Cic, Correspondance, passim
cèrent: « Que trouves-tu à redire en elle? N'est-elle pas sage? N'est-elle pas belle? Ne porte-t-elle pas de beaux enfants »? — Mais lui, étendant son pied, leur montra son soulier, et leur répondit : « Ce soulier n'estil pas beau? N'est-il pas bien fait? N'est-il pas tout neuf? Il n'y a personne de vous qui sache où il me blesse » K — Voilà bien toute la théorie des Romains et des Romaines du siècle d'Auguste.
« La femme de César ne doit pas être soupçonnée o ; et César répudie Pompéia. Il est de méchant présage que la mort entre dans une maison ; et Sylla répudie Métella qui se meurt, et la fait transporter tout agonisante hors de chez lui. Cîcéron, qui après son premier divorce épousa Publilia pour ses richesses, la répudie parce qu'elle lui a paru se réjouir de la mort de Tullîa. — Mais les femmes ne veulent point être en reste, « Paulla Valeria, écrit Cicéron dans une de ses lettres, divorce sans motif. Elle va se remarier avec Brutus. Elle choisit justement le jour où son mari sera de retour de sa province ». L'écrivain trouve la farce plaisante ; il ne s'indigne pas. Pour mériter le blâme, il faut être, non point l'épouse successive de deux ou trois individus, ce qui est la règle, maisune femme de beaucoup de mariages, mulier multarum nuptiarum, comme cette vieille Cornificia (un nom prédestiné à faire le bonheur des maris), dont nous parle également Cicéron. A l'inverse, la a femme qui n'a eu qu'un mari » est un type si rare qu'il en devient apprécié, — et que, dans le chapelet des éloges funéraires que de pieux héritiers inscriront sur sa tombe,