Juv., Il, 57 ; Mart., VI, 4; Dion, LXXVI
de cette loi, — et quel(J\ies années plus tard, Vespasien doit la renouveler *.
Une classe particulière d'esclaves a su s'attirer les faveurs des matrones romaines : ce sont les histrions, — ces pantomimes qui furent aux deux premiers siècles de l'ère chrétienne la cçqueluche ^ du monde romain. « L'épouse d'un sénateur, Hippia, suit un histrion jusque sur les rives du Nil. Pour elle', plus de maison, plus d'époux, plus- de sœur, plus de patrie. Élevée au sein de l'opulence, dans la maison paternelle où son enfance avait reposé sur le duvet d'un élégant berceau, elle brave la mer: elle avaît depuis longtemps bravé l'honneur, que sur de moelleux carreaux on sacrifie sans regret ^ o... Ce n'est point un conte forgé à plaisir. On avait vu déjà, du temps d'Auguste, une grande dame se couper les cheveux à la manière des esclaves, et se fair^ la très humble servante du pantomime Séraphion. Et Pline parle, dans une de ses lettres, d'une vieille dame âgée de quatre-vingts-ans, qui entretenait chez elle des histrions « lesquels, dit l'écrivain, elle aimait beaucoup plus \i\ emenl (fovebat effusius) qu'il ne convient à une personne de son rang et de son âge » . Les hommes, qui disputaient au beau sexe les faveurs des pantomimes, avaient le dessous et en prirent ombrage. L'historien Dion nous apprend que «Tibère chassa les histrions de Rome, et leur défendit en tous lieux d'exercer leur art, parce qu'ils déshonoraient les
i. Tac, Ann. XI, 26 ; XII, .",3 ; Plin., XXXIV, H ;