‹ La fin d'un peupleChapitre 17 sur 166 · Liv. II · texte numérisé non relu

Liv. II

iS CHAPITRE PHEMIEH

impressionnable et crédule, on fait luire l'idée que Spurius est un intrigant, désireux de parvenir à la royauté. On insiste sur ce fait que le consul n'a pas seulement appelé au partage les citoyens, mais aussi les alliés! Lâchant la proie pour l'ombre, le peuple condamne Cassius à mort. Il n'eut rien du tout.

Aussi bien se repent-il vite de ce qu il a fait. — « Le courroux de la plèbe contre Spurius Cassius, dit Tite-Live, ne fut pas de longue durée ; et les charmes de la loi agraire, quand on en eut fait disparaître l'auteur, se représentèrent aux esprits. ^ » Dès 270, l'année qui suivit la condamnation du consul, les propositions agraires sont renouvelées ; elles reparaissent presque tous les ans, en 271, en 272, en 274, en 277, en 281, en 28/, en 283, présentées d'ordinaire par les tribuns du peuple, quelquefois aussi par des consuls que tente l'exemple de Spurius Cassius : un Fabius estimant que ceux-là doivent posséder les terres de l'ennemi qui les ont conquises ; ou un Emilius jugeant de bonne et sage politique, d'appeler à la propriété foncière le plus de citoyens possible afin de diminuer le nombre des pauvres et d'accroître le nombre des défenseurs de la cité !

Pourtant la question n'est point résolue, et les propositions qui chaque année se renouvellent n'aboutissent pas. C'est que l'organisation de la plèbe est encore incomplète, et insuffisants ses moyens d'action. La puissance des tribuns est trop faible; celle des consuls est absolue. Le seul contrepoids qui résiste au pouvoir consulaire, c'est la loi rendue la première

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