Tacii., Aîiîi
refuaé don enfants, et adoucirent au profit de leurs courtisans les rigueurs des lois d'Auguste .
Martial prie Domitien de lui accorder cette précieuse faveur. « Puisque vous avez lu mes vers tant » de fois, lui dit-il, et que les légères productions de » ma muse ont arrêté vos regards, réparez envers )) moi les torts du destin, et que je sois réputé père de » trois enfants. Si je vous ai déplu, ce don sera ma » consolation ; il sera ma récompense, si je vous ai » plu ». — et Domitien l'accorde immédiatement... Pline l'obtient de Trajan, et remercia l'empereur en ces termes : « Je ne puis trouver de paroles pour » exposer de quelle joie vous m'avez comblé, en me )) jugeant digne du jus liberorum ; il me semble que » je n'ai plus rien à désirer, quand je vois que vous » m'avez témoigné, dès le premier jour de votre » avènement à l'empire, que je n'étais pas indigne de » votre attention particulière »> Après l'avoir obtenu pour son compte personnel, il La demande pour ses amis, — pour le grammairien Suétone a qui a fait du mariage une expérience malheureuse », — pour un autre personnage .« qu'il 'cherche toutes les occasions possibles de servir » ; et sa demande est chaque fois favorablement accueillie. Remarquez que Trajan « s'est fait une loi de ne conférer que très rarement, et avec beaucoup de circonspection, le privilège des pères de famille ». qu'il s'est engagé vis-à-vis du Sénat « à ne pas dépasser un certain nombre»..*. Sous des princes moins délicats, la paternité légale fut de ces faveurs qui se vendaient au Palais* .
i. M.irl., Il, 91 ; Pline-Io-J.. Il, 13 ; X, 2, Q.i et OG.
Et si, en la recevant, quelques-uns sentirent, — comme Pline Taflirme en son propre nom — « redoubler leur désir d'avoir des enfants >), elle eut chez d'autres (probablement plus sincères) un eflet assez différent, a Le seul qui pouvait à ma prière, écrit Martial, m'accorder les droits de père, m'en a gratifié, pour prix de mes vers. Adieu, ma femme ! Je ne dois rien laisser perdre du présent du maître^ o. A quoi bon demander au mariage une demi-capacité, quand la paternité fictive vous rend entièrement capable ?
Si Ton. fait en somme le bilan des lois d'Auguste, on constate que l'actif est aussi maigre que le passif é^ considérable. Quelques justes noces de plus, — et c'est tout l'actif... Le mariage devenu un moyep d'éviter une amende, après avoir été un moyen d'unir deux fortunes ou deux politiques ; l'usage du divorce, déjà si courant, rendu si habituel qu'au dire * de Sénèque les matrones romaines comptent les années, non plus par les noms des consuls, mais par les noms de leurs maris ; l'adultère, fréquent jadis, mais aujourd'hui « organisé par la loi », suivant le mot cruel de Martial : voilà une part seulement, — et combien grosse ! — du passif. . . Le mal contre lequel on avait voulu réagir, on n'avait fait que factiver.