‹ La fin d'un peupleChapitre 21 sur 166 · HUt. rom, T. Il, p · texte numérisé non relu

HUt. rom, T. Il, p

ne l'entend pas de la même oreille. Elle a demandé une garantie de plus ; elle tient à conserver l'ancienne. Ceux qui la mènent, surtout, tiennent ferme à Tunique poste politique auquel il leur est donné d'arriver. La sédition éclate, la guerre civile est imminente, le Sénat est obligé de capituler. Avec le rétablissement du tribunal, la plèbe y gagne l'ajffaiblissement de la plus terrible des magistratures patriciennes, de la dictature : le dictateur, dont le pouvoir jusque-là ne souffrait aucune limitation, devra désormais accorder le jus provocationis par mesure générale au moment de son élection.

C'étaient là de beaux succès, — encore incomplets. On avait, en l'enfermant dans des limites plus étroites, affaibli l'autorité consulaire; elle était encore la plus forte; et, comme dit Tite-Live, la plèbe commençait à désespérer du tribunal. Le moment était venu pour les ambitieux, — pour ces plébéiens plus ou moins riches, que le Sénat avait refusés d'attirer à lui. et qui rêvaient de conquérir leur admission personnelle aux plus hautes fonctions publiques, — de persuader à la plèbe, qu'il fallait, pour triompher des résistancespatriciennes, que l'un des siens pénétrât dans la place. Le tribun Canuléius et huit de ses collègues déposèrent en 310 une rogation : que le peuple romain pût à son gré choisir les consuls parmi les patriciens ou les plébéiens ^

Quelle explosion de fureurs une telle proposition souleva dans l'ordre sénatorial, on le conçoit aisément. « Consuls, les Canuléius, les Icilius! Puisse

Page 1