Tac, Ann. XIV
cevoir de cette élémentaire supercherie, ou pour la réprimer.
Un autre moyen légal d'échapper complètement aux incapacités de recevoir, édictées par Auguste, ne fut- enlevé au . célibataire et à Vorbus que sous le règne de Vespasien. Jusque-là, celui à qui il était interdit de recueillir un legs put recueillir un fidéicommis, c'est-à-dire prendre indirectement ce qu'il ne pouvait pas prendre directement. La succession qui ne venait pas à Primus, incapable, si le testateur avait dit : Je lègue à Primus, lui arrivait au contraire si le testateur avait écrit : Je lègue à Secundus (un tiers capable) à charge de restituer à Primus. — On étendit sous Vespasien, par un sénatus consulte, les incapacités de recevoir aux fldéicommis.
Il fut désormais défendu au testateur de se servir de la loi pour frauder la loi ; mais on ne put point l'empêcher d'imaginer une fraude nouvelle, qui, sans être aussi légale, eut à peu près la même efficacité que l'ancienne : le fidéicommis tacite, — l'engagement verbal et secret pris par Théritier nominal de restituer tout ou partie de la succession à l'incapable. En vain le législateur poursuivit de ses sévérités l'individu qui acceptait de servir ainsi de personne interposée. En vain le fisc, qui avait intérêt à découvrir les fraudes puisqu'il en bénéficiait, mit sur la piste toute la meute de ses limiers, — ces délateurs qui, suivant le mot de Tacite, se saisirent ainsi de Rome, de l'Italie et du monde entier.... Il fallut en définitive s'en remettre à la bonne foi des fraudeurs eux-mêmes. Un éditde l'empereur Trajan prononça que si quel-
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qu'un, avant que sa cause fût déférée à Vœrarium, avouait de lui-même être en possession d'une hérédité ou d'un legs qu'il était incapable de recevoir, — il conserverait, comme récompense de son aveu, la moitié de l'héritage frauduleusement accepté^ !
Ceux mêmes qui avaient pour mission de défendre les lois caducaires, si du moins avec les jurisconsultes de l'époque classique ils les considéraient comme a nécessaires au salut de l'Etat », — les empereurs, y faisaient de perpétuels accrocs. Auguste, tout le premier, n'avait-il pas accordé à son épouse Livie, pour la consoler de quelque malheur de famille, les privilèges d'une maternité qu'elle n'avait point ? Sous Tibère, n'avait-on pas vu se passer, — et probablement plus d'une fois, — ce iait que conte Tacite : « La nomination d'un préteur, à la place de celui qui venait de mourir, souleva quelques débats. Germanicus et Drusus, fils du prince, appuyaient un deleurs parents. Le grand nombre demandait qu'on préférât, comme le voulait la loi, parmi les candidats, celui qui avait le plus d'enfants. Tibère se réjouissait de voir le Sénat . hésiter entre les lois et ses fils. . . La loi fut vaincue, mais après quelques délais et à une faible majorité, comme il lui arrivait d'être vaincue aux jours de sa puissance-*))! Les empereurs qui succédèrent eurent plus d'audace ; ils usèrent avec abondance de la faculté qui leur était réservée, ou qu'ils se donnèrent, de déclarer légalement pères ceux à qui la nature avait