‹ La fin d'un peupleChapitre 20 sur 166 · Liv., III, 15 et · texte numérisé non relu

Liv., III, 15 et

l'accès au consulat 21

suffit : les tribuns s'engagent à ne plus présenter la proposition dans Tannée. Mais la lutte recommence Tannée suivante; et le Sénat, qui perd chaque jour un peu de terrain, offre une transaction qui est acceptée. La loi sera rédigée : mais ce sont les patriciens qui la rédigeront, et la plèbe se contentera de les approuver.

Comment expliquer que Taccord se fasse sur de telles bases et que les plébéiens se mettent, à ce qu'il semble, à la discrétion de leurs adversaires. C'est qu'en réalité ils ne demandent qu'une chose : « la définition de Tautorité consulaire et que les caprices du consul ne soient plus la loi ». Et ce fut bien là en effet Tœuvre des décemvirs nommés pour faire cette loi des Douze-Tables, qui fut acceptée avec enthousiasme bien qu'elle n'innovât pas ou presque pas en matière de droit privé. Comme Ta très justement remarqué Mommsen, « son importance résidait bien moins dans les innovations de son texte, que dans l'obligation expressément imposée aux consuls de suivre à l'avenir toutes les formalités et toutes les règles d'un droit écrit. . . Allant au fond de 'toutes ces mesures, nous n'y trouvons d'autre et principal objet, que la limitation du pouvoir consulaire par le texte de la loi écrite aux lieu et place du tribunat '».

Aux lieu ci place du tribunal, c'est ainsi du moins que les patriciens l'avaient compris. En concédant aux plébéiens la rédaction des Douze -Tables, ils avaient sans doute exigé, — ou ils se proposaient d'exiger à l'expiration des pouvoirs des décemvirs, — qu'il n'y aurait plus de tribuns... Mais la plèbe

Page 1