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un magistrat qui possède le pouvoir de faire battre de verges et tomber les têtes, on aura peur ». Il hésite pourtant h aller jusqu'au bout dans la voie de la résistance. La logique commandait d'investir de la dictature un homme de fer, un Appius Claudius. C'est un homme de caractère très doux et d'une nature conciliante qui est nommé t Valérius. Valérius n'use point de sa puissance pour faire peur ; il promet. Et comme le Sénat refuse de ratifier ses promesses, il abdique la dictature : « J'aime mieux être témoin de la sédition comme citoyen que comme dictateur », dit-il en se retirant *.
Cette sédition qu'il a prévue éclate bientôt. La plèbe, consciente de sa force, ne se contente plus du rôle passif : elle joue le rôle actif. Elle n'attend plus l'irruption d'un ennemi pour refuser de prendre les armes : elle décide de se séparer de Rome. Elle opère cette sécession que Tite-Live et Denys d'Hélicarnasse nous ont poétiquement décrite comme une retraite au Mont-Sacré. Les légions plébéiennes se rendirent au Mont-Sacré, non pour y camper, mais pour^y tracer l'enceinte d'un nouveau marché rival du Forum et pour y poser les fondements d'une citadelle opposée au Capitole ^.
C'était la ruine des patriciens que cette séparation : . ruine morale puisqu'ils perdaient avec la majorité des citoyens romains toute leur puissance politique et leur influence sociale; ruine matérielle aussi, car le plus clair de leurs revenus (les profits du commerce, les intérêts de leurs avances), s'évanouissait