‹ La fin d'un peupleChapitre 19 sur 166 · Liv · texte numérisé non relu

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Cette proposition va pendant dix ans occuper Tattention publique.

Pour empêcher qu'elle ne soit votée, la jeunesse patricienne mêle la violence à la ruse. Toutes les fois qu'on la met aux voix, « soutenus par l'armée nombreuse de leurs clients, ils se jettent sur les urnes, chassent les tribuns du Forum et dispersent l'assemblée ». Les jours où elle n'est pas en question, ils deviennent au contraire « d'une douceur exemplaire et d'un calme sans égal, ils abordent avec bienveillance les plébéiens, leur adressent la parole, les invitent chez eux, les défendent au Forum, en un mot font delà popularité ». Et il paraît que le second moyen n'a pas moins de succès que le premier ; et que (( ces caresses, ces attentions, adoucissent la plèbe au point d'empêcher pendant toute une année l'adoption de la loi M).

Mais les tribuns veillent. « Plus la jeunesse patricienne s'insinuait auprès du peuple, plus les tribuns par leurs accusations cherchaient à la rendre suspecte » ; et l'agitation recommence. Il faut en venir à des procédés plus hautains, et le consul, — c'est justement cet agreste Cincinnatus qui sera plus tard si surpris lorsqu'on viendra dans sa chaumière le revêtir des insignes dictatoriales ! — va jusqu'à dire : « Les maux présents de la République sont de ceux que les remèdes ordinaires ne parviendraient pas à guérir : elle a besoin d'un dictateur. Si quelqu'un cherche à compromettre la tranquillité de l'Etat, il apprendra ce que c'est que la dictature^ ». La menace

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