Juv. III
LES PRIVILÈGES DE l' (( ORBITAS )) 241
les juges eux-mêmes.. « Silvanus, écrit Tacite, était accusé d'un crime. Ses adversaires demandaient le temps de rassembler des témoins. Il insistait pour être jugé sur l'heure. Il l'emporta, parce qu'il était vieux, riche et sans enfant, valuit pecuniosa orbitale et seiiectu^)).
Le croirait-on? les empereurs eux-mêmes ne furent pas insensibles aux espérances que laisse entrevoir Vorbitas, et leurs faveurs intéressées s'abaissèrent plus d'une fois sur Yorbus. « Pour plaire à Quirinus, personnage consulaire fort riche et sans enfants, Tibère condamna Lepida, la plus vertueuse des femmes, répudiée depuis vingt ans par Quirinus, et accusée par lui d'avoir autrefois voulu l'empoisonner ». C'est l'impassible et impartial historien des Douze Césars, Suétone, qui nous rapporte ce fait, sans le commenter. — Néron, au témoignage de Pline l'Ancien, ne laissa vivre Julius Vindex, son adversaire et le défenseur de la liberté, que parce qu'il avait l'espoir de figurer dans son testament. — Agrippine ne s'intéressait pas moins que son fils à l'avenir des orbi. Elle avait, parmi ses suivantes, une femme très riche, de naissance illustre, célèbre par sa beauté comme aussi par ses débauches, Silana, qu'un jeune hopame d'excellente famille recherchait en mariage. Ce mariage n'eut pas lieu. Agrippine s'efforça de le faire manquer et y parvint, à force de répéter au jeune amoureux que Silana était une vieille femme et une débauchée. « Elle ne voulait pas, dit Tacite, que les grandes richesses