Ulp., XIV ; Tac, de Mor. Germ
û'aflecte point ce que les jurisconsultes appellent sa factîo testarhenti passiva, mais seulement ce qu'ils nomment son jm capiendi : en d'autres termes, il n'est pas nécessaire que l'institué ou le légataire soit mari et père, à la fois à l'époque où le testateur dispose à son profit et au moment où il est appelé à recevoir la disposition ; il suffit qu'il soit père et mari, au moment où il est appelé à recevoir la. disposition. Et ce moment, — par une faveur insigne, — la loi ne le place pas au jour du décès, mais cent jours après le décès. Cent jours de grâce, ce n'est pas beaucoup pour devenir père, mais c'est bien assez pour devenir mari! Avec un peu de bonne volonté, tout le monde peut échapper aux déchéances du célibat, sinon à celle de Vorbitas.
Bien plus. Ce délai de grâce, si utile, peut être, avec la complaisance du testateur, prolongé à l'infini. Il suffit, pour ce, que la disposition faite à l'incapable porte cette clause : quum capere potuerit, « lorsqu'il sera capable ». Alors, celui à qui la libéralité est destinée n'a plus à se presser pour contracter mariage, et il dispose de tout le temps voulu pour devenir père. La loi l'attend, elle l'attend patiemment, elle l'attendra s'il le faut jusqu'à sa mort ; mais comme elle garde la coupe, et que la coupe est alléchante, elle espère qu'il finira bien par y venir. Tantale, s'il lui avait suffi de prendre femme et d'élever un enfant, pour atteindre ce fleuve,dont l'eau se dérobait toujours à ses lèvres, aurait-il hésité longtemps*?