ne disposeras rien sans l'aveu de ton épouse. Tu ne vendras ni n'achèteras rien qu'elle n'y consente. Tu seras l'exécuteur de ses volontés. Tu signeras aveuglément tous ses caprices. Tu obéiras, sans mot dire, à ses observations. Elle té prescrira jusqu'à tes affections - » ! La mesure fut au comble, quand, de sa prédominance, la femme profita pour dépouiller dans ses biens propres le mari.

1. Plaut., Asin. 89; Méneckm, 755; Mart., XIII, 12 : Hor., Od., III, 24.

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