‹ La fin d'un peupleChapitre 126 sur 166 · Hor., Sat., II, 5 ; Tac. Ann. XIII · texte numérisé non relu

Hor., Sat., II, 5 ; Tac. Ann. XIII

d'une orba passassent aux pouvoirs d'un mari ». On voit par là qu'il n'était pas toujours sans danger d'attirer sur soi par Vorbitas les faveurs et les attentions, — et que toute médaille a son revers. Mais, en somme, les avantages étaient plus ordinaires et l'emportaient mille fois sur les inconvénients^ .

Ils l'emportaient si bien, que Vorbm habile ne négligeait rien pour exploiter la situation, et pour retenir à ses genoux la foule de ses adorateurs. Il n'épargnait pour ce, ni les promesses, ni les fraudes; trente fois, dans le cours d'une même année, faisait et refaisait son testament; pâlissait par un procédé artificiel son visage, ou affectait une toux menteuse, afin de faire croire à sa mort prochaine; toutes les fois qu'en sa chambre il pénétrait un étranger, poussait « un gémissement sourd, un soupir exhalé du fond de la poitrine comme le cri plaintif du poussin qui sort de l'œuf ». — Il faut lire, dans le Satyricon de Pétrone, la combinaison qu'imaginent, pour faire fortune, d'audacieux coquins : « Eumolpe (telle .est la leçon apprise en commun) vient d'enterrer son fils, et l'infortuné vieillard s'est expatrié, ne voulant plus voir un tombeau qui chaque jour renouvelait ses larmes. Pour comble de maux, il vient de perdre dans un naufrage deux millions de sesterces. Oh ! cette perte est par elle-même insignifiante : il possède, en terres et en argent placé, trente autres millions ; il a une telle foule d'esclaves, disséminés dans ses riches domaines de Numidie, qu'avec eux il pourrait prendre Carthage. Mais ce qui le touche, c'est qu'il est privé de son domestique, et que rien ne lui

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