Ilor.. Sat., II, 3, 227; Juv., III, 38; VII
de ton or : la fortune ne change pas la naissance. Vois, lorsque tu balaies la voie sacrée avec ta robe de six aunes, les passants détourner la tête avec indignation. Entends-les murmurer : « Le voilà, ce misérable » que le fouet des triumvirs a déchiré jusqu'à enrouer » le crieur. Et il laboure mille jugera à Falerne! Et ses » équipages fatiguent la voie Appienne! Et, noble » chevalier, il prend les premières places au théâtre ! . . . » Pourquoi donc envoyer tant de vaisseaux contre les » pirates, tant de soldats contre les esclaves, — si on )) le fait, lui, tribun militaire?»... Mais ce qui est peut-être une nouveauté au temps d'Horace, devient la règle sous le règne des successeurs d'Auguste. Les affranchis deviennent quœsteurs, préteurs, gouverneurs. Leurs fils s'élèvent jusqu'au Sénat : tel ce Largius Macedo dont parle Pliiie-le- Jeune, — l'opprobre de sa naissance est marquée sur son nom — maître inhumain et dur, « qui avait oublié ou se souvenait trop que son père avait été esclave », et qui fut tué par ses serviteurs. Et Néron leur donne un brevet de noblesse, en les faisant mourir comme des patriciens * . . .
On raille volontiers « ces chevaliers de race servile, que Rome emprunte à la Syrie, à la Cappadoce, à la Bithynie, et qui ne laissent ni place ni fortune à la vieille descendance de Numa ». Les empereurs qui les nomment s'en excusent. Lorsque Tibère élève à la préture un certain Curtius Rufus, fils d'esclave, il prend soin de dire : « Curtius Rufus, m'a paru descendre de lui-même ». Ce fils de ses œuvres ^n'élSiii d'ailleurs que le plus vil des courtisans. Le progrès