‹ La fin d'un peupleChapitre 14 sur 166 · Liv. II · texte numérisé non relu

Liv. II

2. Cf. Belot. Histoire des chevaliers romains, t. ï, p. 54 et ss.

et leur capital foncier, leurs immenses possessions, risquait fort d'être compromis. Aussi bien furent-ils, — comme ils y étaient les plus intéressés, — les plus empressés à tenter la réconciliation . . . Cett^ réconciliation n'était pas trop malaisée, parce que la plèbe y trouvait aussi son avantage : le petit cultivateur avait besoin du puissant capitaliste parce que le travail ne peut pas se passer de capital. Elle s'opéra donc ; mais ce fut la plèbe qui eut tous les honneurs de la guerre et tous les profits de la victoire. Pour le présent, la question des dettes fut résolue à la satisfaction des débiteurs et au détriment des créanciers. — Pour l'avenir, ir fut décidé que le peuple aurait, en face des magistratures patriciennes, sa magistrature à lui : le tribunat de la plèbe ; une magistrature de défense qui ne confère pas Vimperium à ses titulaires, mais qui leur permet de lutter contre Vimperium des consuls, adversus consulare imperium ; qui ne leur donne pas pour mission de proposer, mais de s'opposer : Veto ! ; protégée contre la trahison : sera brûlé vif le tribun qui sortira de fonction avant que son successeur ne soit élu ; mais protégée surtout contre le crime : de celui qui nuira à un tribun du peuple la tête sera vouée aux dieux infernaux, et sa famille et ses biens seront vendus ! *

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