‹ La fin d'un peupleChapitre 124 sur 166 · Mil, glor, 703 et ss. — Cf. Friedlœnder, . t. I · texte numérisé non relu

Mil, glor, 703 et ss. — Cf. Friedlœnder, . t. I

LES PRIVILÈGES DE l' (( OHBITAS )) 239

prières et les supplications ; et le Portique tout entier se revêtira de tablettes dépositaires des vœux les plus ardents. Les aruspices seront consultés. Le sang des sacrifices inondera l'autel. Alors que, pour un père de famille, on ne sacrifierait pas même une caille, — pour Gallita et Paccius, des riches sans enfants, on immolera jusqu'à des hécatombes, a Ils voueraient aux dieux leurs propres filles ! », dit Juvénal.

... si qua est nubilis illic Ipbigenia domi, dabil hanc altaribus i...

Incrédule ou bien portant, vous appréciez mal peutêtre ce genre de services, et vous n'avez que faire du sang de ces nouvelles Iphigénîes. Soit. Mais ferezvous le dégoûté, si l'on vous apporte, gracieusement, un gâteau pétri dans du miel de l'Hylba, quelque surmulet ou quelque turbot de haut prix, un sanglier de taille merveilleuse, des corbeilles chargées de primeurs et de fruits rares, une amphore de vin jeune ou de vieux Falerne, quelques couples de grives bien dodues et de tendres colombes, voire une rente de six mille sesterces. Eh bien ! ce sont des présents de telle sorte que, pour se concilier ses bonnes grâces et faire partie de ses successeurs, l'habile captateur, au témoignage d'Ovide, offre au vieillard sans enfants. Ce sont des présents que Martial, tout pauvre gueux qu'il se plaignait d'être, 'trouvait moyen d'envoyer à son ami Gallicus : « Quand tu me jurais par ta tête que j'hériterais d'un quart de ton bien, je t'ai cru, ô. Gallicus (doute-t-on jamais de ce qu'on désire), et je t'ai offert

1. Ov., An am., II, 31» ; Juv. XII, 98 ; Cic. Parad. V, 2 ; Mart., XII, 90.

force cadeaux ». — Il n'est pas jusqu'au propriétaire, cet homme dont le cœur de roche est impitoyable, les jours de terme, au père de famille, qui ne s'aplatisse devant le riche sans enfants, qui ne se fasse tout petit et tout aimable devant Vorhm, qui ne refuse de recevoir le prix du loyer M ,

Est-il lui-même son propre propriétaire, et que sa maison vienne à brûler? « Les dames romaines font éclater leur désespoir, la noblesse prend le deuil, le préteur suspend son audience. L'un vient offrir le marbre pour la reconstruire; l'autre veut la faire relever à ses frais. Celui-ci promet des statues ; celuilà offre les antiques et précieuses dépouilles des temples de la Grèce. C'est à qui enverra des livres, des tablettes, des boisseaux d'argent. L'heureux orhm I On l'accuserait presque d'avoir mis le feu à son palais - ».

Mais qui oserait soutenir contre lui une accusation criminelle? Ne sait-on pas que de toutes parts, si quelque procès lui tombe sur le dos, il accourra des gens pour le défendre, — des gens qui suivent le conseil d'Horace : « S'il se plaide au forum une cause importante.... L'un des deux adversaires a pour lui une excellente réputation et la force de son bon droit, mais il laisse au logis un fils ou une épouse féconde : méprise-le L'autre est un coquin, mais il est riche et sans enfant : sois son défenseur »... Conseil suivi, remarquez-le, non seulement par des individus quelconques, défenseurs officieux dont on se passerait, — mais, ce qui est bien plus avantageux, par

1. Hor.. Epist. 1, 1 ; Ovid., Ars am. II, 271 ; Mart., IV, 56 ; V,.39 ; VI, 27 ; IV, 49.

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