Val. Maxî, VI, 2, 3; Suét., Aug , 42; Den. Hal., IV, U
« Taffranchi qui rasait leur barbe de jeune homme, défie aujourd'hui par ses richesses la fortune de tous les patriciens et possède autant de campagnes qu'Hippia eut d'amants, que Thémison a tué de malades, qu'Hirrus a dépouillé de pupilles » ; ni trouver étrange qu'un savetier, « dont le niétier fut jadis d'allonger de vieux cuirs avec ses dents, de mordre des semelles usées et pourries par la boue », ait acquis, par les profits de son commerce et la faveur du maître qu'il a enrichi, une situation honorable . .^ Mais ce n'était pas seulement par le travail, il faut le dire, que s'opérait l'ascension graduelle de la classe servile; et plus d'un affranchi, et surtout ceux de la cour impériale, durent à une infâme courtisanerie, à des complaisances honteuses, la fortune et le crédit dont nous les voyons jouir au temps des Caligula, des Claude, des Néron.
Si riches et si puissants, comment ne parviendraient-ils pas aux honneurs? Auguste, soucieux pourtant de conserver dans sa pureté le sang latin, n'hésite pas à récompeiïser par l'anneau d'or, la trahison de Menas, affranchi de Sextus Pompée; et le poète Horace, oubliant que lui-même il a du sang d'esclave dans les veines et qu'on le lui reproche,
quem rodunt omnes liberlino paire natum,
s'indigne de cette faveur : « Toute l'antipathie que la nature a mise entre le loup et l'agneau, dit-il à Menas, je l'éprouve pour toi, dont les flancs sont encore noirs des coups d'étrivières, dont les jambes sont meurtries par les entraves. Vainement tu relèves la tête, fier