‹ La fin d'un peupleChapitre 152 sur 166 · Juvénal, Sat. VI · texte numérisé non relu

Juvénal, Sat. VI

300 CHAPITRE aNQUIÈME

femmes » ; et la mesure fut renouvelée à diverses reprises par les empereurs qui suivirent * .

Déjà, au temps de Cicéron, il y avait des femmes de la plus haute société qui, comme la sœur de Clodius, menaient, aux yeux de tous, la vie de courtisane. « En l'absence de leurs maris, elles tenaient leurs maisons ouvertes à tout venant; elles admettaient à leurs tables des inconnus; dans les rues de Rome, dans lès jardins publics, à Baîes, partout, leur démarche, leur parure, leur cortège, le feu de leur regard, ^la licence de teurs discours, leurs baisers, leurs caresses, leurs bains, leurs promenades sur l'eau, montraient en elles de véritables courtisanes, et les plus effrontées des courtisanes -... » Après les réformes d'Auguste, elles allèrent jusqu'à en prendre le nom et les marques. On vit des femmes illustres s'inscrire, a pour se délivrer des devoirs d'une dignité gênante », sur les listes des proxénètes ! Et il fallut que des décrets sévères du Sénat, rendus soùs Tibère, défendissent expressément aux femmes • qui avaient un chevalier romain pour aïeul, pour père ou pour mari, de faire trafic de leur corps ^w I... Combien le législateur caducaire est dépassé ! Il avait voulu prévenir la faute en menaçant d'infamie celles qui y tomberaient, et les matrones se faisaient infâmes d'avance pour commettre plus facilement la faute !

Mais pourquoi les femmes rougiraient-ellés de ces

1. Juv., VI; Suét., Auguste, 45; Plin. J., VU, 24; Dion, LVII, 21 ; Tac., Ann,, IV, U; XIII, 25.

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